Les DJs allemands tempêtent contre la GEMA, SACEM locale

La fronde s'organise en Allemagne quant à la nouvelle taxe proposée par l'organisme GEMA (équivalent allemand de la SACEM). Son objet ? Taxer les chansons présentes sur le disque dur des DJs à hauteur de 13%. 

GEMA

Comme la SACEM (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique), la GEMA (l'équivalent allemand) a pour objet de percevoir les droits sur la diffusion de la musique enregistrée dans le but de le reverser aux artistes, en direct.

Publicité

Ainsi à chaque fois qu'un disque est acheté, qu'une chanson est diffusée dans un contexte public (bars, manifestation X ou Y), une taxe est versée à l'organisme. Dans le premier cas c'est l'acheteur qui est ponctionné, dans le second l'organisateur qui est sommé de payer selon un système de licence. Jusque-là, rien de neuf sous le soleil.

13 Centimes par chansons

La nouveauté de la taxe proposée par la GEMA (dont le projet a été annoncé le 1er avril dernier) est que cette-fois ci les DJs sont imposés. A hauteur de 13 centimes par chanson possédée sur le disque dur pour le régime général, 125€ pour une collection de 1000 chansons (50€ supplémentaires pour 500 chansons). L'addition risque d'être salée.

Et comme on l'a dit la résistance s'organise : 100 DJs ont manifesté devant les locaux de la GEMA à Dortmund, plus de 500 à Munich à l'appel du Parti pirate.

Publicité

Mais outre cette contestation politique, l'action des DJs se meut également en une critique du système de taxation. Le montant d'abord, jugé prohibitif connaissant la discothèque numérique imposante des disc jockeys.

Le DJ berlinois Oliver Koletzki commente :

Publicité

En principe, je suis pour la notion du copyright mais aussi l'exploitation de la distribution et des performances live. Cependant je pense que le taux de 13% est trop élevé.

Paiement en trois fois

Pour d'autres c'est le principe même de cette taxation qui doit être discuté. D'abord parce qu'au travers de cette nouvelle mesure c'est l'incapacité du système en entier à redistribuer justement le butin de la musique qui semble être souligné.

Michael Mayer, DJ et co-fondateur du célèbre label Techno Kompakt, s'interroge :

Publicité

C'est tout simplement scandaleux que l'argent généré par les DJs ne soit pas attribué aux musiciens dont la musique est jouée en club. C'est pour tout cela que je suis suspicieux sur ces nouveaux taux qui sont totalement absurdes et n'ont pour but que de remplir les poches des artistes les plus célèbres enregistrés au GEMA.

Michael Mayer

A cette requête, Franco Walther porte-parole de l'organisme allemand s'acquitte d'une réponse :  pas d'inquiétudes à avoir, mais fermeté de rigueur.

Les DJs doivent s'enregistrer à la GEMA et payer des frais pour leurs copies. S'ils ne le font pas, ils sont susceptibles d'avoir à payer des frais excédant de près de 100% la taxe.

Outre cette précision, Carba Kroll, organisatrice du congrés des DJ à Dortmund rappelle que selon cette architecture,  l'organisme perçoit trois fois la taxe dont l'objet est de protéger et de rémunérer la création : au moment de l'achat, de la diffusion et maintenant à partir des DJs.

Une mesure qui aura une conséquence simple selon Markus Zeider, DJ de Dortmund :

A partir de maintenant, les DJs joueront davantage sur CD ou vinyles car ils ne vondront pas s'acquitter de ces droits supplémentaires.

Source : Skeuds // Billboard

Par Tomas Statius, publié le 11/04/2013

Copié

Pour vous :