Villette Sonique : take a walk on the wild side (Crédit : détail affiche édition 2013)

Guide : La Villette Sonique ce week-end, pas à pas

7 ans que la Villette Sonique fait swinguer Paris avec un seul mot d'ordre : l'éclectisme. Le festival revient du 23 au 26 mai pour trois journées de musique sous toutes les formes. A quoi bon énumérer les genres ? Un seul dénominateur commun à cet incontournable festival : l'exigence. Si vous êtes tout de même un peu perdu dans la jungle des sons, Konbini sera votre lumière.

Villette Sonique : take a walk on the wild side (Crédit : détail affiche édition 2013)

"On a une approche de la musique qui est plurielle", confiait le programmateur Etienne Blanchot à nos confrères de The Drone dans une interview en 2011. "Notre truc, (...) c’est d’essayer d’ouvrir notre horizon et celui des autres, en faisant partager des coups de cœur récents, tout en faisant revenir des gens qui ne sont plus au cœur de l’actualité, mais qui ont fait de choses importantes, pour que le lien se fasse", poursuivait-il.

Publicité

Voilà. Après ces quelques mots, qu'ajouter de plus sur la Villette Sonique de Paris ? Tout semble avoir été dit ici. On ne peut qu'insister, en fait. Et vous confirmer que le festival mélange la crème des artistes indé les plus excitants d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Tout simplement.

Voici un petit guide non exhaustif de la rédaction de Konbini à l'attention des potentiels festivaliers.

Jeudi 23 mai, prélude à la tempête

Jandek est l'archétype du chanteur maudit. Déjà parce qu'il est anonyme. Ça joue. Aussi parce que sa musique est passionnante tout autant que dissonante, à la manière de la bande-son feutrée d'un entre-deux mondes. Spectral et chargé, son concert exclusif joué ce jeudi devrait en faire frissonner plus d'un. Il foulera les planches du Cabaret Sauvage avec Mendelson, vétéran du rock français et consacré en 2008 par une critique unanime pour son disque Personne ne le fera pour nous. Sinon, dès leur premier album Mendelson était beau.

Publicité

Vendredi 24 mai, le début des hostilités

Soirée états généraux du rock à la Grande Halle de la Villette. Dès 19h30, c'est Crâne Angels, membres du collectif ICEBERG  (JC Satan, Petit Fantôme, Lonely Walk, etc...) qui feront retentir les premiers larsens de l'édition. Du garage rock frais, éclectique et populaire. Comme une invitation à danser avec des squelettes.

On ne peut évidemment que se réjouir de la présence d’Unknown Mortal Orchestra. Une mignonne pop psyché/lo-fi qui en réjouira plus d’uns passé l’heure de l’apéro. Le coup de maître de ces mecs de Portland et d’Auckland, s'il n’était pas musical, serait cette superbe pochette, celle de leur premier album, éponyme, sorti en 2011. Ciel bleu, arbres morts et intrigant monument de fer érigé en haut d'une colline : le Petrova Gora Monument.

Publicité

Et bim. (Crédit : Unknown Mortal Orchestra)

Un édifice qui durant la Guerre Mondiale volume II servait d'hôpital aux résistants croates avant de devenir le mémorial dédié à ces mêmes combattants. Si les nazis n'y eurent jamais accès, les autorités locales l'ont pourtant démantelé il y a de ça deux ans. Plutôt moche. On se console en allant écouter religieusement UMO.

Véritables stars de la journée, les Flaming Lips sont vite devenus les papes du psychédélisme dans les 80's. Après trente ans de carrière, ils sont restés l'un des rares groupes à distiller un rock toujours en mouvement, à la recherche des sons, inlassablement, partout où ils sont tapis. Eclectiques, distingués et loin d'être largués, ils enflammeront lèvres, coeurs et oreilles à la fois. À ne pas rater sous peine de combustion spontanée.

Publicité

La même soirée, le Cabaret Sauvage accueillera la Comeme Night, grand messe electro à l'honneur du label du même nom. Début 23h, fin au petit matin. Il est encore temps de prévenir votre patron que votre mère se fait enterrer demain. Daniel Maloso, Alejandro Paz, Philip Gorbachev et Matias Aguayo s'enchaîneront aux platines tout au long d'une nuit qui promet, ben oui, d'être caliente.

Electro de cave

Si vous préférez les ambiances plus fraîches, le Grenoblois Somaticae vous en fera voir de toutes les couleurs (enfin... surtout du noir et du blanc en fait) avec ses improvisations électroniques entre transe et bruitisme.

Et comment ne pas être interpellé par le nom Vatican Shadow ? L'avatar de DJ Dominick Fernow distillera son electro dark et industrielle dans une ambiance de cave. Par ailleurs, saviez-vous que le Caire était une ville hantée ? Ces deux-là terroriseront le WIP Villette dès 20h.

Samedi 25 mai, au coeur des choses sérieuses

Samedi, les concerts en plein air de l'après-midi commencent à 14h30 avec Chris Cohen, digne héritier pop de Captain Beefheart et Syd Barrett. Puis les choses se corsent avec le rock indé de Dope Body, bien plus branché RATM et Fugazi que gloires du rock sixties. Avec ce quatuor from Baltimore, réveillez le noiseux qui est en vous et tannez le cuir qui vous sert de tête.

Puis ça s'emballe. Entre la musique compliquée et savante de David Fenech et le mix foutraque et hédoniste de DJ Harvey, ne cherchez pas spécialement de points communs. Si ce n'est celui de vous embarquer dans leurs mondes bien à eux avant l'événement The Ex & Brass Unbound, soit un coït musical culotté entre des papas du punk et les cuivres d'un brass band. Ça va chauffer à la Prairie du Cercle Sud.

Si tout ça va trop vite pour vous, préférez aux keupons cuivrés la très attendue affiche de la Grande Halle, où le tryptique Neurosis, Swans et Master Musicians Of Bukkake vous en mettra plein... la face (trop facile, celle-là). Les sons seront dangereux, saturés, remplis de drones menaçants et de rythmiques tribales annonçant une messe noire où sacré et profane se confondront le temps d'une soirée magique.

Au fait, ce sera la pleine lune.

Dimanche 26 mai, la banane aux lèvres et les oreilles en vrac

A ce point-là, normalement, le réveil commence à être un peu difficile. Qu'à cela ne tienne. Pour le premier artiste de la journée, le communiqué nous promet "un mix entre cold wave perse et acid house". Avouez que c'est trop étrange pour ne pas nous exciter. Le show donné par Baris K, le DJ d'Istanbul qui ouvrira les hostilités dimanche après-midi à 14h15, mettra un point d'honneur à faire shaker des booties, et ce même aux plus occidentaux d'entre vous.

On les a vus ouvrir pour Kickback, reprendre le culte "Dunkelheit" de Burzum et jouer avec des tas de symboles ésotériques... JC Satan est pourtant à des lieux d'un groupe de metöl puisque son surf rock halluciné ferait danser à peu près n'importe quoi. Et danser, vous n'avez pas fini. Puisque Bambaataa déboulera toutes basses dehors pour un set transgenre et débridé. A partir de 16h45 ce dimanche de mai, le Jardin des Îles n'aura jamais aussi bien porté son nom.

Ses fans se nomment Beck, les Residents et The Roots (avec qui il a collaboré). L'étrange Gary Wilson et son groupe, The Blind Dates, vous feront découvrir leur monde étrange et hybride, funk et dingo, non loin de là où l'a laissé un certain F. Zappa.

Une très bonne mise en jambe pour la musique de Space Dimension Controller. SDC, signé sur le label R&S (James Blake, Blawan, Vondelpark) sera votre guide dans un voyage interstellaire convoquant synthpop et electronica à la sauce Hawkwind.

Puis place à Daphni, avatar technoïde et cérébral de Dan Snaith, plus connu sous son nom d'emprunt Caribou. La musique électronique savante de cet ancien prof de maths devrait séduire même les plus réfractaires aux matières scientifiques.

Du hip-hop, il y en aura aussi. Et du bon. Qu'attendre, aussi, d'un mec qui a tourné avec Death Grips, écouté GG Allin et grandi à New York ? Du talent, petit. Du talent. Et une grosse présence scénique. C'est exactement le programme que Mykki Blanco vous réserve à partir de 18h30 au Jardin des Îles.

Sous la Grande Halle de la Villette, les dernières décharges électriques du festival seront aussi les plus radicales. Au programme de la soirée, Jesse Boykins III, chevelu chanteur d'un R'n'B talentueux et décomplexé. La soul, la vraie, est tapie dans l'ombre. On est chaleur d'avance.

Puis Jackson & His Computer Band et son approche "dada disco" vous montreront de quel bois il se chauffe. Distorsions avant-gardistes, rythmiques piégeuses et beats du futur au programme.

La soirée termine avec TNGHT, soit l'alliance maléfique de deux surdoués du hip hop : Lunice et Hudson Mohawk. Encore une réussite signée Warp Records (Battles, !!!, PVT... la liste est longue) mélangeant bass music, hip hop tordue et grooves épiques. Comme quoi on peut produire Azealia Banks et être courtisé par Kanye West sans pour autant vendre son âme au diable. Bon. Mais alors pour très très cher.

Vous n'avez plus qu'à courir vous jeter corps et âme à la Villette Sonique. Une dernière mise en garde cependant. Reprendre une activité sociale et professionnelle normale après la Villette Sonique peut s'avérer un combat de chaque instant. Vous voilà prévenus.

Réservations

Via internet: www.villette.com

Par téléphone de 9h30-18h30 : 01 40 03 75 75

Sur place : Folie Information (à la sortie du métro Porte de Pantin) lundi au samedi de 11h à 18h30

Se rendre au festival

Métro : Ligne 7 (Porte de la Villette) et Ligne 5 (Porte dePantin)

Bus : Porte de Pantin : lignes 75, PC ou Porte de la Villette : lignes 75, 139, 150, 152 et PC

Plan du site de la Villette Sonique (Crédit : Villette Sonique)

On vous conseille également :

Par Théo Chapuis, publié le 23/05/2013

Copié

Pour vous :