On sait enfin pourquoi certaines chansons nous restent dans la tête

Une étude menée par une chercheuse en psychologie musicale révèle les caractéristiques des tubes qu'on se surprend à fredonner.

Tout le monde a déjà connu ça. Une chanson passe à la radio et, qu’elle soit bonne ou pas, elle s’accroche à notre cerveau comme une moule à son rocher. Une force impossible à combattre nous contraint ensuite à la fredonner toute la journée.

Des années durant, des enquêtes ont été menées sur ce phénomène qui concerne particulièrement la pop. Des recherches avaient déjà suggéré que la popularité de certaines chansons était due au fait qu’elles sont diffusées incessamment à la radio, sur les sites de musique à la demande, à la télévision, au cinéma…

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Parmi les exemples de 2016, on pourrait citer One Dance de Drake, Sorry de Justin Bieber et Work de Rihanna. Entre autres.

Kelly Jakubowski, post-doctorante en psychologie de la musique à l'université de Durham, est allée plus loin. Dans une publication relative à ses recherches dans le journal The Independant, elle affirme que certains types de tubes pop utilisent des procédés musicaux qui les rendent plus susceptibles d’être accrocheurs. Étudiant le sujet avec ses collègues Daniel Müllensiefen, Sebastian Funnel et Lauren Stewart, elle a commencé par produire une liste des tubes les plus écoutés sur la période 2010-2013.

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Top des tubes les plus écoutés entre 2010 et 2013 :

  1. "Bad Romance" de Lady Gaga.
  2. "Can’t Get You Out of My Head" de Kylie Minogue.
  3. "Don’t Stop Believing" de Journey.
  4. "Somebody That I Used to Know" de Gotye.
  5. "Moves Like Jagger" de Maroon 5.
  6. "California Gurls" de Katy Perry.
  7. "Bohemian Rhapsody" de Queen.
  8. "Alejandro" de Lady Gaga.
  9. "Poker Face" de Lady Gaga.
  10. "Single Ladies" de Beyoncé / "Rolling in the Deep" d'Adele (à égalité pour la dixième place).

Mais pourquoi ces chansons ?

L’équipe de scientifiques a ensuite décortiqué la construction de ces morceaux pour identifier les critères qui en font des tubes, à commencer par le tempo. Notre cerveau aime plus souvent entendre des chansons rythmées que des chansons calmes, particulièrement quand nous sommes actifs, qu’on soit en plein jogging ou en train de se brosser les dents.

Le deuxième critère est l’alternance entre des contours mélodiques génériques et des airs plus surprenants. Kelly Jakubowski explique :

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"Le fait que des chansons deviennent des tubes s'explique par le fait qu'elles comportent un certain type de schémas musicaux tout en ayant également des intervalles uniques. Le cerveau recherche un équilibre de complexité dans une mélodie, ni trop bas ni trop élevé, pour qu’elle puisse être retenue."

Et si jamais vous doutez encore du phénomène, on vous défie d’écouter le mashup ci-dessous, créé par un DJ, et de ne pas fredonner une seule fois.

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Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

Par Kate Lismore, publié le 08/11/2016

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