Live Report : la fille du Weather Festival

Tout commence avec un texto d'une fille qui me sommait de la rejoindre au Weather Festival. D'abord à la Machine du Moulin Rouge pour la soirée SNTWN, puis le lendemain au Palais des Congrès de Montreuil pour le début des festivités. Konbini vous raconte comment s'est déroulé le plus gros festival techno de Paris.

weather festival

(Crédit Image : Sylvain Di Cristo)

Vendredi 17 mai : SNTWN @La Machine du Moulin Rouge

Devant l'entrée de la boîte flottait déjà une atmosphère de vendredi soir plus pétillante que d'habitude : l'évènement techno parisien le plus attendu de l'année commençait, et les festivaliers comptaient bien le vivre à fond.

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Après quelques tours de chauffe dans les différentes salles de la Machine, une communauté de personnes enfin soulagées d'être au 17 mai se formait. Plus les drops de basses des DJs s'étalaient dans la nuit, plus leurs cris s'intensifiaient. Entre appels manqués et pannes de réseau, je voyageais de salle en salle à la recherche de cette fille qui m'attendait. Je m'arrêtais sur la house noire de DJ TLR, l'acid rapide d'HTTP ou sur la techno dure et caverneuse de Blawan. Je ne l'ai pas trouvée de la soirée, mais je me rattraperai demain.

Blawan @La Machine du Moulin Rouge (Weather Festival)

Samedi 18 mai : Main Event @Montreuil

Ce samedi 18 mai était pluvieux, mais les festivaliers postés dans la queue du Main Event à Montreuil en avaient décidé autrement. Ici, il faisait chaud, électrique, et la file d'attente qui commençait dès la sortie de la bouche de métro était simplement irréelle. Pour ma part, je devais toujours retrouver cette fille qui m'attendait déjà à l'intérieur. Et vu l'orthographe de ses textos dès 17 heures, l'ambiance promettait déjà d'être assez folle.

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À peine entré, je me confrontais déjà au problème principal de ce Weather Festival : la chaleur. Non, elle n'était pas normale. Humide, étouffante, pégueuse, elle devint rapidement le sujet numéro un des longues files d'attente des vestiaires, des toilettes et des achats de jetons pour la nourriture et autres boissons.

Après une heure et demie de perdue dans les diverses queues, je pars enfin rejoindre cette fille, m'engouffrant dans une masse de gens torses nus et transpirants, mais aux visages marqués par la satisfaction.

(Crédit Image : Sylvain Di Cristo)

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Monstrueux

Et tout était très impressionnant : la quantité de personnes, l'immensité du lieu, le décor, l'ambiance et surtout le sound system développé pour l'occasion. Chaque beat se fracassait violemment sur nous ainsi que sur les murs du Palais des Congrès, faisant rentrer en vibration chaque élément qui composait le Weather Festival (canalisations, cintres des vestiaires, whiskys-cocas, nous-mêmes...).

C'était grandiose, dangereux même, mais personne n'allait s'en plaindre car nous étions tous venus pour ça. Pendant que je scrutais la foule agglutinée devant la scène, Robert Hood commençait à se mettre en jambes et je confondais cette fille avec toutes les autres.


Robert Hood @Weather Festival

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Un sauna

Toujours pas de réseau. Une chaleur persistante et des vagues de monde incessantes grignotaient petit à petit le peu d'air qu'il y avait. Pas de bol : je n'avais toujours aucune idée d'où se trouvait la fameuse fille qui ne répondait plus à son téléphone. Après une première bouteille d'eau et une bouffée d'air frais chopée dehors illégalement, je montais au deuxième étage pour approfondir mes recherches.

D'julz y terminait son set devant un parterre de monde ruisselant de sueur, bien pire qu'à l'étage du dessous. Toujours cette chaleurApparemment, un problème de climatisation... Mais peu importe, la basse était revenue.


D'julz @Weather Festival

Never stop

Les artistes s'enchaînent : Nina Kraviz rayonne, DVS1 et Polar Inertia écrasent cette ritournelle techno infatigable dans nos crânes, pendant que Margaret Dygas se déchaîne lors du dîner de 22h. Assis aux tables, les festivaliers discutent, remuent la tête, se détendent, boivent et sombrent.

Il n'y a aucun endroit pour se mettre à l'abri – ne serait-ce que pour quelques secondes – de l'excellente et incessante musique qui se diffuse. Pas même les cages d'escaliers boueuses dans lesquelles sont collés aux murs frais les plus fatigués des fêtards.

Moment de repos aux tables du Weather Festival (Crédit Image : Sylvain Di Cristo)

L'apothéose

Vers les premières heures matinales, les bars du Palais des Congrès arrivèrent à court de bouteilles d'eau ; pile au moment où Chris Liebing s'imposa comme le boucher de ce festival. L'apothéose de l'agressivité, de la violence et de la techno métallique, c'était lui. Et cette pénurie d'eau ne ralentie en rien la danse de ces 12 000 personnes complètement déchaînées.

Parmi ces personnes se cachait encore cette fille que je n'avais réussi à trouver. Ni sous le minable chapiteau-coin-fumeur, ni près de l'infirmerie débordée, ni dans la file d'attente interminable qui menait aux toilettes, ni même à côté du stand Tealer du deuxième étage. Et Chris Liebing nous achevait.


Chris Liebing @Weather Festival

Jolies surprises

Vers 4 heures du matin, l'osmose solidaire que le public avait réussi à créer grâce/à cause de ce problème de chaleur atteint son paroxysme. Puis le monde commença doucement à partir tandis que les survivants se dandinaient devant Len Faki au rez-de-chaussé, et les trois Roumains de RPR Soundsystem au-dessus.

C'est ici que je croisais le regard d'une fille aux grands yeux bleus qui me semblaient familiés : Lizzie Brocheré, actrice française de la série American Horror Story, m'expliqua en quoi ce festival mettait une claque à la triste réputation des nuits parisiennes.

RPR Soundsystem @Weather Festival (Crédit image : Sylvain Di Cristo)

FIN

À 6 heures du matin, le silence retentit. Enfin. Dernier grondement du public, je récupère ma veste (encore une demi-heure de queue) et me voilà dehors. On résume : treize heures de techno non-stop, une chaleur perpétuelle frôlant probablement les 40 degrés, et une recherche de cette fille que je devais rejoindre, en vain. Mais croyez-le ou non, c'était l'un des meilleurs festivals de ma vie.

Direction le métro. Finalement, je la croise sur la route, après un coup de téléphone. Enfin.

Par Sylvain Di Cristo, publié le 21/05/2013

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