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L’Ouzbékistan interdit 37 jeux vidéo, pour la plupart complètement hors d’âge

Publié le

par Théo Mercadier

GTA San Andreas, Doom ou encore Hitman : les autorités ouzbeks feraient bien d’aller faire un tour chez Micromania.

(© Rockstar Games)

L’Ouzbékistan, ce petit pays autoritaire d’Asie centrale où le gouvernement vient vous emmerder jusque dans votre console de salon. La BBC révèle la liste hallucinante de 37 jeux qui ont tout bonnement été interdits sur son territoire : ceux qui les importent et les commercialisent s’exposent donc à des poursuites pénales. Les autorités ouzbeks affirment ainsi que ces jeux pourraient "faire la promotion de la violence et de la pornographie", voire perturber la "paix civile et l’harmonie entre les cultures religieuses et ethniques". Pire ! Les jeux sur la liste seraient carrément une menace pour "la sécurité et la stabilité sociale et politique" du pays. Eh oui, sachez qu’en retirant l’échelle de la piscine de votre Sim pour le regarder lâchement se noyer, c’est tout le fragile équilibre social de votre nation que vous mettez en danger. Pensez-y.

Cette vague d’interdictions en dit long sur la relation que l’Ouzbékistan entretient avec le monde extérieur. Comme le rappelle la BBC, il n’est pas rare que des journaux ou des œuvres venus de l’étranger (films, livres, etc.) soient régulièrement prohibés. Faut-il y voir une sorte de consécration du jeu vidéo, enfin considéré comme une œuvre culturelle à part entière, et non plus comme un simple passe-temps pour boutonneux prépubères ? C’est manifestement l’avis des autorités ouzbeks, qui disent souhaiter préserver leur jeunesse de la "distorsion de ses valeurs historiques, culturelles et spirituelles".

Des jeux pas super récents…

À bien y regarder, la quasi-totalité de ces titres sont des jeux violents (Mortal Kombat, Doom, etc.), ou avec d’éventuels éléments sexuels (les Sims, quand ils passent sous la couette, avec les pixels, tout ça). Mais même si cette liste bannie nous afflige sur le triste sort réservé à la jeunesse ouzbek, on ne peut s’empêcher de se marrer ouvertement devant certains jeux sélectionnés. Tenez-vous bien : alors que GTA San Andreas (2004) figure sur la liste, GTA IV et GTA V ne sont pas interdits. En clair, vous pouvez canarder allègrement des flics en HD, mais pas en qualité médiocre sur une PS2. Cherchez la logique.

La palme de l’interdiction la plus ridicule de l’année revient quand même très logiquement à Phantasmagoria, sorti en 1995 (certains d’entre vous n’étaient même pas nés) et à Carmageddon, sorti en 1997. Les mecs ont interdit des jeux vieux de 20 ans : soit ils sont tous branchés sur Internet Explorer, soit ils n’ont pas embauché de stagiaire depuis (très) longtemps.

Traduction : "Nous sommes en 2017 et l’Ouzbékistan vient d’interdire Carmageddon."

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