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Street-art, pub, télé et musique indé : David Snug dézingue ses bêtes noires en BD

Festivals rock, Canal+, street-art ou industrie du neuvième art... dans ses BD, David Snug tape sur ces choses du quotidien qu'on aime et/ou qu'on déteste avec un trait unique et délicieux. Le mieux, pour le présenter, c'est qu'il le fasse lui-même. Entretien.

David Snug dans son habitat naturel : Paris (Crédits image : David Snug)

David Snug dans son habitat naturel : Paris (Crédits image : David Snug)

David Snug râle tout le temps. Affublé de son petit bonnet et de sa barbe rousse, il ne peut pas s'empêcher de dire du mal de ce qui l'entoure. Bien sûr, il a bien quelques marottes : à commencer par l'industrie musicale, mais aussi la télévision, la publicité, le street-art, le chômage, les enfants et Paris dans son ensemble.

Publié dans les pages du magazine musical New Noise et depuis peu dans le mensuel So Film, son auteur Guillaume Cardin ne s'en porte pas plus mal : petit à petit, ses petites planches publiées sur son blog ne font certes pas un buzz intercontinental et ne profitent pas des relais médiatiques d'un Fauve d'or comme L'Arabe du Futur, mais elles se partagent assez sur les réseaux sociaux pour mettre du sel sur les plaies de pas mal de consensus mous. Il faut dire qu'il a aussi publié cinq ouvrages chez les Enfants Rouges, un chez Marwanny Comix et un autre chez Même Pas Mal. Ça aide.

Quasi-quadra et ex-animateur multimédia, désormais auteur de bandes dessinées et musicien dans le génial groupe Trotski Nautique, créateur d'affiches pour Rock en Seine ou pour d'autres événements plus "souterrains", Guillaume alias David Snug a joué le jeu des questions-réponses avec Konbini – et n'oubliez pas de cliquer sur les hyperliens : il y a des bédés au bout !

Konbini | Parle-nous un peu de toi. Comment, de Guillaume Cardin, en es-tu arrivé à dessiner ce petit barbu avec un bonnet et à te renommer David Snug ?

David Snug | Je n’ai plus de taf depuis 4 ans. Aujourd’hui je suis au RSA et je ne m’en porte pas plus mal : ça me laisse vachement de temps pour dessiner et faire de la musique. Je suis barbu de naissance et j’aime bien les bonnets, ça tient chaud à la tête.

Quand j’étais jeune, je jouais dans un duo de dancecore : on s’appelait Dr. Snuggle et Mc jacqueline. Moi j’étais Dr. Snuggle, alors les gens ont fini par m’appeler simplement Snug. Quand j’ai appris que snug voulait dire Douillet en anglais, c’est tout naturellement que j’ai ajouté "David" devant mon pseudo, car David Douillet est un vrai modèle pour moi.

Logique. Bon, j'ai bien lu tes bédés et j'ai remarqué quelque chose : il râle quand même beaucoup ce petit barbu. Pourquoi ça ?

C’est plus marrant de râler, sinon je ne vois pas bien l’intérêt de faire de la bédé.

5€ (Crédits image : David Snug)

5€ (Crédits image : David Snug)

Toi-même musicien, tu parles beaucoup de musique underground dans tes planches. Alors je vais te poser la même question que celle de ces deux jeunes filles qui ont fait un documentaire sur la Route du Rock (que tu as adoré) : pour toi c'est quoi "l'indie" ?

Ce que c’est l’indé, j’en sais trop rien et je m’en fiche un peu. Répondre à une interview pour Konbini, ce n’est pas très indé. Sortir une bédé chez Même pas mal Edition, on peut dire que c’est indé, mais en même temps ma bédé tu la trouves à la Fnac ou sur Amazon, qui eux ne sont pas très indé. Bref on s’en fout parce qu’il y aura toujours plus indé que toi.

Par contre, ce qui m’a fait marrer dans le docu, c’est que les personnes interviewées donnent vraiment le sentiment de se justifier. C’est assez ridicule. Elles disent que "l’indie", c’est une musique pas comme les autres, ou c’est une musique qui a plus difficilement accès aux mass médias… J’écoute souvent Blur (qui a été programmé à la Route du rock), je trouve ça chiadé musicalement, les mecs savaient faire des tubes qui tiennent la route. C’est la musique idéale à écouter en bagnole le coude posé sur la vitre ouverte.

(Crédits image : David Snug)

(Crédits image : David Snug)

Par contre, je ne vois pas en quoi c’est une musique pas comme les autres. C’est une musique pop qui s’inscrit pile poil dans le rock anglais des années 90, et à ma connaissance ils ont eu un accès assez direct aux mass médias.

À mon avis, voilà ce que les gens essaient de dire dans le docu à propos des groupes programmés à la Route du Rock : d’accord, ils ont signé chez des majors ; d’accord, ils vendent leur musique pour des pubs TV ; d’accord, ils prennent 100 000 dollars pour un concert de 45 minutes. Mais ce sont quand même des artistes de variété qui ont su garder la flamme socialiste de leurs débuts.

Un autre exemple ?

Bien sûr, je vais comparer ça au rap français. Perso, j’ai plutôt tendance à préférer un gars comme Booba à un mec comme Akhenaton : Booba, il ne fait pas semblant d’être à gauche. Quand il jouait dans Lunatic, il avait la vie dure et il parlait de ce qu’il connaissait, de son quotidien. Maintenant qu’il est pété de pognon, il parle de pognon, c’est logique. Akhenaton, lui aussi il est pété de pognon, mais il fait semblant d’être encore de gauche tout en composant la musique de la pub Coca-Cola.

Je dirais que le rock dit "indé" en 2015, c’est le rock des gens qui font semblant d’être encore à gauche mais qui ne veulent pas dire combien ils touchent pour un concert à la Route du rock. Ce qui serait classe, c’est que tous les programmes des festivals et des SMAC indiquent le cachet du concert en face du nom du groupe.

L'alcool (Crédits image : David Snug)

L'alcool (Crédits image : David Snug)

Pourquoi tous les musiciens que tu dessines ne semblent connaître qu'une seule chanson : "The Ace of Spades" de Motörhead ? Qu'est-ce qu'elle représente pour toi ?

La première fois que j’ai intégré "The Ace of Spades" à une bédé, j’ai sous-entendu que c’était une chanson de Metallica. Ça me faisait rire. Après, j’ai reçu plein de messages de personnes à qui on ne la fait pas qui m’ont dit que c’était Motörhead, et pas Metallica. Ça m’a fait encore plus rire.

Lemmy de Motörhead, c’est vraiment la rock star dans toute sa splendeur : il boit des pintes de whisky au petit-déj', il fume plein de clopes et il viole chaque matin trois femmes et deux enfants.C’est le fantasme du banquier ou du technicien du spectacle qui prend un peu de coke pour s’encanailler, celui qui fait une sortie moto le week-end pour exhiber ses tatouages de têtes de morts et sa veste en jeans sans manche couverte de patchs.

"The Ace of Spades", ça représente la chanson rock calibrée pour la rébellion en stade. Et en plus, le running gag c’est un peu ma passion.

As-tu déjà participé à un tremplin rock ? Que penses-tu de ce mode de sélection ?

Non, je n’ai jamais participé à un tremplin rock. Par contre j’ai eu mon bac au premier tour. Sinon je dirais que la réponse est dans la question : "mode de sélection".

Quand il y a concours, il y a sélection, avec des artistes de variété qui rentrent dans certains critères et d’autres, non. Quand on voit ce qui en ressort, on peut se dire que le critère principal, c’est quand même la capacité des musiciens à se vendre.

J’ai l’impression que dans les tremplins – comme celui des Vieilles Charrues, des Francofolies ou autre – on ne choisit pas les artistes en fonction de leur musique, mais plutôt en fonction de leur capacité à faire ce qu’on leur dit, à accepter les conseils d’un coach scénique, à concevoir leurs concerts comme un spectacle professionnel qui doit avoir les bonnes lumières, les bonnes tenues et la bonne attitude.

Le rock, le vrai (Crédits image : David Snug)

Le rock, le vrai (Crédits image : David Snug)

Quand je regarde sur YouTube le live de Nirvana à Reading, je me dis qu’ils auraient pu faire exactement le même concert dans un PMU. Les tremplins et tout ce qui va avec (les suivis SMAC, les résidences, etc.), ça ne fait que calibrer le spectacle. Au final, pendant le concert je ne vois plus que le résultat du travail de filage, et je m’ennuie.

Tu tapes beaucoup sur certains festivals comme la Route du Rock. Que leur reproches-tu exactement ? Quels festivals conseilles-tu aujourd'hui ? 

Ce qui m’amuse avec la Route du rock, c’est que toute leur communication est basée sur le fait d’être un festival à forte identité musicale, alors que finalement ils sont comme les autres : ils payent des têtes d’affiches hors de prix pour attirer des festivaliers qui viendront essentiellement pour boire comme des trous.

Je ne pourrais pas conseiller de festivals aujourd’hui. Le but d’un festival, c’est de programmer le plus de groupes possible pour attirer le plus de monde possible. Moi, au bout de trois concerts d’affilée, j’en ai marre d’écouter de la musique live.

"Bien parquer le bétail" (Crédits image : David Snug)

"Bien parquer le bétail" (Crédits image : David Snug)

As-tu vraiment une dent contre toutes les reformations ? Même Faith No More ? Carcass ? Blur ? Tragédie ? Téléphone ? Quel groupe souhaiterais-tu secrètement voir se reformer ?

Je n’ai rien contre les reformations, les groupes se déforment et se reforment s’ils le veulent. J’ai vu Pavement au Zénith pendant leur tournée de reformation et c’était pas désagréable, ils avaient l’air de s’amuser (à l’époque, je croyais naïvement que les groupes se reformaient pour le plaisir de rejouer ensemble).

Le problème, ce n’est pas tant que les groupes se reforment, le problème c’est le business qu’il y a autour des reformations. Quand tu vois que la Route du Rock allonge 120 000 € pour la reformation des Smashing Pumpkins et que ça correspond à 45% du budget artistique [la source par ici, ndlr], tu te dis que les groupes ne se reforment pas uniquement pour le plaisir de jouer.

Dans une interview, Lou Barlow a déclaré qu’il avait accepté de rejouer dans Dinosaur Jr. parce que sa maison s’était envolée pendant un tsunami et qu’il n’avait pas d’assurance. Par contre, il ne parlait toujours pas à Jay Mascis. Bref, quand tu vas voir un gros groupe en reformation, tu viens voir des gars qui font leur taf pour un gros chèque… même Pavement.

Les citrouilles, ça pompe (Crédits image : David Snug)

Les citrouilles (Crédits image : David Snug)

J’adore les albums de Ride, j’aurais bien aimé les voir à l’époque. Ils avaient vraiment un son novateur, un truc très puissant mais pas bourrin. C’était excitant dans les années 90 mais je ne vois pas trop l’intérêt (mis à part financier) de les programmer aujourd’hui. Ça ne sera certainement pas désagréable, mais ça ressemblera plus à une messe qu’à un concert.

Sinon j’aimerais bien voir se reformer dEUS, mais on me dit qu’ils existent encore.

En fait, selon toi, comment un groupe peut-il décemment rester sincère dans sa démarche aujourd'hui et tout de même faire de la promotion sans vendre son cul ?

Tous les groupes sont sincères dans leurs démarches. Après tout, chacun voit midi à sa porte. Même les groupes qui prennent des cachets de 120 000 euros : ils aiment sincèrement l’argent.

Ce qui n’est pas sincère, c’est de faire croire à un musicien qu’en gagnant un tremplin ou en faisant une résidence dans la SMAC du coin, il deviendra un artiste. Au mieux, il obtiendra une bonne formation d’artisan capable de faire des musiques calibrées pour les pubs de bagnoles ou d’électroménager.

The Abreutees (Crédits image : David Snug)

The Abreutees (Crédits image : David Snug)

Parfois, il t'arrive de parler de télévision mais apparemment, c'est pas ton truc. Qu'est-ce que tu aimes regarder à la télé ? Qu'est-ce qui t'insupporte au contraire ? Et surtout, Mouloud Achour méritait-il VRAIMENT que tu le dessines de la sorte ?

Effectivement, je n’ai pas la télé. Y a encore des gens qui ont la télé en 2015 ? Par contre j’ai Internet, alors la télé est revenue chez moi via mon ordinateur. Avant, j’aimais bien regarder Motus parce qu’il n’y avait pas de public : quand Thierry Beccaro faisait une blague, il n’y avait pas de rires alors ça tombait à plat, j’aimais bien. Je crois que l’émission existe toujours, mais c’est possible qu’ils aient rajouté des rires enregistrés ou du public.

Si on comparait la télé au rap français, on pourrait dire que Booba c’est TF1, et Akenathon c’est Canal+. Au moins avec TF1 on est tranquille, on sait que c’est la chaîne du pognon. Chez Canal+, ils essaient de nous faire croire à un "esprit Canal" (un peu comme l’esprit indé de la Route du Rock). Le pire du pire, c’est le Petit Journal qui filme David Douillet (mon modèle) pendant des heures, et qui garde deux-trois phrases où il bafouille pour dire "Regardez comment il ne sait pas parler en public !"

Il y a quelques années, je me suis retrouvé au Salon du livre à côté de Grâce de Capitani, une actrice qui a eu son heure de gloire dans les années 80 avec le film Les Ripoux, qui s’est fait dégager ensuite par son mari et agent, qui aujourd’hui n’a plus une thune et qui ne peut plus trop tourner parce qu’elle est complètement refaite (une bien triste histoire en vérité). Une équipe du Petit Journal est restée tout l’après-midi à la filmer – environ 5 heures, pendant lesquelles elle a vendu quelques livres. Un gars s’est pointé avec son cahier de photos d’actrices et il lui a demandé un autographe, sans acheter de livre.

Y'a un air, quand même (Crédits image : David Snug)

Y'a un air, quand même (Crédits image : David Snug)

Dans le reportage du soir, ils se foutaient de sa gueule en disant qu’elle ne vendait rien, que personne n’était venu la voir à part un chasseur d’autographes... Le reportage était écrit à l’avance. Il n’y a rien d’informatif dans le Petit Journal, ce n’est que du spectacle.

Quand Jean-Pierre Pernaut fait un reportage sur un sabotier ou sur des jumeaux qui passent leur bac, okay il ne fait pas de l’info, mais il ne transforme pas la politique en Star Academy.

En faisant ma bédé sur Mouloud Achour, je me suis retrouvé confronté à un problème : dessiner Mouloud Achour. Comme je suis nul en caricature, je lui ai dessiné une tête de cul. Je ne voyais pas quoi faire d’autre, et puis c’est ce qui lui allait le mieux. Il n’y a qu’à lire la bédé pour voir comment il fonctionne…

Dans tes planches, il t'arrive de descendre le street-art bien proprement. Pourtant tu as étudié dans une fac d'arts plastiques (si je ne me trompe pas), alors tu as forcément côtoyé des gens qui faisaient ou font du street art... N'ont-ils pas réussi à le rendre sympathique à tes yeux ?

Quand j’étais en fac d’arts plastiques, il n’y avait pas de street-artists ; tu dois confondre avec les Beaux-arts.

Le problème du street-art, c’est que les street-artists m’imposent leurs œuvres alors que je n’ai rien demandé. En puis souvent, ça ne raconte pas grand-chose à part "Regardez comment je sais bien dessiner". En fait, les murs de la rue servent de tremplin pour pouvoir vendre ensuite dans les galeries.

Et selon toi pourquoi le street-art rentre aujourd'hui dans les musées, les mairies et devient aimé par les parents d'élèves et les électeurs de droite ?

Oui, justement parce que ça ne raconte rien. Comme ça, les institutions peuvent se targuer de soutenir la jeune création contemporaine sans prendre aucun risque.

Ce que je vois, c’est que beaucoup de street-artists utilisent des techniques de marketing sauvage, à savoir coller leur logo partout pour faire monter artificiellement leur cote : du coup, c’est sûr que ça doit marcher. En fait le street-art, c’est un art assez individualiste et libéral, qui correspond bien à l’époque. C’est basé sur le même principe que l’art contemporain, c’est-à-dire la promotion artificielle d’une signature. Alors forcément, les investisseurs y trouvent leur compte.

(Crédits image : David Snug)

(Crédits image : David Snug)

Penses-tu qu'un jour, la BD trouvera la même grâce aux yeux du public que le street-art aujourd'hui ?

Je dirais que la bédé a eu ses heures de gloire dans les années 90. Tout le monde lisait les bédés en noir et blanc de l’Association. Ça a été une révolution, comme le punk pour le rock ou la nouvelle vague pour le cinéma, mais depuis ça tourne en rond. Les gens qui lisaient de la bédé dans ces années-là, ça doit être ceux qui téléchargent aujourd’hui des séries HBO : tu ne peux pas lutter, une série gratuite de 5 saisons de 10 épisodes de 50 minutes, c’est moins cher qu’un livre à 20 euros qui se lit en une heure.

Il faut trouver d’autres façons de faire de la bédé. Je n’ai pas vraiment d’idée pour la révolutionner mais j’aime bien travailler sur mon blog : je dessine une histoire de 4 ou 5 pages, je la publie, ensuite j’ai des retours et je redessine une histoire en fonction de ces retours. C’est assez participatif en fait, j’aime bien. Et puis celui qui achètera mon prochain bouquin prévu en février, il saura à quoi s’attendre : c’est moins risqué pour lui.

"J'adore les enfants" (Crédits image : David Snug)

"J'adore les enfants" (Crédits image : David Snug)

Après, c’est la crise comme un peu dans tous les secteurs je crois, mais ce n’est pas pire qu’ailleurs : en 2013, Astérix chez les Pictes s’est vendu à 1 287 500 exemplaires, c’est le livre qui a été le plus vendu en France cette année-là, tous genres confondus. Je ne m’inquiète donc pas trop pour Dargaud. J’ai l’impression que tout va bien pour les gros éditeurs. Si les auteurs qui ont signé chez Dargaud ou Delcourt estiment être mal payés, ils n’ont qu’à se syndicaliser, créer une Scop, ou bien se barrer.

De toute façon, je ne pense pas que mes bédés intéresseront jamais les grosses maisons d’édition, donc je n’ai pas vraiment l’impression de faire le même métier. C’est un peu comme si on demandait à Jessica93 ce qu’il pense du fait qu’Alain Chamfort se soit fait viré par EMI.

David Snug ressemble beaucoup à son personnage de bédé. Je le sais, je l'ai rencontré. Il fait de la bédé sur Internet, sur du papier, et de la musique par ici – on vous conseille d'ailleurs d'écouter "David Chaussure" en premier. 

Par Théo Chapuis, publié le 16/10/2015

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