Kanye West hospitalisé en psychiatrie : la folie des commentaires sur les réseaux sociaux

Après que Kanye West a été hospitalisé en psychiatrie, les réseaux sociaux ont été pris d'assaut par des commentaires nauséabonds. 

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(Capture d'écran du clip "All Day / I Feel Like That)

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Ce mardi 22 novembre, les médias américains bruissaient d'une actualité mélangeant divertissement, santé et information people : Kanye West était admis dans l’unité psychiatrique de l’hôpital d’UCLA à Los Angeles, en Californie. The New York Times, Pitchfork, NBC News comme TMZ relayaient dans leurs "colonnes" des sources policières et des citations de proches du rappeur de Chicago.

En cause, selon NBC ?

"Son hospitalisation intervient après une semaine émaillée d’incidents bizarres au cours desquels le rappeur provocateur a publiquement harcelé d’autres stars, comme Beyoncé et Jay Z, et annoncé son soutien à Donald Trump."

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L'information a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. D'abord reprise objectivement, les commentaires personnels ont pris le pas sur toute logique, sur Facebook comme Twitter, pour ne citer qu'eux. Et certains étaient pour le moins idiots, déplacés et souvent dérangeants.

Comme celui-ci :

"Kanye West a été hospitalisé à Los Angeles. Toutes nos pensées et nos prières vont au staff de l'hôpital dans ces moments difficiles."

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Ou celui-ci :

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Ou ce petit :

Celui-là, trouvé sur notre page Facebook :

"Le mec a appelé sa fille North West. Faites pas les étonnés, c'était qu'une question de temps."

Ou encore celui-là :

Oh tiens, et puis celui-là aussi :

Kanye West, bouc émissaire jusqu'au bout

Il est assez paradoxal qu'une personne qui soit admise dans un établissement psychiatrique puisse recevoir, à l'encontre de sa personne, des commentaires aussi cinglés, des remarques puériles, des observations formulées hâtivement, comme pour mieux rejoindre une troupe qui n'attend que de haïr une personnalité qui, on en est très conscients, a l'habitude de diviser, dans la sphère culturelle et plus largement publique.

Comme si l'on pouvait prendre à la légère l'internement d'une personne, qu'elle soit connue ou non, qu'elle ait voté Trump ou pas, qu'elle soit souvent connue pour ses déclarations mégalo ou non, qu'elle soit mariée à une personnalité du monde de la téléréalité ou non.

Oui, Kanye West nourrit constamment depuis près de dix ans une forme d'amour/haine à chacune de ses sorties. Sur la mode, l'architecture, le monde du divertissement, la politique ou les petites histoires propres à l'establishment culturel américain. À chaque fois, on l'attend de pied ferme. Et il n'y a rien de plus normal.

À lire -> Le malentendu Kanye West

Mais être ravi qu'une personne soit malade dit beaucoup du vide que peuvent proposer les réseaux sociaux, intermédiaires neutres d'une pensée aride de sens, mais puissante en violence. Alors qu'on parle, ici, d'une personne comme une autre possiblement atteinte d'une maladie mentale, évoluant dans une sphère qui, elle, n'est pas comme bien d'autres. Une information aussi sensible que l'annonce qu'avait réalisée Kid Cudi autour de sa dépression.

Résultat, on se croirait dans le dernier épisode de la troisième saison de de Black Mirror, "Hated in the Nation". Ce dernier voit des tweets demandant la mort de telle ou telle personnalité en fonction de ses agissements. On n'est pas loin d'imaginer une avalanche de commentaires appelant à ce que le rappeur américain soit obligé de rester en psychiatrie. Combien utiliseront un hashtag "KanyeCrazy" avant 17 heures afin qu'il ne puisse plus en sortir ?

À deux doigts de la fiction, à deux doigts que les réseaux sociaux soient pris d'une folie incontrôlable. Et comme l'affirmait Gustave Le Bon dans son livre Psychologie des foules, "peu aptes au raisonnement, les foules sont au contraire très aptes à l'action". Espérons qu'on n'en arrive jamais là.

Par Louis Lepron, publié le 22/11/2016

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