Vidéo : on vous présente la poupée option "acné et cellulite"

Commercialisée aux États-Unis depuis cette semaine, la poupée Lammily prend le contre-pied de la Barbie en affichant des mensurations "normales" et des stickers "imperfections". De quoi faire changer les mentalités ?

Cela fait des années que tout le monde (ou presque) s'accorde à dire que Barbie ferait bien de prendre quelques kilos. Car après l'âge d'or de la célèbre poupée de Mattel dans les années 90, le ton est aujourd'hui davantage à la dénonciation des stéréotypes de beautés féminins véhiculés par ce jouet pour enfant – et destiné aux petites filles principalement.

Depuis que des scientifiques ont démontré que les mensurations de la blonde étaient inhumaines à de nombreuses reprises, plusieurs projets de poupée aux courbes "normales" ont été envisagées, comme celle de l'artiste Nickolay Lamm qui avait montré à quoi ressemblerait une Barbie si elle était dotée de mesures réalistes.

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Afin de pouvoir financer sa poupée basée sur un prototype en 3D, il avait lancé une campagne appelée “Average is Beautiful” (“Dans la moyenne, c’est beau”) sur KickStarter, et avait réussi à récolter plus de 500 000 dollars en un mois. De quoi lui permettre de commercialiser sa création baptisée "Lammily".

Cicatrices, vergetures, tatouages ou tâches de rousseur

Dans un spot promotionnel reprenant les codes des publicités Dove, on découvre donc la "vraie" Lammily, qui se base sur les mensurations moyennes du corps d'une Américaine de 19 ans, disponible à la vente en ligne aux Etats-Unis (pour 25 dollars). Et en plus d'avoir des mensurations "normales", la poupée est proposée avec un kits d'accessoires peu communs.

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En effet, Nickolay Lamm a décidé de pousser le réalisme encore plus loin en créant des autocollants qui permettent d'ajouter à la poupée des imperfections. Ainsi, cicatrices, vergetures, acné et bleus sont tout autant d'options proposées pour personnaliser à sa guise la Lammily, tout comme le sont également tatouages, tâches de rousseur ou lunettes de vue.

La Lammilly et le sticker "acnée".

La Lammily et le sticker "acné".

Nickolay Lamm explique :

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Je voulais montrer que la réalité, c'est cool. Beaucoup de jouets véhiculent de fausses idées auprès des enfants, mais pourquoi ne pas leur montrer que la vraie vie vaut le coup ? Elle n'est pas parfaite, mais c'est tout ce que nous avons. Et c'est super.

"Elle ressemble à ma soeur"

La poupée brune n'est pas filiforme et ses membres sont articulés afin qu’elle puisse faire du sport. Son maquillage est presque inexistant et ses vêtements sont décontractés. Bien loin des tenues labellisés "féminines" et souvent ultra sexualisées dont sont la plupart du temps affublées les traditionnelles poupées Barbie. En réalité, tout est fait pour que les enfants puissent plus facilement s'y identifier : pour qu'ils projettent leurs rêves sur leur jouet plutôt que le contraire.

Mais que pensent vraiment les enfants de Lammily ? Pour le savoir, le créateur s'est rendu dans une école et l'a montrée à des écoliers.

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"Je l'aime bien. Elle ressemble à ma soeur !", s'écrient plusieurs petites filles lorsqu'elles découvrent Lammily. "Elle n'est pas comme les autres poupées. Elle n'est pas très mince", remarque un petit garçon avant d'ajouter : "Ses cheveux ressemblent à des vrais". Enfin, tous notent qu'elle "a l'air d'une personne normale".

Et lorsque vient l'heure du choix entre la Barbie et la Lammily, tous sans exception préfèrent la seconde qui "n'a pas de chaussures à talons invisibles et peut tenir debout" (une remarque très pertinente, il faut l'admettre).

Les imperfections sont-elles vraiment réconfortantes ?

Cependant, si créer la poupée "normale" est une manière plutôt intelligente de réconcilier les filles avec leur corps en cassant les standards de beauté délirants mis entre les mains d'enfants dès 6 ans, rajouter un kit "imperfections" n'était pas forcément une idée des plus pertinentes. Car comme le souligne Slate, comment une poupée acnéique pourrait réconforter une jeune de 12 ans mal dans sa peau ?

Quoi qu'il en soit, peut-être que cette initiative permettra à Mattel – qui vend aujourd’hui une Barbie toutes les deux secondes dans le monde – de revoir sa politique de mensurations. Et de prendre conscience que les stéréotypes qu'elle véhicule auprès d'enfants à un âge de construction identitaire méritent d'être revus.

Par Constance Bloch, publié le 21/11/2014

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