Vidéo : Shia LaBeouf est en train de regarder ses propres films en continu et en direct

Un site Internet diffuse en direct une performance de Shia LaBeouf, qui regarde ses propres films à la suite et en continu pendant trois jours d'affilée. Shia, ça va ?

Shia is watching... him

Shia is watching... him

Certains crieront (à nouveau) au génie, d'autres lèveront les yeux au ciel en signe d'obséquieux dédain. L'essentiel est ailleurs, dans les gesticulations narcissiques d'un acteur hollywoodien en apesanteur au patronyme étrange de Shia LaBeouf. Chaînon manquant entre l'homo sapiens et le mème, le bougre n'arrive plus à choisir entre son moi IRL sagement élevé par les bonnes fées d'Hollywood et son surmoi numérique, gravement atteint de yoloïte aiguë.

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A l'heure où vous dormez tranquillement, anticipant sans hâte une énième journée sans surprise, Shia Labeouf est au cinéma, seul, depuis un peu moins de 24 heures. En train de regarder, en ordre antéchronologique, sa propre rétrospective cinématographique. Le tout pendant trois jours, et face caméra, pour une diffusion en direct sur Internet via le site techno-arty New Hive. Narcisse peut remballer son miroir de poche, son remplaçant a emménagé au Palais des glaces.

Entre seconds rôles (I Robot, Constantine) et apparitions au premier plan (Transformers, Wall Street 2 ou encore Fury), son programme ressemble à ça :

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Sa réaction pendant puis à la fin de Transformers 3 ? Du génie :

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Quand Shia se marre, il fait comme ça :

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Et quand il roupille devant un de ses films, capuche à l'appui, ça donne ça :

JUST. DO. IT

Parfois, Shia s'octroie un bâillement - probablement lorsqu'il n'est pas apparu à l'écran depuis quelques minutes. Parfois, Shia mange du popcorn face à son (alter) ego gigantesque, comme pour nous faire croire, en imitant ses rites, qu'il appartient toujours à l'espèce humaine. La plupart du temps, Shia fixe l'écran, poker face. A quoi pense-t-il ? Comment pense-t-il ? A-t-il dépassé le stade de la pensée ? Shia LaBeouf est un point d'interrogation fait homme. Comme lui, il attire invariablement la curiosité. Aimante, polarise, et pointe en nous l'impérieuse nécessité du rationnel.

Dans la grande cour de récré du cinéma américain, où tout le monde se tient à carreaux pour tenter de remporter le concours annuel de popularité, Shia LaBeouf fait du patinage artistique sur les convenances avec une assurance souveraine, enchaînant les triple double piqué et les bras d'honneur avant de retomber invariablement sur ses pattes, indemne, satisfait et parfaitement détaché.

Chacune de ses performances le voit disparaître un peu plus, tout occupé à infiltrer pour nous le territoire brumeux du bizarroïde sous sa couverture d'artiste contemporain.  Kaléidoscopique, Shia LaBeouf s'explore en permanence, semblant ne jamais vraiment savoir ce sur quoi il va tomber. Qu restera-t-il de lui après 72 heures passées à subir sa propre image? Imprédictible, mais pas moins fascinant à observer.

Par Thibault Prévost, publié le 11/11/2015

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