Robb Bank$ : le fils de Shaggy fait du rap

Patronné par l'ange noir du rap, SpaceGhostPurpp, Robb Bank$ est en train de se faire un nom dans le hip-hop US. Normal pour le fils de Shaggy. 

Robb Bank$

Avec ses doigts ou sa voix Robb Bank$ sait y faire

On aurait pu s'arrêter à l'anecdote. Oui Robb Bank$ est le fils de Shaggy et le plus drôle dans l'histoire c'est que le jeune homme né Richard Burell a commencé par nier l'évidence avant que des preuves n'émergent des quatre coins du net. "Wasn't Me" semblait-il répondre quand on l'interrogeait sur sa filiation avec le "ragga-man" jamaïcain.

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Sauf que Robb Bank$ est plus que cela.

Robb Bank$ sait s'entourer

Ce qui frappe d'abord quand on jette un coup d'oeil au parcours du jeune MC, c'est d'abord ses fréquentations.

Après deux mixtapes de qualité (la première Calendar sortie en avril 2012, la deuxième Tha City datant de janvier 2013) le Floridien peut se targuer d'avoir collaboré avec des personnages clés de la scène US. À commencer par Clams Casino qui assurait la production sur le titre "Couting (March)" extrait de son premier opus.

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Le parcours de Robb Bank$ l'a ensuite mené dans l'orbite du Raider Klan, club de joyeux drille mené par le pasteur des idées noires du hip-hop américain, SpaceGhostPurpp, qui assure une partie des productions du jeune rappeur. Pour le reste, la majorité des beats sur Tha City sont signés de Nuri, compositeur de Miami dont la tonicité et le sens de l'harmonique font merveille.

On retrouve Robb au côté de Yung Simmie sur le tonique "Threatz" d'un autre membre du Raider Klan : Denzel Curry 

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Parmi la ribambelle de guest que l'on trouve aux côtés de Robb, on retrouve également le producteur Zaytoven, ainsi que le MC Sir Michael Rocks (ancien Cool Kids). Et le meilleur ne peut être qu'à venir avec son album Year Of The Savage annoncé de longue date.

Robb Bank$ sait rapper

Et c'est la seconde chose qui frappe quand on fait attention à ce que raconte le jeune homme né à Colombus dans l'Ohio. Il rappe bien et hormis sa fascination pour l'aisance matérielle (toute classique dans le milieu hip-hop), ses paroles sont plutôt enclines à valoriser la vie intérieure et le spiritualisme "new age".

Et si c'est une habitude pour pas mal de rappeur actuellement (on pense notamment ici à la Pro Era ou encore Ab-Soul, véritable ambassadeur du troisième oeil), cela ne veut pas dire que ça doit être passé sous silence en ce qui le concerne.

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Assez dans le goût de ce qui se fait aujourd'hui (la vague Drill est passé par là), mais assez singulier pour se distinguer de la masse, Robb Bank$ cultive sa différence dans la profusion d'artistes intéressants. Et ces références indées le prouvent :

Nigga you A$AP Rocky ? Shit I'm Aesop Rock" - Robb Bank$, Counting March

Robb Bank$ a l'air d'être un mec unique

Sa fascination pour Basquiat (il se nomme "Banksquiat" sur Twitter, et a sorti un titre hommage à l'artiste new-yorkais), sa présence sur les réseaux sociaux (il s'était dans le temps fait appeler "The Tumblr God") mais également sa tendance à l'irrévérence (il avait repris le "One In A Million" de la déesse regrettée du R'N'B, Aaliyah) font de Robb Bank$ un mec dont il est intéressant de lire les interviews.

Force est de constater qu'il confie, presque à chaque fois, la difficulté de porter l'héritage musicale de son père (pas facile d'être le fils de Mr Bombastic) son envie de faire briller son nom mais aussi sa difficulté à trouver sa place. Un questionnement assez largement partagé de nos jours.

Après avoir nié ses liens avec Shaggy, Robb Bank$ a changé son fusil d’épaule dans une interview donnée en septembre 2012. Par la suite, il affichait son père sur la pochette de sa dernière mixtape “Tha City”

Tout ça pour dire que Robb Bank$ est une vraie individualité dans un milieu où le mimétisme est parfois de rigueur. Et ça change. Reste à savoir si cela va payer.

Par Tomas Statius, publié le 27/01/2014

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