Klaxons : "Notre prochain album s'appellera Fromage Frequency"

Le troisième album des Klaxons, Love frequency, est sorti le 16 juin. Pour l'occasion, nous avons rencontré ce groupe représentatif de la New rave pour une interview un peu barrée.

En 2007, les Klaxons sortent leur premier album Myths of the Near Future, qui les projette rapidement à la deuxième place des charts anglais avec des morceaux comme Magick et Golden Stank. Avec un univers bien à eux, les médias restent perplexes quant à l'étiquette qu'on pourrait leur attribuer.

Les Britanniques deviennent ainsi les précurseurs d'une nouvelle mouvance : la New rave (ou Nu rave), genre musical fusionnant aussi bien l'alternative rock, le hip-hop que l'électro. Quatre ans après Surfing the Void,  leur troisième album Love Frequency sort le 16 juin.

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(Crédit Image : Kim Jakobsen To)

De haut en bas : Jamie Reynolds, James Righton et Simon Taylor-Davis (Crédit Image : Kim Jakobsen To)

Interview express et légèrement barrée avec les membres du groupe : Jamie Reynolds, bassiste et voix aiguë, aussi le plus bavard, James Righton, chanteur et synthé, la belle gueule du groupe récemment marié à Keira Knightley, et puis Simon Taylor-Davis, le guitariste, plus réservé. Normalement il y a aussi Steffan Halperin aux percussions, sauf qu'il a été remplacé par un certain Georges sans qu'on ne sache vraiment pourquoi, sujet tabou apparemment.

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Konbini | Le nom New rave, ça a commencé par une blague, c'est ça ?

Jamie : Ouais à la base j'ai fait une blague à un de mes amis journalistes, j'ai changé le "w" dans New wave et ça a fait New rave. Il l'a écrit dans un article et c'est comme ça que tout a commencé et que sept ans plus tard ça continue à exister !

K | Justement, on n'entend plus trop parler de groupes comme Shitdisco ou New Young Pony Club ou Datarock, considérés aussi comme faisant partie de la New rave...

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Jamie : Certains groupes se sont écartés comme ceux que tu cites mais justement ce qui est formidable, c'est que ça a changé, ça s'est étendu ! Maintenant la New rave c'est plus Lady Gaga ou Katy Perry.

James : Ça continue à vivre, c'est formidable. Ça se passe plus dans la pop culture maintenant.

K | Vous mettez vos premiers albums dans la même catégorie que Lady Gaga ou Katy Perry ?

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Jamie : En fait, on a commencé en aimant quand les gens criaient soudainement. On a clamé faire partie de la New rave, mais après on s'est dit que c'était la pire des choses de l'appeler comme ça. Si quelqu'un te dit : "Je fais de la musique rave". T'as envie de lui répondre : "Qu'est ce qui ne va pas chez toi ?"

James : Ouais c'est un peu embarrassant comme mot, par très cool !

K | Du coup, ce serait quoi maintenant votre nouvelle étiquette ?

Jamie : On reste un groupe de pop subversive, mais maintenant on fait de la "dance music". On faisait déjà un peu de la musique pour danser dans nos premiers albums et justement les gens étaient perdus parce qu'on disait qu'on était une groupe "rave", donc associé aux rave party. On prenait les idées, les couleurs, on essayait de créer une fête à chaque fois qu'on jouait, mais c'était pas forcément toujours dansant.

K | Donc l'époque où vous vomissiez des trucs verts fluo dans vos clips est finie ?

James : Maintenant on fait des trucs encore plus fous que ça ! (Il montre une image du clip de There is no other time). Vraiment très bizarre.

Jamie : En fait on était déjà bizarres et on est en train de le devenir encore plus !

K | Vous avez mis quatre ans pour sortir Love Frequency, comment ça s'est passé ?

James : On a pris notre temps ! Par rapport à l'enregistrement, il y a déjà cinq chansons qui sont sorties et les gens ont apparemment bien aimé. On a enregistré pendant six mois, on a joué sept chansons en live et c'est vraiment excitant. Tout cela avant que l'album ne sorte. On n'avait jamais eu cette expérience avant !

Jamie : Je pense que cet album correspond bien à notre manière d'écrire. On a travaillé avec nos héros, nos amis, pour faire des sons électroniques vraiment bons.

K | Vous avez travaillé avec par exemple James Murphy ou Tom Rowlands des Chemical Brothers, ils ont influencé votre musique sur cet album ?

James : Pas vraiment sur l'écriture des chansons. Mais comme on aime vraiment ce qu'ils font, ça a forcément influencé.

Jamie : Les Chemical brothers c'est de la "dance music" aussi. La raison pour laquelle ils nous ont influencé c'est que ce sont de bons potes et on avait déjà joué avec eux.

K | Certains de vos fans ont dit que vous reveniez aux sources et d'autres qu'il y avait une réelle rupture, que vous êtes allés trop vers le clubbing. Vous en pensez quoi ?

James : Je trouve ça super excitant ! Je pense que tu adores notre groupe ou tu le détestes ! C'est cool de voir leurs retours, de susciter des réactions.

James : C'est ce qu'on a fait depuis le début. On aime bien se faire des petits challenges, prendre des décisions qui changent. En fait, on perd peut être des fans, mais on en gagne en retour.

K | Et le titre Love frequency ?

James : On trouvait que ça annonçait une bonne ambiance et notre enregistrement est plein d'amour ! C'est un peu notre côté électro-hippie. Notre idée c'était que ça sonne bien, que ça ait l'air gentillet. Donner l'impression que ça va être tranquille alors que quand tu écoutes l'album ça fait genre "prffr". On trouvait ça cool !

Simon : En fait, on est plus excités par le prochain album où on va faire du reggae français.

Jamie : Ouais, on est vraiment à fond dans ce style de musique en ce moment.

(Crédit Image : Kim Jakobsen To)

(Crédit Image : Kim Jakobsen To)

K | Du reggae français ?

Jamie : On adore la France, on adore Serge Gainsbourg, on écoute un de ses albums où il fait du reggae en boucle ! On a déjà l'idée, c'est beaucoup, maintenant faut juste qu'on la laisse grandir dans nos têtes.

Simon : D'ailleurs on appellera sûrement notre album Cheese Frequency, ou non plutôt Fromage Frequency.

James : Ouais c'est une bonne idée ! (rires). On voudrait le sortir en juin prochain.

K | Il y a eu quatre ans entre votre dernier album et celui qui va sortir, en un an c'est jouable ?

Jamie : On est super motivés ! Et puis on pense qu'on va apprendre super vite le Français ! Le plus dur c'est d'avoir l'idée.

James : Ouais on s'entraîne souvent.

Blague ou pas au sujet de ce futur album de reggae français à la Serge Gainsbourg, lorsqu'on leur a proposé de finir l'interview en Français, ils ont seulement répondu : "comme ci, comme ça", "merci la France" et "c'est formidable", alors on a hâte de voir ça !

Par Anaïs Chatellier, publié le 16/06/2014