AccueilCinéma

Plaidoyer pour les effets spéciaux, ces bêtes noires du cinéma

Publié le

par Arthur Cios

Dans une vidéo, un internaute démontre en 7 minutes pourquoi tout n'était pas mieux avant au pays des effets spéciaux, victimes injuste d'un délit de sale gueule. 

Le Jabba The Hut de Star Wars version 1997, pas la plus grande réussite de George Lucas

On connait tous des personnes plus ou moins puristes qui lâchent à tout va que "c'était mieux avant". Soyons honnêtes, cela nous arrive également. Difficile de regarder le monde actuel sans se dire qu'effectivement, certaines choses étaient mieux, avant. Rien que du côté des salles obscures, il y a des choses à souligner.

Peut-être qu'avant, le cinéma était plus innovant. Probablement qu'avant, le cinéma était plus audacieux, prenait plus de risques. Désormais, il peut sembler fade, pour ne pas dire mauvais. Et les effets spéciaux n'y seraient pas pour rien. En dehors de l'abus par certains cinéastes, il faut aborder son utilisation d'un point de vue qualitatif.

Vous souvenez-vous de cette vidéo qui montrait les changements opérés par George Lucas en personne sur la première trilogie Star Wars, ajoutant des effets spéciaux numériques ? Certains trucs étaient loin d'être pertinents. Le Jabba The Hut rajouté en 1997 faisait d'ailleurs parti du supercut des pires effets spéciaux dont nous vous parlions il y a peu.

Mais cracher sur les effets spéciaux numériques seraient un poil hypocrite.

Le rapport entre qualité du film et effets spéciaux

"Il suffit de regarder la filmo de Michael Bay pour se rendre compte que les explosions et les effets spéciaux à tout va ne font que gâcher un film" m'a-t-on dit le mois dernier lors d'un repas avec des amis. Véridique. La réflexion est certes peu constructive, mais elle reflète un argument souvent utilisés : lorsqu'un film est mauvais, nous mettons cela sur le dos des effets spéciaux.

Cela revient à prendre l'objet comme un tout et non comme une construction. Car ces effets, que l'on appelle "CGI" en anglais (pour "Computer-generated imagery"), sont ajoutés en post-production. Or, pour pas mal de films, le budget et le temps accordés en post-prod à ces CGI sont ridicules. Et forcément, le résultat l'est un peu également.

Personnellement, je suis un grand fan de nanars, que l'on parle des vieux films comme Invasion of the Saucer-Men (1957) ou de plus récents comme Sharknado (2013). Et ce qui donne le charme en partie de la chose, c'est l'aspect kitscho-vieillot du schmilblick. Les effets numériques sont, pour moi, une des raisons pour lesquelles j'adore ce cinéma. Je ne suis vraiment pas certain que si les CGI  de requins qui tuent en volant étaient aussi beaux que ceux d'un Avatar, par exemple, le film ait connu le même "succès".

Sans parler de tous ces films dont les effets spéciaux sont particulièrement mauvais, mais où cela ne dérange pas. Si l'on y regarde de plus près, effectivement, Matrix a pris un coup de vieux, tout comme Terminator 2, Jumanji (qui va être rebooté pour l'occasion) ou même Star Wars 4. Mais la qualité du scénario, du jeu d'acteur, et de tout ce qui fait de ces films des chefs-d'oeuvre, nous rend imperméable à ces effets vieillissants.

D'autant plus qu'avec les progrès technologiques, il est normal de trouver des vieux effets spéciaux... vieux ! Tout comme l'on regardera les films de 2015 avec un autre regard dans 20 ans. Oui, je sais, c'est d'une logique implacable.

Robert Patrick, ou T-1000, le robot liquide de Terminator 2

L'omniprésence des effets numériques

Aussi, les effets spéciaux sont la plupart du temps présents sans qu'on les décèle. Que ce soit pour remplir un stade, provoquer un accident de voiture ou même carrément reproduire Manhattan dans Avengers, désormais, tout se fait par ordinateur. Et cela ne sert pas que pour les scènes d'action, mais pour le cadre, l'environnement, les personnages.

Enfin, on pointe souvent du doigt ces films hollywoodiens qui, miracle, font des vraies scène d'actions dans un vrai décor, sans fond vert. Le dernier en date ? Mad Max : Fury Road. Dans le making of fou de ce film fou, on voit effectivement que le tournage a vraiment été musclé, avec de véritables cascades et des explosions de voitures. Sauf que Miller n'a pas non plus fait un film sans effets spéciaux, loin de là.

Bref, cette défense soudaine pour les effets spéciaux numériques ne sort pas de nulle part. Cette vidéo, repérée au départ par nos confrères de Libérationest un plaidoyer intelligent de sept minutes, où s'enchaînent des arguments simples et logiques, sur fond d'images servant d'illustrations de son propos.

À voir aussi sur konbini :