Kiddy Smile est de retour avec le clip totalement fou de "Dickmatized"

Dans son dernier clip, le prince du voguing à la Française incarne un psychologue pervers qui lobotomise ses patients à l’aide d’un pénis-laser.

Avant tout, petite explication : "dickmatized" signifie littéralement "être hypnotisé par un pénis", "être bitenotisé", si vous préférez. Autrement dit, c’est quand une partie de sexe est tellement bonne que l’un des deux partenaires est obnubilé par ça, ne voit et ne veut rien d’autre que ÇA.

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C’est ce qu’a voulu illustrer Kiddy Smile dans son dernier clip, "Dickmatized", où il incarne un psy totalement pervers armé d’un pénis-laser. Avec ce morceau, le producteur-DJ dévoile par la même occasion le premier extrait de son premier album qui devrait sortir le 31 août prochain.

Dans un huis clos volontairement kitsch et coloré, le docteur Smile fait tout sauf soigner sa patiente. En bon psy, il l’écoute se plaindre d’un rêve dans lequel son ex-petit ami apparaît avec un pénis géant à la place de la tête. Pour le docteur Smile, cela ne fait aucun doute : la jeune femme s’est fait "bitenotiser".

Un diagnostic sans appel, car il n’y a rien à faire : "dickmatized" un jour, "dickmatized" toujours. Comme pour sceller le sort de sa patiente, Smile va sortir son pénis-laser et la lobotomiser, comme l’explique Marion Dupas, la réalisatrice du clip : "Vient ensuite le chibre optique, le laser fatal qui rendrait les patients totalement obsédés, dickmatized à tout jamais."

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On oublie parfois, quand on regarde un tel clip, que la musique en est la base. Si ce titre s’inscrit dans la lignée de son morceau le plus connu, "Let a Bitch Know", ce n’est pas pour autant que Kiddy Smile l’a conçu en solo. C’est en collaboration avec le célèbre duo de DJ italiens Crookers qu’il a produit "Dickmatized". Le titre figure par ailleurs dans Climax, le nouveau film de Gaspar Noé dans lequel Kiddy Smile tient un rôle phare.

Quoi de mieux pour décrypter cet ovni de clip que d'en parler avec le principal intéressé, tout juste de retour du Festival de Cannes :

Konbini | Salut Kiddy Smile. Est-ce que tu avais déjà une idée du clip que tu voulais faire avant de rencontrer Marion Dupas ?

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Kiddy Smile | J’avais eu l’idée de la consultation psychologique. Je n’ai pas voulu trop me projeter parce qu’à la base, je voulais reprendre mes paroles assez simplement, sans sortir de l’esthétisme ghetto queer. Mais Marion a tellement développé le truc que je me suis laissé porter et on est partis sur son idée. C’était vraiment un plaisir de travailler avec elle, c’est quelqu’un d’hyperpositif.

C’est quoi ta définition de "dickmatized" ?

Elle est plutôt simple. C’est quand tu laisses quelqu’un te maltraiter juste parce que niveau cul, c’est top. Au final, ça n'en vaut pas la peine. C’est quand on trouve des excuses à son partenaire parce qu’on s’accroche à certaines choses. J’ai voulu parler de sexe, mais ça peut être autre chose, comme un confort financier, un appui émotionnel…

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Où en es-tu de la préparation de ton album ?

L’album est fini. Dans les grandes lignes je dirais qu’il y a une volonté plus pop, ça se ressent dans "Dickmatized". Il y a aussi l’envie de faire de vraies chansons, focalisées sur la voix. Ce qui est hyper intéressant, c’est que j’ai pu travailler avec des gens que j’admire et qui ne sont pas forcément mes potes, comme pour ce morceau qui a été produit par Crookers.

Tu reviens tout juste de Cannes, car tu tiens ton premier rôle au cinéma dans le film de Gaspar Noé, Climax. Alors, l’ambiance ? C’est comment de monter les marches ?

Ce n’est pas la première fois que je vais à Cannes, mais c’est la première fois que je joue dans un film. Le notre a été présenté à 8 heures du matin pour la presse et les gens vaillants [rires]. Quand on s’est réveillés vers 10-11 heures, on avait déjà eu plein de retours ultra-positifs. Puis tout le monde a sorti la belle tenue pour aller à la conférence de presse et ça a fini en grosse fête sur la plage.

Gaspar voulait que tous les protagonistes du film présents à Cannes montent les marches. Ce n’était visiblement pas au goût des organisateurs du festival, qui voulaient seulement faire monter les personnages principaux. Ce à quoi Gaspar a répondu : "C’est tout le monde ou personne." Le lendemain, ils ont finalement changé d’avis et on était une petite vingtaine à monter les marches pour Climax.

C’est la première fois que tu apparais dans un long-métrage, et tu y tiens même un rôle important. Comment as-tu vécu cette première expérience cinéma ?

C’était assez compliqué parce que quand Gaspar m’a proposé le rôle, j’étais en pleine préparation de mon album. Ça ne me laissait pas trop le temps d’aller en studio. Parfois, je quittais le tournage à 3 heures du mat' parce que je mixais de 4 à 6 dans un club. C’était éreintant et plutôt physique, car on a tout tourné en 15 jours. Mais quand on m’a proposé de jouer dans ce film, j’ai tout de suite dit oui.

Par Henri Margueritte, publié le 16/05/2018