La maison de Ian Curtis de Joy Division bientôt transformée en musée

La maison de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division mort en 1980, va être transformée en musée après son rachat par un fan du groupe.

iancurtis

Ian Curtis de Joy Division

"Cottage de caractère à double façade. Deux salles à manger, deux chambres doubles et un jardin partagé. Prix: 115 000 £." En février dernier, une anonyme maison de Macclesfield, une petite ville au nord de l'Angleterre, est mise en vente sur le site de vente immobilière Rightmove. L'ancien propriétaire de cette maison : Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, qui y vécut avec sa femme Deborah et sa fille Natalie... et s'y donna la mort, en 1980, âgé de 23 ans.

Publicité

Après cette mise en vente, la communauté de fans du chanteur se mobilise pour tenter de la racheter, dans le but de la transformer en musée à l'effigie du chanteur. Un crowdfunding est créé sur la plateforme Indiegogo, avec l'espoir de réunir 150 000 livres. À la fin des 30 jours nécessaires à la collecte, le butin s'élève à... 2000 livres. Raté. C'est alors qu'intervient Hadar Goldman, musicien et entrepreneur, également fan de Joy Division.

Touché par l'initiative de crowdunfing manquée, il décide de racheter la maison sur ses propres frais. Celle-ci étant déjà en cours de vente, le philanthrope doit alors débourser 75 000 livres supplémentaires en compensation. Contacté par le Guardian, il ne regrette rien :

Bien que j'aie payé près de deux fois le prix de vente initial, j'ai senti que je devais m'impliquer, d'autant plus après avoir vu les fans échouer à réunir les fonds nécessaires au rachat d'une maison habitée par l'un des héros musicaux de ma jeunesse.

Publicité

Crainte d'un "monument dédié au suicide"

Si certains anciens membres du groupe, comme Peter Hook, applaudissent cette initiative, d'autres s'inquiètent du message que fera passer le musée. C'est le cas du guitariste Bernard Sumner, qui craint de voir la maison transformée en "monument dédié au suicide". Il est vrai qu'au vu du caractère de Curtis, dépressif et épileptique, il semble difficile de lui associer un musée à l'atmosphère légère et insouciante.

Dans le film Control, belle biographie du chanteur réalisée par Anton Corbijn et sortie en 2007, c'est cette même maison qui est utilisée pour illustrer les scènes de vie familiale du chanteur – et, à dire vrai, le film ne respirait pas la joie de vivre. Cela dit, l'héritage musical laissé par Ian Curtis, inestimable, mérite bien de retrouver son écrin d'origine.

Par Thibault Prévost, publié le 22/05/2015

Copié

Pour vous :