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Le Monde secret des Émojis est le premier film diffusé en Arabie Saoudite depuis 35 ans

Publié le

par Marie Jaso

(© Sony Pictures Releasing GmbH)

Après trente-cinq ans d’interdiction de projection de films en public, le royaume saoudien a autorisé début janvier l’ouverture de salles de cinéma. Le Monde secret des Émojis et Captain Superslip seront les premiers films diffusés.

(© Sony Pictures Releasing GmbH)

Ce 13 janvier, deux longs-métrages d’animation américains ont marqué le grand retour du septième art en Arabie Saoudite. Le Monde secret des Émojis (dont le score avoisine les 2,9/10 sur IMDb) et Capitaine Superslip ont ainsi été diffusés sur les écrans de salles temporaires – avant l’ouverture de véritables cinémas courant mars –, agrémentées pour l’occasion de tapis rouges et de machines à pop-corn.

Cet événement fait suite à l’annonce historique du royaume, le 11 décembre dernier, de lever cette interdiction, mise en place au début des années 1980. Les cinémas avaient alors été interdits sous la pression des religieux, la société saoudienne, très conservatrice, s’orientant vers un refus strict du divertissement et de la mixité dans les lieux publics. Pour contourner cette interdiction, les habitants n’hésitaient pas à parcourir de nombreux kilomètres afin de profiter des cinémas des pays limitrophes, tels que Bahreïn ou les Émirats arabes unis.

300 cinémas devraient bientôt être ouverts

Après l’autorisation de concerts ou spectacles humoristiques et celle, plus récente, de conduire pour les femmes, cette dernière mesure est le reflet d’une volonté du royaume d’ouvrir un peu plus le pays au monde extérieur, comme le rapporte Reuters. Elle s’inscrit dans la lignée des réformes menées par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Plus qu’idéologique, cette initiative révèle également un aspect économique : l’ouverture prévue de 300 cinémas, et ses 2 000 projections d’ici 2030 entraîneraient la création de 30 000 emplois permanents et des recettes de 90 milliards de riyals (environ 19 milliards d’euros).

Cette décision fait écho à l’intérêt grandissant pour le septième art observé dans le pays ces dernières années. Ainsi, en 2013 était sorti le premier film saoudien, Wadjda, réalisé par la cinéaste Haifaa al-Mansour et sélectionné aux Oscars 2014 dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.

Si le retour du cinéma est une bonne nouvelle pour le pays, le conservatisme demeure bien ancré. Chaque film sera ainsi vérifié par les autorités, et censuré si jugé inadéquat aux "valeurs morales" du royaume.

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