Interview : Savages, diamant brut

Savages,  c'est quatre nanas de Londres qui déversent un rock brut rappelant les meilleures heures de Joy Division. Une claque en live, un frisson dès la première écoute. Entretien lors du This is not a love song festival de Nîmes.

Question classique, pourquoi ce nom « Savages » ?

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On a eu le nom avant d'avoir tous les musiciens. Nous voulions nous concentrer principalement sur le live et ne penser qu'à la performance, à la tension, au chaos. Savages nous est venu par rapport à nos influences et ce nom collait bien avec cette idée de performance chaotique, violente et physique.

Là, un collègue journaliste a posé des questions contradictoires à l'esprit premier de Savages. Les réponses du girl-band restent cependant élégantes...

S'inscrire dans la lignée des girls bands comme The Runaways, The Breeders, qu'est-ce que ça vous évoque ?

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C'est une comparaison qui n'est pas nécessaire.C’est comme les gens qui nous demandent quelles sont nos influences féminines. Tu es ce que tu es. Quand Gemma a eu l’idée de former ce groupe, elle ne savait pas que ce serait uniquement un groupe de filles. Quand nous nous sommes réunies toutes les quatre, nous avons dit oui pour un groupe de femmes parce que ça rendrait bien et que ça n’aurait aucun sens au niveau énergie qu’il y ait un homme.

Faire de la musique de garçon alors que vous êtes des filles, ce n'est pas contradictoire ? Surtout avec la chanson Hit Me ?

Quoi, on n’a pas le droit d’aimer les coups ? Cette question est fun ! L’art n’a pas de sexe. Les gens possèdent deux genres en eux. Ils ne sont complets que lorsqu’ils acceptent cette part féminine et masculine. J’aime les hommes qui assument leur féminité et à l'inverse les femmes qui ont cette force masculine. J’aime les contradictions. L’art, c’est la contradiction. Quand nous avons fondé ce groupe, nous savions que nous allions nous exposer aux préjugés des gens.

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Hit Me ne fait pas référence aux maltraitances faites aux femmes, mais au plaisir sexuel, aux pratiques peu communes et impromptues. L’amour n’est pas forcément doux et gentil, il est aussi brutal. Nous ne sommes pas féministes ni anti-féministes.

Savages - Shut Up

Retour à une atmosphère plus détendue.

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Quelle était la ligne directrice pour créer votre album Silence Yourself ?

Au départ, on ne pensait pas à enregistrer les morceaux. Ils existaient seulement pour être mis en scène. On pensait plus aux sons qui pouvaient sortir de nos instruments, et notre manière de jouer est née comme ceci.

Votre musique a un côté très cinématographique. Des films vous ont influencées ?

Les films japonais sont une grande influence. Ces films évoquent des hommes seuls cherchant leurs voix dans ce monde. L’album débute par un extrait d’un film de John Cassavetes, Opening Night.Ses films sont incroyables. C’est vraiment intense, brut et naturel. Ce n’est pas de la merde car ça ne te dicte pas de faire quelque chose. Il a fait tous ses films de manière indépendante à Hollywood. Il est proche de l’influence de la nouvelle vague française avec laquelle il partage les mêmes problématiques de briser les règles, et de dire la vérité.


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Par Solenn Cordroc'h, publié le 20/06/2013

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