L'Université de l'Arizona offre des cours de hip-hop

Un cours sur la culture hip-hop qui évite les clichés et qui serait enseigné à l'université : voilà l'idée d'un prof français aux États-Unis.

La plupart des gens considèrent New York et Los Angeles comme les centres névralgiques du hip-hop. Pourtant, comme il est rapporté dans le Los Angeles Times, c'est à Tucson, dans l'État de l'Arizona, que le genre musical va faire son entrée dans le sacro-saint monde de l'enseignement. Des cours optionnels ("minor") font en effet être offerts à des étudiants. Le hip-hop considéré comme une matière secondaire aux États-Unis ? Ce sera désormais possible.

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Derrière cette nouveauté, il y a l'Université de l'Arizona, qui a récemment rajouté cette matière secondaire à un ensemble de cours intitulés Africana Studies. L'idée : donner un semblant de sérieux à un sujet qui n'a jamais été introduit dans l'enseignement américain. Tout comme le rock est entré dans les universités américaines (on peut par exemple citer l'histoire du rock à l'Université de l'Indiana), la culture hip-hop, 40 ans après avoir émergé dans le quartier du South Bronx à New York, pourra enfin être transmise à l'école.

Un cours proposé par un Français

Et c'est un Français, Alain-Philippe Durand, directeur intérim de l'Africana Studies et professeur de français à l'Université de l'Arizona qui est à l'origine du projet et de son intégration dans un ensemble de cours, bien que les cours de hip-hop ne soient pas nouveaux : l'Université de l'Arizona en propose depuis 2004.

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Comme le précise le Los Angeles Times, un cours de "cinéma hip-hop" au printemps dernier a trouvé ses élèves en quelques heures. Alain-Philippe Durand est conscient de l'impact du hip-hop dans la conscience collective :

Le rap et le hip-hop en général sont devenus très populaires dans le monde entier. La principale raison, c'est parce que cela concerne n'importe quelle discipline, n'importe quel aspect de la société.


Steven Pond, un professeur associé et un spécialiste de la question du hip-hop, est ravi de cette opportunité :

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C'est un développement prometteur et excitant. L'idée de reconnaître l'impact profond du hip-hop dans de nombreux domaines et à travers les cultures. Je pense que c'est un développement positif pour que le hip-hop entre dans les université, même si on a une décennie et une génération de retard.

Écouter du Jay Z ? Pas vraiment

Selon Alain-Philippe Durand, il ne faut pas que les élèves qui choisiront le cours sur la culture hip-hop s'attendent à passer leur temps à écouter du Jay Z et avoir de bonnes notes, facilement. Car les cours porteront en profondeur sur une culture hip-hop méconnue dans les médias, au-delà des stéréotypes sur les clichés, la drogue et les gangs.

L'objectif selon le professeur de français sera d'aller à la croisée des chemins, entre la politique, le marketing, la mode et d'autres disciplines. Car comme il le précise, l'idée lui est venue alors qu'il s'est rendu compte, avec d'autres professeurs, que le hip-hop pouvait autant être examiné à travers les films, la musique et d'autres domaines. Il faut dire que le Français a réalisé en 2002 un essai intitulé Black, Blanc, Beur. Rap Music and Hip-Hop Culture in the Francophone World Scarecrow (Press, 2002).

Source : Los Angeles Times

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Par Louis Lepron, publié le 16/01/2013

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