Movement : "Nous sommes des perfectionnistes absolus"

Après deux singles et un EP chez Modular, le groupe australien Movement part à la conquête du monde avec une tournée européenne et américaine cet été. Nous les avons rencontrés à Londres pour l’une de leurs premières interviews.

Movement_Us LEAD SHOT

Jesse Ward, Lewis Wade et Sean Walker de Movement.

Jessie et Sean (respectivement bassiste et beatmaker) sont potes depuis le lycée et ont rencontré Lewis (le chanteur) par l'intermédiaire de l’ami d’un ami il y a deux ans :

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Jessie et moi faisions partie d’un autre groupe avant. On a passé deux ans à écrire huit chansons et à la fin, nous avions beaucoup appris mais nous ne voulions sortir aucun des morceaux. Je pense que quand on a commencé Movement, on écrivait tous les trois, on prenait le projet sérieusement et un paquet de choses ont commencé à arriver. On a dû apprendre sur le tas.

Ils ne cherchaient même pas de label quand Modular les a approchés :

Il nous est arrivé un truc génial : une nuit, alors que nous venions à peine de nous former, il était super tard et on a reçu un email – je pense qu’on n’avait jamais reçu d’email de personne avant. Et c’était Pav, le fondateur de Modular, qui disait qu’il avait entendu une de nos chansons à la radio, qu’il aimait bien ce qu’on faisait et qu’il aimerait nous rencontrer.

J’ai dû googler son nom, je ne savais pas qui c’était et soudain je me rends compte que c’est le patron de Modular. Tout a commencé à ce moment là. On se concentrait juste sur l’écriture et tout s’est plus ou moins construit autour.

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Le conte de fée rêvé de tous les groupes, en somme. Et ça continue :

C’est incroyable qu’on soit arrivés ici aussi rapidement. Après seulement deux singles et un EP de quatre titres à Sydney, on part pour l’Europe et les États-Unis. On est extrêmement reconnaissants de ce qui nous arrive et on ne pourrait rien demander de plus.

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Ce ne sont pas des enfants gâtés pour autant, juste des travailleurs acharnés :

Le meilleur conseil qu’on nous ait donné au début, c’est de ne jamais nous arrêter de composer, alors on a composé, composé, composé depuis deux ans. On a pas mal de trucs mais nous sommes des perfectionnistes absolus et on ne sera pas satisfaits de nos morceaux tant qu'ils ne nous plairont pas totalement.

Enfin, moitié travailleurs acharnés, moitié... vampires :

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On ne trouve l’inspiration que pendant la nuit. On est beaucoup plus créatifs et concentrés quand on compose la nuit, c’est plus naturel pour nous.

Avec un soupçon de curiosité et d’humilité :

Je pense que musicalement, faire des choses différentes de ce qu’on a déjà fait est probablement ce qu'il y a de plus inspirant. Nous ne dirons pas que nous avons trouvé "notre son", mais on essaie d'écrire de nouvelles choses et de les garder fraîchement en tête.

Puis, même si nous faisons une musique différente de ce que nous avons déjà fait, cela reste cohérent avec l'évolution de notre son. C'est plutôt excitant pour nous.

Mais avant tout, ce sont des compositeurs sensibles :

On admire les artistes qui attachent de l’importance à la cohérence de leur travail. S’il y a une vision honnête derrière ce que quelqu’un fait, c’est important de l’exprimer. L’album de Frank Ocean ou le deuxième album de Tame Impala, c’est un beau travail parce que c’est puissant, il y a un objectif, c’est agréable à écouter mais aussi lourd de sens.

Quand on les interroge sur la prospérité de la scène australienne actuelle, ils réclament l’indépendance :

Il y a des artistes phénoménaux en Australie qui s’en sortent bien. Comme ce que disait Jessie l’autre jour, c’est quand un artiste ne cherche pas à être la version australienne d’un autre qu’il surmonte les obstacles et veut se faire connaître juste pour ce qu’il est.

Je pense que beaucoup d’artistes en ce moment deviennent leur propre version de quelque chose et c’est exactement ce qu’on cherche à éviter. On ne veut pas être "la version australienne" de qui que ce soit.

Rien à faire, malgré leur soif de singularité, ils se sentent quand même complimentés quand on les compare à Darkside. Ils ont fait la première partie de la tournée australienne du duo cette année :

Leur album Psychic est absolument incroyable, nous aimons tout ce qu’ils ont fait jusqu’ici, quelques personnes ont fait la comparaison et nous le prenons totalement comme un compliment.

Et ils ont toujours des moments "fan de" :

On a joué au Silencio, à Paris, qui est une salle magnifique. C’était exactement ce dont nous avions toujours rêvé. C'est exactement comme ça que nous voyions Movement : la lumière, le son et la réaction du public étaient parfaits.

Et Gaspard de Justice était là. C’était énorme pour moi parce que j’écoute Justice depuis longtemps et il est venu me voir pour un DJ set, mon premier DJ set. Et n'étant pas DJ, ça m’a beaucoup intimidé. Le lendemain je me suis juste dit "oh man".

Par , publié le 22/07/2014