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Sky Ferreira accusée de racisme pour le clip "Blame Myself"

Publié le

par Tomas Statius

La publication du clip "Blame Myself" a valu à la chanteuse Sky Ferreira une polémique en raison de son caractère raciste.

Sky Ferreira connaît les sorties de route. Exubérante et excessive, la jeune artiste ne s'était pourtant jamais faite remarquer pour autre chose que des histoires de presse people. En septembre dernier, la native de Los Angeles avait été arrêtée pour possession de drogues en compagnie de son petit ami, Zachary Cole, leader du groupe Diiv. La belle affaire.

Depuis hier pourtant, c'est pour une toute autre raison que la chanteuse se retrouve sous les feux des projecteurs. Suite à la publication d'un clip hood pour son titre "Blame Myself", extrait de son dernier album Night Time, My Time, la chanteuse a été accusée de racisme.

En cause ? Une ambiance de gang, l'utilisation de la peau noire de ses danseurs comme caution et plus largement la récupération de la culture afro-américaine par des pop-stars blanches.

Sky "from the block" Ferreira ?

Une scène de deal, un coup de fil et une arrivée dans le ghetto capuche sur la tête à la manière d'un boxeur. Ou d'un hustler. Dans la vidéo signée Grant Singer, Sky Ferreira se la joue chef de gang.

Elle est appelée pour régler un différent entre deux de ses membres, danse devant les murs décrépis de la Cité des Anges, est jetée en prison, et joue de ses charmes pour amadouer son geôlier. Une réalisation soignée pour un des titres phares de son dernier opus. 

L'histoire d'une polémique

Sauf que derrière ce qui apparaît comme un clip référencé qui n'est pas sans évoquer le "Beat It" du King of Pop (comme le rappelle le site Stereogum), certains y ont vu un énième épisode du recyclage de la culture afro-américaine à des fins commerciales. Dès l'upload de la vidéo sur VEVO, c'est un torrent de commentaires négatifs auquel la chanteuse a dû faire face sur les réseaux sociaux.

Citées par The Guardian ou Fact, ces réactions portent sur l'utilisation intéressée d'un répertoire culturel qui n'est pas le sien, et le raccourci insupportable que la réalisation propose : peau noir égal dealer ou faubourgs de Los Angeles, donc coupe-gorge. C'est dans ce sens qu'un internaute, cité par le quotidien britannique commente : "j'en ai assez de voir les personnes de couleur utilisées comme des accessoires". 

Une position que la journaliste du Huffington Post Alex Berg a fait sienne sur son compte Twitter :

Le dernier clip de Sky Ferreira est un bordel raciste. Elle, blanche, danse à Compton devant des personnes de couleur.

Résultat, la star a été obligée de répondre. Dans un statut publié cette nuit sur sa page Facebook, la chanteuse se défend :

Rien ne me bouleverse plus que d'être traitée de raciste car c'est l'une des choses les plus horribles que l'on puisse être. Non seulement je trouve cela insultant pour moi, mais également pour les acteurs, les danseurs et ma famille présente à l'écran.  

Sky Ferreira finit par en appeler à ses racines métissées :

Quand je regarde cette vidéo, je ne vois pas la race comme un enjeu. Arrêtez de chercher quelque chose qui n'existe pas ou de publier des commentaires comme "cette jeune fille blanche qui exploite les noirs et le ghetto"...

Je n'ai jamais exploité qui que ce soit et je n'utilise pas les gens. Mon frère est métis. Mes cousins sont noirs, et ma famille est à la fois latino-américaine et amérindienne.

Un nouvel exemple qui confirme, comme le rappelle Slate dans un article 27 février, que l'Amérique a un "problème avec ses pop-stars blanches". Comme il en avait été question pour Lily Allen, No Doubt, ou encore Miley Cyrus.

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