Mac Miller / Instagram

Les derniers mots de Mac Miller sur sa dépression

Dans une interview accordée peu de temps avant sa disparition, le rappeur évoquait avec une certaine clairvoyance sa santé mentale.

(© Mac Miller/Instagram)

"Je veux pouvoir passer de bons jours et de mauvais jours." C’est avec ces mots que Malcolm McCormick, alias Mac Miller, prenait le temps d’expliquer ses tourments au magazine Vulture en août dernier. Quelques semaines avant l’overdose qui lui fut fatale, le rappeur originaire de Pittsburgh livrait son interprétation de la célébrité avec tout ce que cela implique :

Publicité

"Il y a de la pression. À beaucoup de reprises dans ma vie j’ai utilisé cette pression pour me maintenir à la hauteur et correspondre à l’image que je me faisais de moi ou à celle que les autres avaient de moi. C’est ce qui crée de la pression. […] Vous devez avoir votre propre réalité et c’est ce qui doit être le moteur de votre vie."

Son moteur à lui, c’était de vouloir vivre simplement, de se laisser porter par le temps et accepter les joies comme les tristesses.

"Je ne voudrais pas juste du bonheur. […] Et je ne veux pas que de la tristesse non plus. Je ne veux pas être déprimé. Je veux pouvoir passer de bons jours et de mauvais jours. Je me réveille parfois et je me dis : 'Je vais essayer de ne pas faire de la merde.' Et puis d’autres jours, je me réveille et je me sens sur le toit du monde."

Publicité

Dans son dernier album Swimming, Mac Miller expose sans filtre ses pensées les plus profondes, notamment les plus sombres. Dans "Hurt Feelings", on peut même entendre le rappeur apparenter son succès à une forme d’autodestruction :

"J’en mets trop sur mes épaules, s’il vous plaît retenez-moi,

Je garde ma tête en dehors de l’eau,

Mes yeux s’agrandissent donc le monde rapetisse

Je suis devenu plus riche mais ça m’a juste rendu plus fou,

Maman m’a dit que j’étais différent même quand j’étais bébé."

En marge de la sortie de son album GO:OD AM alors qu’il répondait aux questions du célèbre Larry King, Mac Miller assurait que sa popularité croissante grandissait en même temps que sa dépression. Un phénomène qu’il explique ainsi : "La célébrité, c’est piégeux parce que tu lis ce qu’on dit sur toi, toi tu connais la vérité, et la ligne commence à se brouiller."

Publicité

Un piège qui, selon lui, a commencé à se refermer sur lui dès l’âge de 18-19 ans. Comme il l’explique à Larry King, la dépression s’est amplifiée lorsqu’il était en quête de sa propre identité, alors qu’il venait de sortir ses premiers gros succès comme "Nike’s on my Feet" ou "Knock Knock" et qu’il faisait face à ses premiers "problèmes de drogues".

Aujourd’hui, et après des "problèmes de drogues" qui ne se sont visiblement jamais arrêtés, Mac Miller n’est plus, mais laisse derrière lui une discographie d’une rare qualité pour un artiste de 26 ans.

Réécoutez son dernier album Swimming, sorti tout juste un mois avant sa disparition.

Publicité

Par Henri Margueritte, publié le 10/09/2018

Copié

Pour vous :