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Retour sur l'histoire de la Xbox 360 en dix jeux iconiques

Publié le

par Arthur Cios

Alors que Microsoft vient d'annoncer la fin de la production de la Xbox 360, retour sur dix jeux qui ont marqué l'histoire de la console.

Tant de souvenirs liés à cette console... (© Microsoft)

Difficile de ne pas être émotif en évoquant la fin de l'ère Xbox 360 dans le paysage du jeu vidéo alors que Microsoft a annoncé le clap de fin de la console, tant elle a marqué les esprits. Le schisme historique des joueurs entre les machines Sony et Microsoft mis à part, cette dernière est un tournant au même titre que le fut la PlayStation 2 quelques années plus tôt.

La Xbox 360 était présentée comme le futur du jeu vidéo. Microsoft a coupé l'herbe sous le pied de ses concurrents en la sortant fin 2005, soit un an avant la Wii et la PlayStation 3, devenant de fait et un an durant la première et unique console à présenter des jeux en haute définition. Entre la manette, considérée par certains comme la meilleure de toutes, et le développement du Xbox Live utilisé par des millions de joueurs partout dans le monde, Microsoft assomme un peu la concurrence.

Tout n'a pas toujours été rose pour autant. D'abord, un très large problème de surchauffe représenté par son Red Ring of Death (RROD), puis plus tard l'échec relatif de la Kinect et de son lecteur de DVD en HD. Des couacs qui marqueront en partie la fin de la suprématie Xbox dans une période où la PS3 reprend un certain élan, notamment grâce à une flopée de jeux exclusifs et de son lecteur Blu-Ray.

Il n'empêche que la Xbox 360 reste et restera pour de nombreux joueurs à travers le monde comme une console symbolique. Impossible de l'évoquer sans les jeux qui lui ont permis d'atteindre ce statut de machine incontournable. Nous avons choisi, difficilement, dix titres, exclus Xbox ou non, qui ont marqué l'histoire de la 360. Mention spéciale à Red Dead Redemption, Bayonetta, Fallout 3, évidemment Assassin's Creed et tous ces autres jeux plus cultes les uns que les autres, que nous n'avons pu citer.

Gears of War (17 novembre 2006)

En 2006, Gears of War était totalement fou techniquement. © Epic Games / Microsoft

Si l'on retient Gears of War, c'est surtout pour la claque graphique qu'il avait représentée à l'époque. Un an après la sortie de la console, Epic Games sort de son chapeau un TPS aux ambitions visuelles démesurées, une vraie vitrine technologique pour la console. Tant pis si l'univers futuriste de Gears of War est grisâtre et ses héros des guerriers un peu lourdauds : le titre est impressionnant. Il inspire rapidement une ribambelle de concurrents qui tentent de recopier son esthétique, son gameplay et reprennent son moteur technique : l'Unreal Engine.

Après son succès, Gears of War aura droit à plusieurs suites qui poursuivent les aventures du soldat Marcus Fenix dans sa lutte contre les extraterrestres locustes. Le premier jeu est néanmoins tellement emblématique qu'il est ressorti dans une version remasterisée sur Xbox One en août 2015.

Halo 3 (26 septembre 2007)

Dire que Halo 3 était attendu au tournant est un euphémisme : il passait après deux opus qui avaient relancé le genre du FPS sur console, énormément contribué aux ventes de la première Xbox et imposé Microsoft comme un acteur majeur du jeu multijoueur en ligne. La fin abrupte et expédiée de Halo 2 avait laissé les fans du Master Chief sur leur faim et sa suite se devait de convaincre tout le monde, de conclure une trilogie. D'où ce slogan grandiloquent martelé par l'équipe marketing du jeu : "Finish the fight".

S'il n'a pas tenu toutes ses promesses — il n'était pas très beau même pour l'époque — Halo 3 était néanmoins une énorme exclusivité pour la console et posait un nouveau standard pour la saga. Entre sa campagne solo au final inoubliable et son multi nerveux et varié, il y avait clairement de quoi se faire plaisir. Et la musique est maboule. Halo 3 est important aussi car il est le dernier opus numéroté développé par les créateurs de la série, Bungie, partis ensuite bosser sur Destiny pour Activision.

Call of Duty 4 : Modern Warfare (9 novembre 2007)

(© Activision / Square Enix)

Si aujourd'hui Call of Duty est la troisième série de jeux vidéo la plus vendue de l'histoire après Mario/Super Mario et Pokémon (plus de 250 millions d'exemplaires écoulés en total tout de même), c'est en très grande partie grâce au quatrième volet, Modern Warfare. Déplaçant l'intrigue loin de la Seconde Guerre mondiale avec un conflit nucléaire contemporain, Activision modernise sa franchise.

Des maps à l'amélioration du gameplay en passant par une campagne franchement marquante, le jeu avait tout pour plaire. Mais ce sera surtout le mode multijoueur qui marquera les fans. En 2009, MW est plus joué sur Xbox Live qu'Halo 3, jusqu'alors indétrônable. Même si d'autres volets lui ont peut-être volé la vedette depuis, notamment Black Ops 2, c'est bien celui-ci qui démarrera l'interminable règne de la franchise Call of Duty.

Mass Effect (23 novembre 2007)

Il est l'un des joyaux de l'ère Xbox 360, révolutionnant la console deux ans après sa sortie et la plaçant en position de force. Largement acclamé par la critique, des sites spécialisés (en 2011, Jeuxvidéo.com le classait à la 6ème place de ses meilleurs jeux de tous les temps) au public, vendu à plus de deux millions d'exemplaires à travers le monde – l'une des plus grosses performances dans l'histoire de la console, Mass Effect fait partie de ces rares jeux à aussi bien introduire une nouvelle licence. Et se faire une place à cette période là ne fut pas facile : face au jeu de BioWare, d'autres gros blockbusters du même genre sortaient pratiquement dans le même temps. De quoi faire peur à toute licence qui se lance, mais pas à Mass Effect.

Un monument, tant par son vaste monde ouvert que son système de combat à la troisième personne plongeant le joueur, à travers des personnages charismatiques, dans un univers au design léché tout au long d'une intrigue à la trame à la fois dense et très bien ficelée. Tous les ingrédients pour un jeu emblématique y sont réunis, en ajoutant la musique qui s'accorde parfaitement à l'ambiance du jeu, les séquences émotionnellement prenantes et psychologiquement marquantes avec des dialogues riches, le gameplay, les nombreuses missions secondaires. Ajoutez à cela la crédibilité du monde que l'on nous propose et ses problématiques, et obtenez un chef d'œuvre. La fin d'un jeu est la cerise qui octroie l'excellence au gâteau, laissant un goût agréable au joueur qui en découd enfin avec une éprouvante mission, le temps de mâchouiller son impatience jusqu'à la sortie de la suite : tout cela, Mass Effect l'a compris.

Grand Theft Auto IV (29 Avril 2008)

Après un épisode dans un Miami fictif (Vice City) en 2002 et un autre en Californie (San Andreas) en 2004, le très attendu Grand Theft Auto IV n'a pas déçu — même si le jeu se vendra moins que le V, grand succès incontestable de Rockstar Games. Il n'en reste pas moins que les déambulations de Niko Bellic ont laissé une certaine empreinte dans la mémoire des fans de la franchise, et des autres.

Plus sérieux, plus sombre, plus engagé aussi, les différents aspects drôles typiques à GTA du genre "voler une Stinger pour foncer vers un tremplin" sont quasiment inexistants ici. Et tant mieux. Place à la grisaille new-yorkaise, aux illusions portées par le rêve américain, sous le prisme d'un ancien malfrat malmené par l'envie de ne plus reproduire les erreurs du passé tout en étant obligé d'enfreindre la loi pour survivre. Il y aurait tant à dire sur ce jeu... D'ailleurs, un livre y est même dédié. Dans tous les cas, même s'il est également sorti sur PC et PS3, c'est un titre qu'une grosse partie des joueurs de Xbox a saigné jusqu'à la fin. Un incontournable qui a définitivement marqué l'histoire de la console.

Fable 2 (24 Octobre 2008)

© Lionhead Studios / Microsoft

Suite du RPG produit en 2004 par les développeurs britanniques de Lionhead Studios, Fable 2 a d'abord subi la personnalité fantasque de son game designer phare, Peter Molyneux. Habitué des déclarations grandiloquentes, ce dernier promettait monts et merveilles : comportement réaliste de chaque personnage, choix moraux à gogo et liberté d'action totale du joueur sur l'univers d'Albion.

La vérité fut légèrement moins grandiose mais Fable 2 n'en reste pas moins une très belle aventure, dans laquelle on peut incarner autant un héros qu'une parfaite ordure. C'était la belle époque pour l'équipe de Lionhead : Peter Molyneux a quitté la société en 2012 et après quelques projets décevants, le studio a été tristement dissous cette année par Microsoft.

Alan Wake (14 Mai 2010)

Les studios Remedy Entertainment étaient jusqu'alors connus pour avoir pondu en 2001 une oeuvre qui révolutionnait à sa façon les jeux vidéo d'action, Max Payne (qui se paye d'ailleurs une réédition sur PS4 le 22 avril). Une fois le bébé refilé à Take Two (Rockstar), la société finlandaise planche sur un nouveau concept : Alan Wake. Et ça ne rate pas.

En exclu pour Microsoft, le jeu sorti mi-2010, après cinq ans de leasing, reports et changement de fond comme de forme, est une énorme claque. L'histoire de cet écrivain paumé qui se retrouve confronté à la disparition de sa femme et à l'apparition de forces obscures sur la ville visiblement inspiré par son dernier roman est digne d'un film hollywoodien. Et les inspirations/références ne manquent pas, de Stephen King à Twin Peaks en passant de manière très large sur le cinéma d'horreur. Bref, un jeu culte (qui aura peut-être une suite ?).

Forza 4 (14 Octobre 2011)

En 2005, le premier Forza Motorsport sur Xbox servait de réponse appliquée de Microsoft au fabuleux Gran Turismo 4 sur PlayStation 2. Six ans plus tard, le studio Turn 10 ne plaisante plus et offre à la Xbox 360 une simulation automobile plus complète, plus belle et plus agréable à jouer que l'ensemble de la concurrence : Forza 4.

Absolument somptueux, le jeu propose notamment un catalogue délirant de 500 véhicules et se paie le luxe de devenir la nouvelle référence du genre, détrônant pour de bon la franchise de Sony. Tellement exhaustif que l'opus suivant sur Xbox One en décevra beaucoup ; il faudra attendre Forza Motorsport 6 - en 2015 ! - pour le voir enfin dépassé.

Batman : Arkham City (20 octobre 2011)

La relation entre Batman et le monde du jeu vidéo fut quelque peu difficile... jusqu'à l'arrivée d'un vent de fraîcheur enfin à la hauteur des attentes bouillantes des gamers. Si Arkham Asylum, paru en 2009 sur 360 et PS3, était un (très) bon début, l'histoire du Chevalier noir a pris un tournant considérable avec Arkham City, sorti sur la console de Microsoft deux années plus tard.

Un Batman suréquipé et surdéterminé, une panoplie d'ennemis sanguins dont l'incontournable Joker, davantage de gadgets, un scénario plus poussé, un gameplay souple et efficace, des graphismes quasi-irréprochables et enfin un univers sombre parfaitement construit autour d'un Batman qui l'est tout autant : le jeu de Rocksteady, que l'on peut remercier et féliciter pour avoir brillamment relancé Batman avec Asylum puis notre cher Arkham City, est de loin meilleur que l'ensemble de ses prédécesseurs.

The Elder Scrolls V : Skyrim (11 Novembre 2011)

(© Bethesda)

Un univers incroyable, une carte gigantesque, une trame interminable – on parle de 80 heures de jeu en moyenne, Bethesda délivre avec son cinquième Elder Scrolls, deuxième à sortir sur la console, le RPG médiéval par excellence parfait en tout point — ou presque.

Les vrais fans vanteront une version PC bien plus riche, notamment grâce à une multitude de mods, mais la version 360 avait tout de même des qualités graphiques presque inédites sur la console, poussant cette dernière dans des retranchements qu'on ne pouvait imaginer 6 ans auparavant.

Article co-écrit avec Charles Carrot et Rachid Majdoub

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