Interview : Melody's Echo Chamber, la douce mélodie

C'est une charmante et détendue Melody que l'on a retrouvée au This Is Not A Love Song Festival, ce tout nouveau festival de rock indé qui a eu lieu fin mai à Nîmes. Avec elle, on discute de David Lynch, de musique turque et de méditation transcendantale.

Après une formation au conservatoire classique d'Aix pendant douze ans, Melody Prochet se lance dans la musique avec My Bee's Garden. Dans cette continuité, elle officie désormais sous Melody's Echo Chamber, pop expérimentale et psychédélique. Révélée avec son premier album éponyme fin 2012, elle continue sa douce ascension.

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Konbini : Comment a eu lieu ta rencontre avec Kevin Parker [leader du groupe Tame Impala et actuel copain de la belle, qui a notamment collaboré sur son album - ndlr] ?

Melody : On s'est rencontré il y a deux ans et demi déjà, au premier concert de Tame Impala à Paris. Je venais juste d'écouter leur album, et je me suis prise une des plus grosses claques en live. Je n'avais jamais entendu un tel son de guitare. Il fallait absolument que je sache quel était ce son car je peux être un peu nerd à ce niveau-là, vu que je suis passionnée de production. Après le concert, les membres du groupe sont allés au Motel, le bar local où je vais souvent, pour leur aftershow. J'ai donc posé la question à Kévin. Il ne m'a pas dit quel était ce son, mais on pu parler de production, de pédales d'effets... J'ai fini par lui donner mon CD de My Bee's Garden, il m'a recontacté par la suite et nous a proposé une tournée européenne. Ça a évolué comme ça, tout naturellement.

K : Cette sonorité très psychédélique et aérienne dans tes chansons, c'était la direction musicale voulue ?

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M : Avec Kévin, on se rejoignait sur pas mal d'influences. Lui a un passé musical rock psyché et moi plutôt pop hypnotique. Mais il avait déjà ses nuages de sons que j'adore et que je vouais explorer. Il m'a vraiment aidée à explorer ma musique. Je suis allée dans son studio à Perth pendant deux mois, il était souvent en tournée donc je testais seule ses installations. Je ne savais pas trop comment m'en servir, mais je branchais juste ma guitare et ça donnait des sons un peu fous comme sur la chanson "Some time alone, alone". On a vraiment privilégié les premières prises, les accidents, la spontanéité, la fraîcheur, les aspérités. Tout était très naturel et organique.

Melody's Echo Chamber - Some Time Alone, Alone

K : Quelles sont tes influences ?

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M : J'ai beaucoup de coups de cœur. J'ai écouté pas mal de musique éthiopienne, de la musique turque psyché des années 70, du rock, de l'électro... j'aime tout. J'ai également des influences cinématographiques avec David Lynch, Liakazan, Rafulzkhan, ou encore Chabrol avec Que la bête meure, mon préféré. Tout ce qui m'inspire une réactivité émotionnelle forte.

K :  Qu'est-ce qui est le plus important pour toi sur scène?

M : Ce que je recherche sur scène c'est qu'une magie se crée. Pour cela, il faut un milliard de conditions : la scène, le public, l'endroit... C'est assez rare, ça ne m'est arrivé que trois fois à Brighton, Londres et lors de mon premier concert à la Maroquinerie à Paris. Mais quand cette magie se crée, c'est ce qu'il y a de plus beau.

K : Pour ceux qui ne t'ont jamais vu en live, c'est comment ?

M : C'est assez classique parce qu'on n'a pas de budgets pour faire des supers visuels psyché. C'est assez minimal aussi, mais j'aime bien, les gens perçoivent bien cette énergie, la magie qu'il y a entre nous. Enfin je pense, j'espère. Le truc le plus frustrant pour un artiste c'est qu'on ne se voit pas, donc c'est à vous de nous dire ce que ça donne !

K : Que testes-tu en ce moment en dehors de la scène ?

M : En ce moment, je fais de la méditation transcendantale. J'ai lu ce petit bouquin de David Lynch Catching the big fish qui m'a ouvert l'esprit. Il y explique comment la méditation transcendantale a fait évolué sa créativité, sa conscience, et l'a aidé à gérer ses colères et frustrations. Je sens qu'en ce moment j'ai besoin de ça. Ça a eu une répercussion sur les concerts ou j'essaye d'être un peu plus sereine mais les soundcheck par exemple, c'est très dur à gérer pour moi au niveau du stress. J'essaye de méditer un peu avant les concerts du coup, ça sonne un peu cliché mais ça marche pour moi.

K : Un futur album ?

M : Ce serait un disque un peu plus sombre. J'ai déjà 10 morceaux jusqu'ici, je suis hyper excitée.

 

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Par Solenn Cordroc'h, publié le 21/06/2013

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