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Un street-artist détourne Three Billboards pour dénoncer la pédophilie à Hollywood

Trois affiches sont apparues près de Hollywood avec des messages plutôt clairs.

"Et l’Oscar du plus gros pédophile est attribué à…", "On le savait tous, et toujours pas d’arrestations", "Donnez des noms sur scène ou fermez vos putains de gueules". Au moins, le message est clair. Trois panneaux publicitaires près de Hollywood ont été recouverts il y a quelques heures d’une bâche rouge avec ces phrases imprimées en gros, nous informe The Hollywood Reporter.

Un procédé que l’on pourrait désormais désigner comme un "Three Billboards". En effet, cela rappelle volontairement Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance, qui raconte la lutte d’une mère (Frances McDormand) installant des panneaux similaires à l’entrée de sa ville pour réclamer justice à la suite de la mort de sa fille.

Le film est l’un des grands favoris aux Oscars, lesquels se dérouleront ce dimanche 4 mars. Le symbole de cette opération est donc très fort, d’autant plus que l’on sait que le mouvement Time’s Up et les conséquences des accusations contre Harvey Weinstein vont se faire ressentir lors de la cérémonie. Mais à quel point ? Notons que le sujet de la pédophilie à Hollywood, dont plus d’un a souffert et qui est ici mis sous les feux des projecteurs, est encore tabou.

Derrière ce détournement, on retrouve Sabo, un street-artist qui a souvent fait parler de lui dans le passé – et pas toujours en bien, puisque c’est à lui que l’on doit la campagne contre Meryl Streep, #SheKnew, accusant l’actrice d’être au courant des agissements de Weinstein. Interrogé sur ces panneaux par The Hollywood Reporter, il a expliqué qu’ils critiquaient ceux qui ont permis le harcèlement sexuel à cause de leur silence, et qu'ils intimaient l’ordre aux célébrités de s’abstenir de donner des leçons pendant leur discours, pour cette année du moins.

Three Billboards est donc devenu un symbole. Et Sabo n’est pas le premier à exploiter ce concept : on a vu des opérations similaires outre-Atlantique pour critiquer la politique pro-armes, ou à Londres pour dénoncer l’immobilisme des autorités après l’incendie ayant coûté la vie à 71 personnes.

Par Arthur Cios, publié le 02/03/2018

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