K.Flay ou le réalisme à l'état rap

Parfois, on tombe sur la Toile sur quelque chose qui accroche l'oeil et chatouille l'oreille. Et mine de rien, dans la luxuriante jungle qu'est l'Internet, cela n'arrive pas si souvent que ça. Et récemment, la musique de K.Flay, rappeuse américaine, nous a accroché. Présentation. 

K.Flay

Tout le monde le remarque et tout le monde n'en a que pour ce qui semble être une nouvelle tendance, une nouvelle orientation. Oui, le hip-hop se féminise. Oui c'est une bonne chose et on ne peut que s'en réjouir. Là n'est pas la question.

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Tel un arbre qui cache la forêt, le mot d'ordre ne montre en aucun cas la diversité de la production. Car au-delà du hip-hop à formes d'Iggy Azalea, de Kreazyshawn et consorts il existe une autre voie. Celle des vraies lady, qui n'ont pas besoin de cet apparat lourdingue qu'on a appelé le SWAG (pour ne pas dire style) pour exister. Celle de Lauryn Hill, Erykah Badu et j'en passe.

Loin du fracas des basses et des booty shaking.

K.FLAY VRAIE LADY

Ce qui est étrange c'est que l'on soit passé à côté si longtemps. Car du haut de 30 000 fans sur Facebook, K.Flay n'est pas à proprement parler (du point de vue de l'internet) une artiste émergente. La native de Willmette Illinois a la tête bien faite, étudiante de psychologie et de sociologie à Stanford. Productrice, DJ et MC, elle cumule les talents et ne cesse d'apporter la pierre à ce vaste ensemble qu'on appelle le hip-hop (son site).

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Capture d'écran du clip "The Cops"

2 EPs, 2 mixtapes, des remixes remarqués (notamment pour le Don't Play No Game That I Can Win des Beastie Boys) et une notoriété grandissante. Actuellement au festival SXSW, véritable baromètre du milieu indépendant, elle souffle un vent frais dans un milieu saturé de "New Girl on the Block" aux mimiques déjà vues et aux attitudes faussement provocantes. K.Flay, elle, joue sur un tout autre registre.

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Car une chose est sûre, Kristine Flaherty (de son vrai nom) possède un talent insolent et une habilité indéniable à rimer. Paroles matinées de références indies (The xx, Gil Scott Heron, Warpaint) ou l'air de pas y toucher, elle est une pure rappeuse et une lyriciste hors pair.

L'art renouvelé de se mettre à nue

Rappeuse oui mais productrice également avec sa MPC toujours à portée de main. Et ses compositions sont à l'image de ce qu'est le hip-hop aujourd'hui : un continent vaste où les paysages sont mêlés. Différents écosystèmes pour une scène en plein renouvellement. Guitares saturées, balades douces : tout y passe comme sur son dernier EP West Ghost, disponible en téléchargement gratuit.

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Enfin ce qui étonne chez elle c'est également l'art renouvelé de se mettre à nue. Pas au figuré mais plutôt en dévoilant sa psyché, les recoins de sa pensée et de son être. Pleine de maladresse et de contradiction.

Dans sa dernière chanson The Cops, qui a donné lieu à un clip théâtral et touchant (voir ci-dessous), la rappeuse, face caméra, évoque son désarroi amoureux, la difficulté d'attendre quelqu'un lors d'un dîner aux chandelles où la chaise d'en face reste vide. C'est pour cette fraîcheur et cette honnêteté qu'on aime le rap de K.Flay. Car aux phares et aux apparences, elle préfère la vérité et la brutalité des situations vécues.

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Par Tomas Statius, publié le 19/03/2013

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