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Par Greetings From

Konbini s’associe à Voyages-sncf.com et SNCF INTERCITÉS pour vous faire (re)découvrir les régions de France. Chaque semaine, des villes et régions de l’hexagone seront mises à l’honneur, à travers le regard de collectifs artistiques ou de sportifs, pour vous donner un avant-goût des plus belles destinations nationales. Bon voyage !

Rennes s'apprête à accueillir dans quelques jours le festival pluridisciplinaire Maintenant. Dans le cadre de notre série Greetings From avec SNCF INTERCITÉS et Voyages-sncf.com, on a donc voulu en savoir plus sur le collectif qui s'agite en coulisse depuis 15 ans maintenant, pour faire la passerelle entre arts, musique et technologies.

Cyril Guillory, Gaétan Naël et Yves-Marie Guivarch nous en disent plus sur leur crew Electroni[k].

Festival Maintenant 2014 from Association Electroni[k] on Vimeo.

Racontez nous les débuts d'Electroni[k], comment s'est formé le collectif ?

À l'origine, l'idée n'était absolument pas de lancer un festival sur la durée. Tout est parti de l'envie d'un groupe d'étudiants de donner à voir des projets qui nous semblaient passionnants et novateurs, au croisement de la musique (dans une esthétique plutôt orientée electronica, d'où le nom du festival) et de l'image. La première édition a eu lieu sur une soirée au sein de la salle de spectacle de l'Université de Rennes 2, le Tambour. L'année suivante, il y avait autant de nouveaux projets que nous voulions défendre, sinon plus, et le festival a un peu grandi, a investi de nouveaux lieux, à l'aide de nouveaux partenaires... Et ainsi d'année en année, jusqu'à aujourd'hui, où nous fêtons la 15ème édition.

Quelle est votre vision de Rennes ?

Rennes est une ville avec une vraie qualité de vie, très dynamique, sur le plan culturel notamment. Il y a un nombre incroyable de festivals tout au long de l'année, énormément de collectifs artistiques dans tous les domaines, des lieux très actifs, du plus institutionnel au plus alternatif. Il y a évidemment l'importance de la population étudiante, qui représente un tiers de la population de la ville, qui explique cette effervescence, et ce public curieux et enthousiaste. Pour évoquer le domaine musical, il y a une programmation très riche à l'Ubu, l'Antipode, des soirées (Midi Deux, Crab Cake, Midweek...), des collectifs, des labels, des initiatives régulières...

En dehors des lieux à ne pas rater côté musical, avez-vous des places de prédilection pour manger, boire un verre ou traîner ? 

Rennes est très riche de ce point de vue, difficile de mettre en avant un seul lieu mais une partie de l'équipe fréquente le Café du Port, bistrot à l'atmosphère détendue et où l'on mange très bien et pour pas cher !

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Les dimanches Famille Electroni[k]

Aujourd'hui, comment travaillez-vous ? En équipe complète à l'année, ou avec des intervenants en fonction des différents projets ?

Nous sommes une structure à l'organisation un peu atypique. Les neuf premières éditions ont été portées par une équipe entièrement bénévole. En 2010, l'événement a pris une ampleur plus importante, et nous avons créé un poste de salarié pour coordonner les activités. L'équipe compte aujourd'hui deux salariés en CDI (coordination et action culturelle), chaque année une personne en CDD pour la communication, et des personnes en renfort sur des missions précises. Mais la part des énergies bénévoles reste déterminante dans la mise en œuvre de toutes les actions que l'on peut mener, pendant le festival comme tout au long de l'année. Le mode de fonctionnement est très collaboratif et horizontal. Nous n'avons pas de programmateur attitré, par exemple, c'est vraiment le fruit d'une démarche collective à laquelle chacun, bénévole ou salarié, peut contribuer.

Comment le festival est né ? il s'adresse à qui ?

Au départ c'était vraiment l'envie de donner une visibilité à des artistes émergents qui nous semblaient passionnants dans leur approche pluridisciplinaire, et plutôt orienté vers des connaisseurs. Mais assez rapidement, on a eu envie d'ouvrir ces esthétiques qu'on défendait à d'autres publics, en développant par exemple des créations en direction du jeune public, comme Carton Park, ou L'Odyssée de Rick Le Cube. Aujourd'hui, tout en gardant une vraie exigence artistique, l'ouverture à tous les publics est devenue un aspect fondamental du projet, avec des actions culturelles ciblées en direction de publics très divers, des scolaires aux personnes âgées, des étudiants aux personnes en situation de grande précarité.

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Carton Park

Vous nous préparez quoi cette année pour le festival Maintenant ?

Comme chaque année, une programmation mêlant performances, installations, nuits électroniques, ateliers, rencontres... le tout explorant notre credo "arts, musiques et technologies". Nous avons trois dominantes cette année : un parcours "lumière", avec notamment l'installation CLOUD, présentée dans l'espace public, qui devrait marquer les esprits ; plusieurs rendez-vous autour de la rencontre entre corps et numérique, notamment des projets faisant intervenir la danse, comme ceux de Hiroaki Umeda ou la compagnie Adrien M / Claire B ; et aussi plusieurs propositions autours de nouveaux instruments, des interfaces innovantes pour produire de la musique de façon inédite. Sans oublier les traditionnelles Nuits électroniques (avec Xosar, Vatican Shadow, Hodge, Call Super, Anthony Naples....), une expo invisible, un jeu vidéo sur la façade d'un immeuble, le pianiste le plus rapide du monde, et un Super Week-end dédié aux familles.

Nous sommes à quelques jours de son ouverture, ça ressemble à quoi les derniers préparatifs du festival ? Pas trop de stress ?

Nous sommes une petite équipe, et comme dans toute organisation d'événement il y a beaucoup à faire au dernier moment. Mais nous sommes désormais habitués à cette organisation, nous connaissons bien la ville, nous avons une équipe technique qui fonctionne très bien et nous avons rarement des problèmes de ce côté-là. Nous avons hâte de voir les projets se réaliser et nos idées se concrétiser. Il y a un peu de stress, c'est sûr mais il reste mesuré du fait de l'habitude, la 15e édition ne s'organise pas comme la 1ère, nous anticipons beaucoup mieux les potentielles difficultés.

Quel est le meilleur moment de l'année selon vous pour venir faire un tour à Rennes ?

En octobre ! Avec le plus sympathique des festivals !

On aime beaucoup cette idée des cartes postales sonores dans votre projet "Métropole Electroni[k]", pouvez-vous expliquer en quoi cela consiste ?

Métropole Electroni[k] est une tentative de cartographie sonore du territoire de la métropole rennaise, une collection qui s'enrichit chaque année, désormais accessible sur un site dédié. Chaque année, nous invitons plusieurs artistes à réaliser une création sonore à partir de sons captés lors d'une résidence dans un lieu public de la métropole. Seize cartes postales sonores ont été réalisées à ce jour, de l'Hôtel de Ville (Richard Eigner) au Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile (Mira Calix), de la Gare (Herman Kolgen) à l'Aéroport (Robert Henke).... Certaines sont très documentaires, d'autres nettement plus abstraites, et cette diversité est aussi un reflet de la diversité du territoire, aussi bien sur le plan architectural que social. Souvent, les gens sont surpris en découvrant la carte postale sonore d'un lieu dont ils sont familiers, ils le découvrent sous un angle qu'ils n'auraient pas imaginé, c'est un nouveau regard qui invite à redécouvrir son environnement, à en explorer la dimension poétique.

Herman Kolgen pour les cartes sonores © Dominique Vrignaud

Quelles sont vos actions culturelles en dehors du festival ?

Les actions culturelles sont une part importante de notre projet global, notre volonté est d'accueillir des publics très divers sur nos propositions, nous souhaitons que nos projets soient potentiellement accessibles à tous, c'est un pilier du projet de l'association. En 2015, nous développons plusieurs parcours autour du festival. Campus Electroni[k], un parcours en direction d'étudiants : ateliers, rencontres et créations artistiques sont programmés de septembre à mai. Parcours Sensibles est un projet en direction de personnes en situation de précarité sociale. Familles Electroni[k] est un parcours en direction des enfants et des familles, cette année nous organisons notamment une résidence dans une école élémentaire avec l'artiste Isabelle Arvers qui propose une action autour des Machinimas (comment créer un film d'animation avec des jeux vidéo). Enfin, Mouvements est un parcours organisé dans l'ensemble du Département d'Ille-et-Vilaine, il s'agît de proposer des ateliers, des concerts, des expositions dans de nombreuses médiathèques, ces propositions sont adaptées à différentes typologies de lieux.

Pensez-vous avoir une empreinte importante sur la région ?

Il est parfois difficile de mesurer clairement l'impact des événements sur l'ensemble d'une région mais il est certain que le festival prend de l'ampleur chaque année. La reconnaissance du festival et de l'association évolue positivement, des publics très variés à Rennes, Rennes Métropole et dans l'ensemble du Département d'Ille-et-Vilaine assistent à de nombreux événements ou expositions. En 2014, nous évaluons le public du festival à 30 000 personnes, en mars, nous avons organisé un événement aux Champs Libres qui a accueilli plus de 10 000 personnes, nous organisons entre septembre et décembre 30 événements dans 30 structures du Département d'Ille-et-Vilaine. Tous ces événements augmentent notre maillage, nos partenariats et notre empreinte sur le territoire.

Et pour vous aérer l'esprit en dehors de Rennes, vous partez où ?

Rennes est très proche de la mer, il suffit de choisir son lieu de prédilection : Saint-Malo, Cancale, Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac... En 45 minutes, on met les pieds dans le sable.

Chez vous on parle beaucoup de cultures électroniques, mais il me semble que vous les mêlez à d'autres courants artistiques...

Les musiques électroniques étaient vraiment au cœur du projet à son origine, et encore aujourd'hui c'est un axe très important. Mais c'est vrai qu'on cherche toujours à aller voir plus loin, en s'intéressant aux rencontres entre la technologie et d'autres esthétiques musicales, ou aux points de croisement avec d'autres familles. C'est ainsi qu'on explore régulièrement les croisements entre musique classique et contemporaine et musiques électroniques, nous avons par exemple présenté par le passé une création autour d'Olivier Messiaen, ou proposé un cycle autour des compositeurs minimalistes américains avec l'Orchestre Symphonique de Bretagne. On retrouve cet axe cette année avec la soirée qui rassemble Hildur Gunadottir et Lubomyr Melnyk, deux artistes dont la musique n'a rien d'électronique, mais dont l'univers poétique et virtuose nous semble totalement en phase avec ce qu'on défend.

Votre quartier préféré et pourquoi ? 

Rennes est "un quartier", un centre-ville étendu. Une ville concentrée, qui connaît actuellement des transformations importantes et des quartiers avec des identités qui s'affirment.

Comment voyez-vous le collectif dans 5 ans ?

Les projets d'Electroni[k] sont toujours en mouvements, nous avons beaucoup d'idées en tête pour la suite mais nous nous laissons de nombreuses portes ouvertes. Maintenant sera peut-être totalement différent dans 5 ans, nous voulons toujours avoir l'envie de créer un festival et de présenter des créations innovantes. Nous travaillons également avec d'autres partenaires sur la création d'un cluster, un pôle de créativité numérique qui nous permettrait d'inventer des projets encore plus fous et de tisser des partenariats sur le territoire et à l'international.

Quel est le truc le plus insensé ou démesuré que vous aimeriez faire ?

Imaginer une édition dans un ensemble de bulles : dans les arbres, les parcs, sur les toits, les places, la Vilaine (fleuve qui parcourt Rennes), parfois suspendues...

Vos coups de coeur du moment ?

Nous avons la chance d'être sur une ville et une région très tonique. La liste pourrait être longue, mais s'il fallait en citer une poignée : Black Zone Myth Chant, Fragments, Kiwisubzorus, Leska, The Whalestoe Attic, Coldgeist/ModernEleven, Benjamin Jarry/Double Bind, Knappy Kasiernappy, Calcuta, Theo Müller et toujours Low Jack !

Et peut-être d'autres collectifs à nous conseiller aussi ?

Rennes a une vraie richesse en matière de "clubbing", avec beaucoup de collectifs passionnants, chacun avec son identité propre, musicale mais aussi graphique. On peut citer Crab Cake, Midi Deux, Midweek, /Raw/, Texture, Chevreuil, vielspaß...

Qu'est ce qui vous attend pour 2016 ?

Des surprises forcément ! Nous travaillons actuellement sur les projets les plus importants que nous présenterons en 2016. Nous accueillerons notamment des artistes de la Plateforme européenne SHAPE (projet européen entre 2015 et 2017 - http://shapeplatform.eu/). Nous réfléchissons à une œuvre monumentale dans l'espace public, une œuvre marquante qui permette de réunir un public nombreux. Et nous continuerons nos passerelles entre danse et technologies entamées cette année. Nous allons continuer à nous faire surprendre par de nouvelles formes, qui vont s'inventer, créer de l'extraordinaire et investir de nouveaux possibles.

Retrouvez toutes les infos du Festival Maintenant sur le site http://www.maintenant-festival.fr et pour la suite de Greetings From, c'est par .

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