Cette lettre est à l'origine de 2001 : l'Odyssée de l'espace

Le chef-d'oeuvre 2001 : l'Odyssée de l'espace n'est pas seulement né de l'imagination d'Arthur C. Clarke et de Stanley Kubrick. Son origine remonte aussi à une lettre.

Quel peut-être l'origine d'un film ? Une idée soudaine alors qu'on prend une douche ? Un livre, au hasard d'une pile, qui tombe sous la main ? Pour Stanley Kubrick, c'est autre chose. La deuxième moitié des années 60 va se résumer à un chiffre et trois mots : 2001 : l'Odyssée de l'espace. Du 29 décembre 1965, date à laquelle le tournage du film va commencer, jusqu’à l’avant-première en avril 1968 à New York, le cinéaste va faire de ce futur chef-d'oeuvre une immense épopée, la sienne.

Et tout commence un 31 mars 1964. Ce jour-là, le cinéaste britannique qui vient tout juste de sortir dans les salles américaines son troisième long métrage Docteur Folamour, envoie une lettre au romancier Arthur C. Clarke. Voici ce qu'on peut lire dans ces deux pages écrites à la machine, repérées par BFI et relayées par Rockyrama :

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Cher Monsieur Clarke :

Voilà une étrange coïncidence que notre ami en commun Garas vous ait mentionné dans une conversation que nous avions à propos d'un téléscope Questar [une entreprise américaine concevant des appareils d'optique, notamment dans le domaine spatial, ndlr]. J'ai toujours été un grand admirateur de vos livres et j'ai toujours voulu discuter avec vous de la possibilité de faire un "très bon" film de science-fiction.

Stanley Kubrick énumère alors trois raisons qui le poussent à vouloir s'attaquer à des récits futuristes :

1. Les raisons qui croient en l'existence d'une vie extraterrestre intelligente.

2. L'impact (et peut-être aussi le manque d'impact à certains endroits) qu'une telle découverte aurait sur la Terre dans un futur proche.

3. Le parcours d'un vaisseau spatial, son atterissage ainsi que son exploration de la Lune et de Mars.

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Première page de la lettre du réalisateur Stanley Kubrick au romancier Arthur C. Clarke

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Deuxième page de la lettre du réalisateur Stanley Kubrick au romancier Arthur C. Clarke

Huit jours plus tard, Arthur C. Clarke répond, ravi du rendez-vous que lui propose le cinéaste britannique. Il explique notamment son amour pour un film de Kubrick :

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De mon côté, je meurs d’envie de voir le Docteur Folamour, Lolita est l’un des rares films que j’ai vu deux fois. La première pour l’admirer et la seconde pour comprendre comment il était fait.

La suite donnera lieu le 21 avril 1964 à une rencontre entre deux passionnés de science-fiction au Plaza Hotel à New York, et quatre ans plus tard à 2001, l'Odyssée de l'espace. Un film inspiré d'une nouvelle d'Arthur C. Clarke, La Sentinelle (1951), qui aura aussi nourrit un nouveau roman, intitulé lui aussi 2001 : l'Odyssée de l'espace (1968).

Parmi les centaines de clichés pris lors du tournage, une photo illustre la collaboration du cinéaste et du romancier. Au premier plan Arthur C. Clarke, en arrière-plan Stanley Kubrick.

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Arthur C. Clarke au premier plan, Stanley Kubrick au fond

Arthur C. Clarke au premier plan, Stanley Kubrick au fond

Par Louis Lepron, publié le 08/12/2014

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