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Test : oui, le nouveau Mario est bien l'un des meilleurs jeux de l’année

Super Mario Odyssey est une vraie claque, que vous le vouliez ou non.

Beaucoup étaient sceptiques lorsque Nintendo a annoncé le lancement de la Switch, nous compris (soyons honnêtes). Puis il y a eu Breath of the Wild, qui nous a fait divaguer pendant presque 200 heures à travers Hyrule, une larme au coin de l’œil.

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Plus de six mois après, aucun titre de la nouvelle console n’avait eu un impact aussi considérable, malgré un Mario Kart toujours aussi cool et un Pokkén Tournament plutôt plaisant. Pendant ce temps, on restait admiratif devant ce qui est (et demeurera) le meilleur jeu de l’année, si ce n’est de la décennie.

Ce déséquilibre prend fin avec Super Mario Odyssey. Dévoilé il y a quelques mois à travers un trailer qui a attisé la curiosité des fans, le jeu n’est pas un Mario comme les autres, mais bien une claque, un 10/10 qui met tout le monde d’accord — une fois encore. Deux hits en moins d’un an, chapeau bas. Il suffit de jeter un œil au jeu pour se rendre compte de la chose. Tableau d’un succès presque historique.

Un titre innovant et original

L’histoire de notre plombier moustachu a connu des hauts et des bas – avec des pépites marquant l’histoire du jeu vidéo au fer rouge (comme Super Mario 64), et d’autres titres qui sont tombés dans les limbes de l’oubli (comme Mario Time’s Machine ou Hotel Mario). Ce qui ressort néanmoins, c’est l’incroyable capacité de la franchise à savoir se réinventer, et à changer le gameplay ou les modes de jeu en permanence.

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C’est ici le cas. Le jeu s’ouvre sur un classique enlèvement de la princesse Peach par Bowser, pour un mariage forcé (poke la BD Super Mario Adventures). Au passage, il chope une tiare au pays des chapeaux (parce que pourquoi pas), et Mario se fait virer. Sans casquette, il décide, armé d’un chapeau qui n’est autre que le frère de la tiare (si, si), d’aller sauver les deux protagonistes qui ont été enlevées, tandis que le grand vilain fait le tour du monde pour dérober des trucs pour le mariage (bagues, robes, gâteaux, etc.).

Le scénario n’est pas des plus pointus, mais ce n’est pas ce qu’on demande à un Mario. Au contraire, Nintendo se joue un peu de ça en balançant le joueur directement au cœur de l’action, sans introduction aucune. Il semble en revanche servir de prétexte pour offrir un gameplay assez innovant. Le nouveau sidekick n’est pas qu’un truc anecdotique pour faire plaisir aux fans, mais offre une nouvelle manière d’approcher les sauts, d’affronter les ennemis et de choper des pièces.

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Surtout, pas moins de 50 types de personnages sont jouables grâce à votre couvre-chef, du cactus du coin aux Goombas. Chacun a des caractéristiques spéciales, très utiles pour dénicher toujours plus de lunes. Petite pensée pour ce T-Rex fantastique qui défonce tout sur son passage, de manière assez jouissive.

Un vrai cadeau de remerciement aux fans

L’autre intérêt du jeu réside dans la récolte des lunes. Contrairement à Super Mario 64, référence du genre, on ne se fait pas expulser du niveau après chaque étoile lune récoltée. Ce retour au manoir symbolisait la fin du challenge. Ici, le challenge est de trouver TOUTES les lunes du niveau – sachant que le premier en a 17 et que le pays du sable en a 69 (dans la première phase du jeu tout du moins). Il n’est pas obligatoire de toutes les avoir pour pouvoir avancer dans l’histoire, mais les vrais les traqueront jusqu’au bout. Et il le faut, parce qu’une fois tous les bonus activés (et il y en a la masse), on peut trouver pas moins de 999 lunes au total.

Un vrai cadeau pour les fans, qui seront ravis par tout cela. Car sans tomber dans le fan service inutile, le jeu est jonché de références aux anciens titres, comme Super Mario 64 ou Super Mario Sunshine, que ce soit dans les mécaniques de jeu, les déplacements, les personnages, la musique, ou même des micro détails (comme le fait que la carte que tient le Toad qui donne des conseils pour dénicher plus de lunes est en fait la carte du célèbre niveau "Bataille de Bob-Omb" – on en est là !) et autres easter eggs (le nombre de références à Donkey Kong à New Donk City est affolant). Et c’est sans parler des très nombreux costumes, dont les origines de certains ont été recensées juste ici.

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Par ailleurs, les développeurs ont réussi à insérer dans le gameplay de nombreuses sections en 2D, qui vont plus loin que le simple clin d’œil nostalgique aux premiers volets, en exploitant des éléments comme la gravité et une sorte de fusion entre la 2D et la 3D. Bref, le bébé est vraiment étudié de A à Z.

À côté de ça, le niveau évoquant New York envoie notre cher Mario dans un univers nettement plus réaliste que tout ce que la franchise a su nous offrir jusque-là : notre monde, en fait. Si cela pose la question de la nature même du plombier, puisqu’il ne ressemble pas aux autres habitants de la ville, c’est surtout une belle surprise pour les amateurs de parkour.

Enfin, on apprécie vraiment la liberté des mouvements et les combos de sauts possibles, qui permettent aux plus malins de découvrir des zones bien cachées – où se trouvent généralement de véritables montagnes de pièces d’or, comme pour nous féliciter d’avoir découvert ce secret –, ou de se diriger vers un point précis sans suivre le chemin prévu. Des centaines de raccourcis discrets qui feront le bonheur des speedrunners.

Seul petit bémol : les aventures sont peut-être parfois trop faciles en apparence, avec des boss franchement pas durs, et des morts peu pénalisantes puisque ça ne coûte que 10 pièces pour revenir à la vie. Alors certes, cela semble obligatoire pour ce système de "mini open worlds", mais bon, quand même.

En réalité, la difficulté ne vient pas des boss, de l’histoire et du cheminement, mais bien de l’objectif de compléter le jeu à 100 %, ce qui est presque impossible si on le prend trop à la légère. En dehors du nombre astronomique de lunes que l’on peut choper, il faudra aussi compter sur la difficulté de certaines épreuves.

Rares sont les jeux à offrir un tel panel de manières de jouer et d’explorer – et pour ça, le titre restera probablement dans l’histoire de Nintendo comme un chef-d’œuvre générationnel.

La note de la rédac : A

Par Arthur Cios, publié le 22/11/2017

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