Live Report : Kanye West au Zénith de Paris

Il était une fois un rappeur à l'égo tentaculaire, passé par tous les stades de la célébrité, connu sous le surnom de "Louis Vuitton Don" . Il décida, par un 25 février, d'organiser un concert surprise à Paris.

En 2013, il est devenu difficile de rencontrer quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de Kanye West. Qu'on aime ou pas, le rappeur  a su marquer une génération qu'on est allé retrouver le temps d'un concert au Zénith de Paris. Pas pour écouter ses déclarations farfelues, mais pour parler musique.

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Un concert sous le signe du froid

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18h30 : Une heure de queue dans un froid des plus sympathiques. Les portes ouvertes, pas une seconde à perdre : on se faufile pour pouvoir se réchauffer dans les couloirs du Zenith.

19h 30 : Notre appareil photo confisqué par la sécurité, on apprend qu'il n'y a pas de vestiaire et qu'il nous faudra affronter la fosse avec nos grosse doudounes. Merci pour le choc thermique. Première constatation lorsqu'on fait face à la scène : de grands rideaux blancs ont été hissés. Un concert visuel ? Oui. On dénombre sept écrans, une scène minimaliste et peu de spots de lumières.

20h30 : La foule s'impatiente alors que No Church in the Wild ou de The Joy tournent dans les enceintes. Et une sensation semble parcourir l'audience : Niggas In Paris, sera t-il joué ?

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21h30 : Une petite poignée de musiciens enrubannés font leur apparition sur scène. Le public gueule toutes les quatre minutes pour faire comprendre au roi auto-proclamé du hip-hop que l'attente a assez duré. Enfin. Le décor est lancé et de grands icebergs émergent sur les écrans et se séparent de chaque côté de Kanye, comme pour nous rappeler un certain Moïse. Ego-trip tu disais ?

Me, Myself and the diamonds

21h38 : Mr. West entame son show. Comme réponse au froid qui entoure la capitale, Cold réchauffe le public. Au programme du concert, une flopée de titres sortis sur la compilation Cruel Summer, ponctués par un pot-pourri de tous ses albums. Malgré les rumeurs précédant le concert, aucun des membres de G.O.O.D Music ne fera d'apparition. 2 Chainz et Rihanna ? Malgré l'interprétation de My Birthday et du remix de Diamonds associé à Diamonds from Sierra Leoneils n'ont pas fait le chemin.

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Vêtu d'un masque orné de diamants argentés et de quelques cristaux de couleurs, le rappeur de Chicago semble seul avec lui-même, délivrant des sons parfois inexplicables. Sans aucun featuring à se mettre sous la dent, c'est tout l'égo du rappeur qu'il nous est possible de contempler. Une unique personne sur scène. Les musiciens ? Quels musiciens ? La Fashion Week de Paris semble avoir commencé. Sur le podium, Kanye West.

Comme on pouvait s'en douter, difficile d'échapper à l'auto-tune lorsqu'il interprète des morceaux de son opus 808 & Heartbreak ou encore certains de My Beautiful Dark Twisted Fantasy. Des moments d'ennui qui ont tout de même permis aux gens en fosse de se reposer pendant quelques minutes à la suite de Heartless et Runaway.

Niggas in the fosse

 I’m Picasso, I’m Basquiat, I’m Steve Jobs.

Passées les différentes comparaisons aux génies de notre époque (Steve Jobs, Basquiat), Kanye West conclut le concert. Après une feinte de fin de show sur le morceau Lost in the World , le rappeur revient pour un unique rappel. En prévision : Gold Digger.

Alors que la foule entonne des "Ici c'est Paris" et veut son Niggas in Paris, on devine un sourire géné sur le visage de Kanye West : il n'avait pas prévu ça. Malheureusement, le morceau appartient à Kanye et à Jay-Z et n'a donc aucune raison d'être, même si on est à Paris. Kanye regagne les coulisses tandis que le public n'hésite pas à le siffler.

Comme final, on a connu mieux. Comme concert, on reviendra.

Par , publié le 26/02/2013

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