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On Repeat : "Sidewalks", quand The Weeknd et Kendrick Lamar marchent sur l'eau

Publié le

par Rachid Majdoub

Tendons un peu plus l'oreille sur l'un des tout meilleurs titres de Starboy, le nouvel album de The Weeknd sorti le vendredi 25 novembre 2016. 

Cover de <em>Starboy.</em>

Starboy (qui peut vous sortir des situations les plus galères) est un très bon album sur lequel The Weeknd, fer de lance du R'n'B mondial, a décidé de tout tenter, d'exploiter, en assemblant toutes sortes de pièces musicales pour aboutir à une œuvre réussie et on ne peut plus pop.

Et s'il est risqué, sur la Toile, de faire tout comparatif disproportionné, allons-y quand même, quitte à se faire mordre : dans la voix du crooner canadien habitent des zestes de timbre de Michael Jackson, LE roi de la pop, dont son héritier affectionne et explore le style jusque sur son troisième album. Qui dit héritier ne dit pas forcément à la hauteur, mais l'influence se ressent. Si MJ n'a pas de descendance musicale directe, il faut reconnaître que ses cordes vocales résonnent un peu, un tout petit peu, en celles de The Weeknd.

Fin de la parenthèse. Cette voix, qui fait partie des plus belles, si ce n’est la plus belle du R’n’B de notre époque, on la retrouve sur "Sidewalks", piste 9 de Starboy. Elle est légèrement et partiellement modifiée, certes, mais Abel Tesfaye, sur la grande majorité de l'album et sur les efforts qu'il a pu sortir précédemment comme l'excellente Trilogy de mixtapes ou son deuxième album Beauty Behind The Madness, n'a pas besoin d'ajouter d'Auto-Tune, comme bien d'autres dans le R'n'B, pour "correctement" chanter.

Le génie de Kendrick Lamar et Ali Shaheed Muhammad

Accompagné de Kendrick Lamar, qu'il connaît bien et qu'il a récemment qualifié de "véritable génie" dans une interview accordée à Zane Lowe pour la radio Beats 1, The Weeknd lance le morceau après 25 secondes d'introduction instrumentale qui annoncent d'emblée la couleur.

Et vous savez pourquoi ce son a un parfum rétro bien rafraîchissant ? Parce qu'Ali Shaheed Muhammad, d'A Tribe Called Quest, se cache derrière l'instru', en coproduction avec Doc McKinney (l'homme derrière les mixtapes House of Balloons et Thursday puis la Trilogy de The Weeknd) et Dan Wilson. Ils signent là une prod' charmante, par son rythme lent, langoureux – qui contraste avec celui de la piste 1, "Starboy" –, et ses accords chaleureux.

Kendrick Lamar y pose à son tour sa voix, avec un couplet monstrueux construit autour des thèmes de l'innocence, de l'intimité et de la gloire, abordés d'un flow comme d'hab' chirurgical par le plus grand (par le talent) rappeur actuel.

Le résultat : deux grosses performances combinées à une production limpide sur laquelle The Weeknd et Kendrick Lamar évoluent comme s'ils marchaient sur  l'eau... à défaut d'avoir eu à avancer tant bien que mal sur les trottoirs ("Sidewalks" en anglais) cabossés de leurs vies, comme le raconte le thème de l'un des grands titres de cette année 2016.

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