Grâce à la Switch, Nintendo montre à nouveau qui est le patron

En pleine renaissance, le constructeur nippon revoit ses ambitions encore plus à la hausse.

Après Link au printemps, Mario est là pour rappeler qui est le patron. (© Nintendo)

Non, Nintendo ne va pas "mourir", comme le répètent à l’envi des petits malins : la firme nipponne a un capital confortable (tant financier que culturel) et son succès n’est pas près de s’arrêter. Après le passage à vide que fut la Wii U – une console qui n’a jamais été marketée correctement et comprise par le public –, l’ère de la Nintendo Switch est déjà placée sous de bons auspices. Nouvel objectif : 17 millions de Switch vendues d’ici le 31 mars 2018 (la fin de l’année fiscale).

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Pour saisir toute l’ampleur de cette ambition, faisons un petit retour en arrière de quelques années. Fin 2012, la Wii U est sur les étals. Malheureusement, il faut un peu s’accrocher pour comprendre le principe du "gameplay asymétrique" – un concept pourtant simple une fois la console en main, mais difficile à expliquer sur une scène ou dans un spot de pub. Le bide est lent, douloureux et progressif. Les éditeurs tiers ne sont pas enchantés et la poignée de très bons jeux maison ne suffit pas à séduire les joueurs.

Trois ans plus tard, la Switch est révélée, avec un concept simple et fédérateur : un produit nomade, que l’on peut "clipser" sur un dock pour jouer sur sa télé ou emporter n’importe où. À sa sortie, la sauce prend et la console se vend à toute vitesse – à cause des ruptures de stock du lancement de la console, le jeu Zelda : Breath Of The Wild s’est même vendu sensiblement plus que son support dédié !

Un programme chargé sur deux ans

Que se passe-t-il ? Nintendo est en train de lentement changer son fusil d’épaule. Après la mort, en juillet 2015, du très aimé Satoru Iwata, c’est le sémillant Tatsumi Kimishima qui a repris les rênes de l’éditeur de jeux fondé en 1889. Avec lui, l’entreprise sort de sa zone de confort, et cela commence à se voir avec les jeux – on ne développera pas ici, mais les derniers Zelda et Mario réinventent tous les deux leur genre, à échelle variable.

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Cette stratégie est payante : depuis la sortie de la Switch, Nintendo a un plan très précis, avec un blockbuster par mois – Zelda (4,7 millions d’unités), Mario Kart 8 Deluxe (4,4 millions), ARMS (1,35 million), Splatoon 2 (3,6 millions depuis juillet). L’entreprise, à l’aura un peu timide et prudente, peut revoir ses objectifs en hausse nette, voire les doubler.

L’objectif a d’abord été de 10 millions de consoles écoulées. Et si la Switch arrive effectivement à atteindre les 17 millions en un an, ce sera toujours mieux que la Wii U sur l’ensemble de sa durée de vie. Actuellement, les comptes sont à plus de 7,5 millions pour le premier trimestre, et un peu moins de 3 millions pour le second. La sortie du plébiscité Mario Odyssey et les prochaines fêtes de fin d’année pourraient donner raison à Nintendo. Objectif secondaire ? Passer de 35 à 50 millions de jeux – un enjeu de taille, tant ce marché est bien plus rentable que celui des consoles.

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Dans une récente interview à Famitsu, Yoshiaki Koizumi, producteur hardware de la Switch et de Mario Odyssey, a déclaré que "Nintendo a encore de nombreuses séries à venir sur cette console, et plus que des séries déjà existantes. Nous préparons des jeux auxquels les gens ne pensent probablement pas, régulièrement, pour les deux prochaines années".

Par Benjamin Benoit, publié le 30/10/2017

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