Le leader et chanteur des Vampire Weekend (Crédit Image : Louis Lepron)

Les Vampire Weekend sont-ils en dépression nerveuse ?

Récit de mes retrouvailles en deux temps avec les Vampire Weekend : l'écoute de l'album puis le concert au Casino de Paris le 28 mai. 

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Les Vampire Weekend au Casino de Paris le 28 mai (Crédit Image : Louis Lepron)

Vampire Weekend a donc sorti un nouvel album le 14 mai 2013. Excitée à l’idée d’y retrouver un peu de mon premier amour et de réveiller mes souvenirs de vacances qui commencent à dater, je propose à mes “camarades de classe” de l’écouter pendant notre cours de créativité graphique.

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Phase 1 : l'écoute de Modern Vampires of the City

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Malgré des personnalités antinomiques, pour la fan-de-Shy’m -assumée, comme pour le beau-gosse-un-peu-DJ-qui-dort-souvent-en-classe, c’est ok. Le prof, quant à lui, s’extasie devant la pochette dans un « prenez-en de la graine, bizuts » lourd de sous-entendus.

À la troisième chanson, "Step", une nana quitte la salle en larmes, épaulée par sa voisine attentive. True story. On ne peut certes pas établir de lien direct entre ses sanglots et la bande sonore, mais quand même.

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Il est vrai que le "Top 3" de mes pensées pendant cette première écoute était :

  1. « ma vie sentimentale craint/n’existe pas »;
  2. « un orage en mi-mai, sérieusement ? »;
  3. « je mangerais bien sucré/gras/au chocolat ».

Phase 2 : le concert au Casino de Paris

C’est donc avec l’angoisse de ressortir le cœur à l’envers que je me suis rendue à leur concert mercredi 28 mai au Casino de Paris. La première partie passée, Ezra Koenig gagne la scène, gendre idéal for life dans sa chemise blanche. Première chanson qui entame le set : "Cousins". Résultat ? Lib dub quasi-permanent du public et zygomatiques hyperactifs. Rien à voir avec l’open Kleenex redouté.

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Les Vampire Weekend au Casino de Paris le 28 mai (Crédit Image : Louis Lepron)

Le groupe réussit à contrebalancer la mélancolie des titres de Modern Vampires of the City grâce à une setlist rétrospective et bien pensée : 19 chansons en tout dont huit du dernier album, quatre de Contra, quatre de Vampire Weekend et un morceau tiré d’aucun opus, pour un final reconnu par quelques fiers aficionados du groupe. La prestation est épurée et l'ambiance est bon enfant, en adéquation avec la musique qui sent le sable et la bière.

Partie 3 : conclusion et prise de recul

Depuis les flirts sur le campus et les minettes de Cape Cod, les vampires modernes ont manifestement connu quelques remises en question. Ils n'en restent pas moins brillants et ont prouvé via ce concert la cohérence de leur répertoire. Leur évolution s'illustre d'ailleurs par les pochettes de leurs albums, toutes caractérisées par un cadre blanc et le nom du groupe dans une typographie assortie : sur le premier, la lumière est chaleureuse et on devine des fronts féminins.

Les Vampire Weekend au Casino de Paris le 28 mai (Crédit Image : Louis Lepron)

Sur le deuxième, une fille - qui doit ressembler pas mal à celle qui a fait bader Ezra - nous fixe, ni heureuse ni triste. Enfin, sur le dernier, il s'agit d'une photo en noir et blanc d'un nuage de pollution qui a fait 169 morts. Snif. Avant de leur diagnostiquer une dépression nerveuse, on peut aussi admettre qu'ils ont grandi. Et c'est un grand pas pour une formation qui en est à son troisième essai.

Par , publié le 31/05/2013

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