Metallica : une longue histoire de collaborations non-metal

Metallica jouera aux Grammy Awards le 26 janvier accompagné du pianiste classique Lang Lang. L'occasion de revenir sur les collaborations non-metal du groupe séminal du thrash metal.

Metallica de gauche à droite : James Hetfield, Kirk Hammett, une Japonaise, Jason Newsted et un Japonais. (Crédit image : Fanpop/BeliaMetallica)

On l'apprenait hier : Metallica jouera le 26 janvier lors des 56èmes Grammy Awards, à l'occasion de la nomination de la bande originale de leur film Through the Never dans la catégorie "Best Recording Package". Ils ont déjà participé au live à la cérémonie il y a 22 ans, à l'occasion de la sortie de leur album éponyme - plus connu sous le nom de Black Album, comme l'atteste cette vidéo YouTube dans laquelle ils interprètent le hit "Enter Sandman".

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Sauf que les Four Horsemen ne seront pas seuls sur scène : ils seront accompagnés du pianiste chinois Lang Lang, un musicien vénéré dans le monde entier que le grand public français a pu découvrir par le biais de son tube cathodique le 8 février 2009. Les victoires de la musique classique mettaient à l'honneur ce prodige du pianoforte qui interprétait alors la rhapsodie hongroise numéro 2 de Franz Liszt.

Lang Lang, égérie Adidas dans la pub print dans laquelle il chausse sa paire "signature".

Le jeune pianiste de 31 ans n'en finit alors plus de se faire courtiser : égérie des marques Adidas et Mont-Blanc, il joue tant à l'ouverture des J.O. de Pékin en 2008 qu'à la Maison Blanche, à la remise du Prix Nobel de Stockholm, à l'O2 World de Berlin. Il prête même son talent à la bande originale du jeu vidéo Gran Turismo 5 en 2010.

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Un invité de marque, donc, dont on attend impatiemment la performance commune avec Metallica, considéré comme le groupe de metal par excellence par de nombreux fans. Et pourtant, l'infernale horde originaire de la Bay Area de San Francisco a souvent jalonné son parcours musical de touches moins metöl que prévu. Rétrospective inversée.

Le spoken-word de Lou Reed

Personne ne savait exactement à quoi s'attendre de la collaboration entre le compositeur de "Satellite Of Love" et ceux de "Harvester Of Sorrow". À ma droite, l'un des indéniables fondateurs du rock psyché, parrain du glam rock et inspirateur de l'art rock à la Talking Heads. À ma gauche, l'un des plus grands groupes de heavy metal, source des premiers grands frissons de millions de futurs metalheads de par le monde et grands vainqueurs de Napster.

Lulu, l'album collaboratif entre ces deux poids lourds du marché musical, sort le 31 octobre 2011. Malheureusement, l'album déroute et personne n'arrive vraiment à rentrer dans cette improbable rencontre entre le spoken-word désabusé de Lou Reed et les riffs peu inspirés du quatuor. Le magazine musical américain Pitchfork parle d'un disque "audacieux à l'extrême mais au résultat fastidieusement épuisant".

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Ci-dessous, découvrez le clip de "The View" extrait de Lulu, réalisé par ce cher Darren Aronofsky.

Le western spaghetti d'Ennio Morricone

En février 2007, Metallica rend à César ce qui appartient à César. Après être rentré sur scène pendant près de 25 ans au son du triomphal "The Ecstasy Of Gold" d'Ennio Morricone, le groupe de James Hetfield participe à la compilation "We All Love Ennio Morricone". Le compositeur de musiques de films, célèbre pour les thèmes épiques qu'il a composés pour les chefs-d'oeuvre western spaghettis de Sergio Leone, se voit honoré dans un disque rassemblant Céline Dion, Herbie Hancock, Andrea Bocelli, Roger Waters, Metallica, Quincy Jones et bien d'autres. L'affiche est insolite, la reprise aussi.

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Le mental d'un coach

Non, la collaboration n'est pas tout à fait musicale. Pourtant, Metallica a bien travaillé avec Phil Towle, un homme se présentant comme un "coach d'amélioration de la performance" pendant les semaines précédant l'enregistrement de leur album de 2004, St. Anger. Towle a été engagé pour venir en aide au groupe lors d'une période bien particulière : le bassiste Jason Newsted quitte alors Metallica avec armes et fracas et James Hetfield rentre en rehab.

Cette participation d'un "therapist" au processus de composition d'un album de Metallica est tout à fait inédite. Ce passage croustillant de la vie d'un groupe de rock qui a perdu pied avec la réalité est à découvrir dans le documentaire impressionnant de storytelling Somekind Of Monster.

La délicatesse de l'Orchestre symphonique de San Francisco

Les 21 et 22 avril 1999, Metallica partage la scène avec l'orchestre symphonique de San Francisco pour jouer nombre de ses plus grandes chansons. Évidemment, elles sont ré-arrangées pour l'interprétation spéciale avec l'orchestre et le groupe compose même deux chansons inédites pour être jouées avec l'orchestre : "-Human" et "No Leaf Clover".

Un CD et DVD live, intitulés tous deux S&M, sortent pour immortaliser cet événement. On note au passage que l'orchestre symphonique de San Francisco est alors dirigé par le regretté Michael Kamen, compositeur de musiques de films et collaborateur de nombreuses légendes du rock dont Pink Floyd, Aerosmith et David Bowie entre autres. Il avait déjà travaillé avec Metallica pour l'enregistrement de leur hit de 1991, la balade "Nothing Else Matters". Kamen décède en 2003 des suites de sa sclérose en plaques.

Ci-dessous, découvrez la chanson "No Leaf Clover".

La voix de papier de verre de Marianne Faithfull

Deux ans plus tôt, en 1997, Metallica sort l'album ReLoad. Malmené par la critique, le disque a tout de même la particularité intéressante de comporter une chanson en duo avec la chanteuse britannique Marianne Faithfull. Sa voix de fumeuse invétérée, qui peut s'entendre dans les choeurs à la fin de la chanson, est souvent reprise en choeur par les fans lors des concerts de Metallica.

La légende Queen

Metallica a beau avoir commencé sa carrière en jouant du grand méchant thrash metal, les membres du groupe n'en sont pas moins des inconditionnels de rock. Fans des Misfits, de Motörhead et de Queen, ils ont pu accomplir un rêve en avril 1992 lors du Freddie Mercury Tribute Concert lorsque le groupe, invité pour l'occasion, s'est fendu d'un mini-concert de trois chansons devant la foule du Wembley Stadium de Londres.

James Hetfield a même emprunté le poste de Freddie Mercury le temps de reprendre la chanson "Stone Cold Crazy" avec les membres restant de Queen et l'immense guitariste de Black Sabbath, Tony Iommi.

Par Théo Chapuis, publié le 08/01/2014

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