Julien Chièze vs Julien Tellouck : chronique d’une guéguerre du jeu vidéo (3/3)

Ils ont le même prénom, et malgré ce qu’ils en disent, beaucoup en commun. Mais se détestent. Alors que l’industrie du jeu vidéo garde son titre de première industrie culturelle au monde, les journalistes qui la commentent, la scrutent, eux, n’hésitent pas à se tirer dans les pattes. Quelques gamineries, pas mal d’hypocrisie. Et sur tous les fronts, deux Julien sur un ring pixelisé. Une enquête en trois parties par Nico Prat, dont la première est consultable ici et la deuxième ici.

Spootnix, une "Agence Evénementiel / Communication dans le secteur du jeu vidéo" comme l’explique sa page Facebook. Mieux : une "agence entraînant la communication jeu vidéo vers le cosmos et au-delà". Quand on est, ou qu’on se revendique, journaliste, ça la fout mal. D’ailleurs, Julien Chièze ne s’en cache même pas. Difficile de faire autrement, il a en 2011 carrément organisé un concours sur Gameblog pour trouver un logo à sa boîte.

Il s'explique :

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Les ménages, je n’en fais plus depuis deux ans et je ne compte plus en faire. Mon dernier, c’était à l’été 2013, et je suis devenu rédacteur en chef de GB à la fin de l’été. J’avais de toute façon décidé d’arrêter avant, car je pense que c’était une maladresse de ma part [chez l’éditeur Square Enix, on nous informe que ce sont surtout eux qui ont arrêté de travailler avec lui, sans expliquer pourquoi, ndlr].

Une erreur de jugement. J’ai été naïf. Je voyais souvent des présentations faites par des gens qui ne sont pas des gamers, et ça se sentait. On m’a proposé plusieurs fois de le faire. Avec mon background, ça me permettait d’avoir des infos auprès des développeurs et de les lâcher aux joueurs. Je n’acceptais que les jeux sur lesquels j’étais libre de m’exprimer, donc que les jeux que j’aimais au moment de la présentation.

Par exemple, Final Fantasy XIII, je l’ai présenté lors d’un Micromania Game un an et demi avant sa sortie. J’aimais beaucoup la présentation. Mais quand le jeu était sorti, j’étais déçu et je l’ai dit. Si tu penses que les ménages jouent sur ma parole, regarde tout de même ce que j’écris. Quand tu lis les commentaires, il y a une seule personne qui fait des ménages, et c’est moi. Des journalistes se repaissent de ce sujet sans regarder chez les autres. Il y en a beaucoup pourtant. Chez Gamekult par exemple. Mais quand ils le font, ils disent que ça n’a rien à voir.

Julien Chièze dans le JT d'iTélé (Capture d'écran iTélé)

Julien Chièze dans le JT de Canal + (Capture d'écran)

Et de conclure à ce propos :

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J’en ai fait cinq dans ma vie, sur deux ans [les éditeurs contactés évoquent un nombre plus important, et même d’un "habitué de l’exercice", mais impossible de récupérer un chiffre exact, ndlr]. On m’en reparle encore, et je sais que j'en paierai le prix jusqu’au bout. Je demande juste à ce qu’on dise que c’est une activité que je ne fais plus. Et j’insiste : je ne faisais jamais les tests des jeux que je présentais.

Difficile de savoir combien il touchait, mais il l’affirme, "financièrement, c’était intéressant. J’ai d’ailleurs créé Spootnix dans une optique de transparence. Je voulais séparer cette activité de Gameblog. Ce n’était rien de plus qu’une auto-entreprise mono-personnelle, juste pour pouvoir facturer. Et je ne voulais pas impliquer GB. J’ai encore fait une erreur de jugement, et je m’en excuse, car les gens ont tout confondu".

"5/5 en indépendance à Gameblog"

Selon lui, les gamers et les critiques s’arrêtent au fantasme, et il semble sincère en affirmant avoir cru bien faire, "qu’en l’expliquant et en le mettant sur la place publique, les choses seraient claires. Mais non". Le mal est fait. Et parfois, ça ne passe vraiment pas, même des années plus tard pour un journaliste qui veut rester anonyme :

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Chièze, dans Arrêt Sur Images [émission diffusée en 2012, ndlr], affirme qu’il peut mettre 5/5 en indépendance à Gameblog. Même Gamekult se donnait la note de 4. Chièze a bossé pour Square Enix, en présentant des jeux sur scène. Il a bossé pour Konami, éditeur de Metal Gear Solid. Il est un relais pour eux, il assure la présentation des masterclass par exemple. Il dit souvent que la télé l’a abîmé. Son relationnel en a pris un coup.

Là encore, l’intéressé tient à s’expliquer :

Je redonne exactement la même note aujourd’hui. Les autres sont des hypocrites. Il n’y a que deux notes: 0 ou 5. Tu n’es pas "un peu indépendant". C’est quoi l’indépendance ? C’est juger librement, dire ce que l’on pense à 100%. Et Gameblog et moi-même, ça a toujours été ça. Je sais ce qu’on va dire : "oui mais c’est la pub et les éditeurs qui vous nourrissent". C’est vrai. Mais la régie pub de GB est extérieure à GB. Ce n’est pas le cas de Gamekult ou de Jeuxvideo.com. Je ne sais pas ce qui tombe comme pub sur le site, contrairement aux autres.

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Et de prendre pour exemple sa relation avec un éditeur français bien connu :

On s’est déjà fâché avec des éditeurs. On ne reçoit rien de la part d’Ubisoft depuis des mois, pas de pub, rien. Et pour autant, on ne change pas notre manière de les considérer. C’est pas 5/5 de couardise. C’est 5/5 pour dire : aucune pression publicitaire, aucune faveur. Je précise que cela peut être perçu comme maladroit. Mais mon indépendance est également totale envers le bruit des forums et des blogs. Je sais ce que je fais, je sais que je n’ai pas le boulard.

Chièze n’est pas le seul, mais il est la partie visible. Et aussi, un peu, la tête à claque. Un rédacteur en chef d’un magazine spécialisé commente :

Jeux Actu, ce sont tout autant des vendus, mais personne ne les emmerde car ils n’ont pas de visage qui fait office de cible. Gameblog, c’est parfois mérité. Ils ne me dérangent pas s’ils assument leurs top 10. Mais non, ils prétendent faire de la qualité, être de grands journalistes. Ils ne sont pas honnêtes. Le syndrôme de la tête à claque, c’est d’être en permanence dans la contradiction.

"Le jeu vidéo repose sur une rivalité"

Alors, c’est quoi le problème ? Le jeu vidéo ne mérite-t-il pas mieux qu’une guerre de tranchées ? Si les gamers et leur culture sont si mal représentés dans les grands médias, en toute naïveté, ses acteurs ne devraient-ils pas se serrer les coudes ?

Un journaliste nous confirme une vérité : "Le jeu vidéo repose sur une idée de rivalité. Playstation contre Saturn, Nintendo contre Sega, un joueur contre un autre. C’est ancré dans son histoire. Qui a la meilleure console, la meilleure version ? C’est tellement un truc de passionnés. Tu n’achètes pas un jeu à 70 euros sans espérer que ça défonce. Il y a un affect : certains peuvent défendre un jeu de merde juste parce qu’ils l’ont acheté. Nintendo par exemple est moins dans le vent mais garde un public ultra fidèle".

Le secteur du jeu vidéo est jeune, et ses relais médiatiques le sont encore plus. Une ancienne attachée de presse d’un célèbre éditeur nous confirme : "J’ai fait des voyages de presse avec des médias traditionnels, et tout se passe bien, tout le monde est aimable. La presse de jeu vidéo, c’est des gosses mal élevés qui pensent que tout leur est dû. C’est un luxe nouveau pour eux, ils ont du mal à gérer".

Mais encore ? Jean Zeid :

Le milieu de la musique, quand la presse a commencé à se casser la gueule, c’était pas super sympa. L’Indic contre Les Inrocks, ça se tirait dans les pattes aussi, c’était à coup d’éditos sanglants entre les deux. Gamekult et Gameblog, c’est drôle, c’est Oasis et Blur. Mais tout le monde ne se met pas sur la gueule, fort heureusement.

Ce que confirme Bruno Pennes :

Il y a un fantasme de ce côté là : c’est un petit milieu, mais on ne couche pas tous ensemble, et on ne se déteste pas tous non plus.

Le milieu du jeu vidéo : une cour de récré ?

Clairement, les faits du weekend [le 14 mars, ndlr], ce post de Gamekult sur Julien Chièze, m’évoquent une téléréalité. C’est juste ridicule de lire des choses comme ça, et c’est un phénomène de plus dans un milieu qui commence à se prendre au sérieux. Quand il n’y a plus de second degré, on est prêt à se crêper le chignon pour rien.

Bertrand Amar ironise, et il y a de quoi. Le forum OMGB, la guerre Gamekult contre Gameblog, les tweets assassins de Tellouck… On a l’impression d’être face à une gigantesque cour de récré. Mais (on insiste), il ne s’agit là que de la partie visible. On le sait, en coulisses, des journalistes moins médiatisés se crèvent le cul (pardon pour l’expression) pour faire vivre un business, pour attirer le lecteur sans le prendre pour un idiot.

Joe Hume :

Se remettre en question, c’est possible, au calme. Mais on est tellement dans une période trouble qu’on n’a pas le temps de regarder en arrière ou autour de nous. Chièze, typiquement, je pense qu’il a du mal à se focaliser sur le problème et bosse sur son business.

Le média critique de jeu vidéo a été créé par des fans, des joueurs. Un problème en soi ? La presse professionnelle du genre n’a que quelques années. Et fatalement, un problème d’adaptation. Un environnement jeune, c’est moins de recul, et une absence de modèle. Et au final, une vraie ambiguïté. La presse jeu vidéo ne peut se comparer à celle du cinéma, ou de la musique. Dans le jeu, la naïveté est bien plus présente. Alors, on fait la paix ? Et on prend ce qu’il y a à prendre ? Car mine de rien, le jeu gagne du terrain. En 2015, les geeks ont gagné.

Et Joe Hume de revenir à la charge :

La télé, on sait que la pop culture doit y être vulgarisée pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. Donc forcément, les intervenants sont choisis en fonction de leur faculté à simplifier leur propos. Quand Chièze parle d’un jeu sur iTélé, ça ne m’empêche pas, pour avoir plus des infos plus pointues, d’aller acheter un magazine anglais.

On lui reproche la vulgarisation du jeu vidéo, mais c’est indispensable pour en parler au grand public. La façon dont Julien parle d’un jeu à la TV, c’était impensable il y a dix ans. Vous avez tellement de choix, arrêtez de vous prendre la tête sur ce que vous n’aimez pas.

Oui. Mais non. Les prochains mois (années ?) ne devraient pas apporter la moindre accalmie. Car chacun continue de dégainer. Un observateur résume : "Chièze est persuadé que les mecs de Gamekult l’ont copié, il le répète partout. Mais c’est complètement faux. Ce sont de vrais journalistes chez Gamekult. Il se met le doigt dans l’oeil, il surestime Gameblog".

Et face à nous, Julien Chièze menace :

Dans le milieu du jeu vidéo, des pros se sont associés pour pousser contre Gameblog et Julien Chièze. Une association d’idée, pour nous dégommer et dire n’importe quoi. OMGB, c’est hébergé par Gamekult, des concurrents de Gameblog. Si l’arbitre d’un match PSG / OM est fan du PSG, on a un problème. Donc ça dérape.

Et c’est devenu un jeu. L’ex-rédacteur en chef de Gamekult n’a pas le cul propre, je peux te le dire, en terme de collusion. Cherche, tu trouveras. Ils se disent d’une transparence absolue, mais non. Ils réagissent sur la photo au restaurant car ils ont eu peur de se faire choper. Nous, on assume les repas et les voyages de presse depuis le début. Pas eux.

Julien et Julien : une méfiance partagée

On a donc cherché. Et les yeux de se lever au ciel. Un journaliste web : "Je pense que Chièze bluffe, je ne pense pas qu’il ait de dossiers sur Gamekult. Sinon, pourquoi ne pas les balancer ? Ils font très attention et ne se compromettent pas". Rien, vraiment rien donc ? "Je pense qu’il évoque une histoire qui date d’il y a deux ans. L’ancien rédacteur en chef de Gamekult, sortait avec une RP d’Activision [Call Of Duty, ndlr]. Mais c’était une histoire sérieuse, pas une histoire de cul. Dans le milieu, tout le monde savait. Les mecs d’OMGB aussi".

Autre dossier potentiel : dans Arrêt sur Images toujours, Chièze cite le nom de Gregoire Hellot. Il est traducteur, il parle japonais. Il est également directeur de collection de Kurokawa, chez Fleuve Noir. Il pige chez Gamekult, mais est également un ami de Chièze. Et ce dernier, sur le plateau, face à ses détracteurs, le pointe du doigt en terme de ménage. Or, Hellot est traducteur, ce qui n’est pas la même chose. Trouver un mec qui s’y connaît et parle japonais, la chose peut vite s’avérer mission impossible. Il bosse donc beaucoup et avec tout le monde. C’est tout ? Apparemment.

Et donc ? Loin de nous l’idée de juger des affaires de coeur de chacun, mais s’il avait été question de Chièze ? Sauf qu’on n’en est plus là.

Joe Hume :

Chièze traîne pas mal de casseroles, du fait d’une sorte d’escalade. Je pense qu’au départ, il n’y a que de la jalousie. On a toujours des soupçons sur des gens qui sont dans le business depuis longtemps et y arrivent. On le tâcle toujours sur les mêmes erreurs, et lui, se défend assez maladroitement, et attise encore plus les haines.

Pendant ce temps, d’autres en profitent pour squatter un créaneau, (tenter de) se faire une place au soleil. En usant et abusant des mêmes techniques, au choix, douteuses ou puériles.

Un salarié de Game One raconte :

Tellouck est beaucoup plus malin que Chièze. Tellouck voit Chièze se faire défoncer, et il arrive quand Chièze est à terre, pour l’ultime kick. Par les haters de Chièze, il est élevé sur un piédestal. Julien Tellouck, son but, c’est l’exposition. Il est dans les jeux vidéo parce que ça lui offre ça, mais tu sais, il a passé plusieurs fois le casting du Loto qu’il a raté.

Il ne veut pas rester sur Game One, il veut être vu. Et chaque année il menace de partir, et les patrons de la chaîne sont persuadés que s’il part, c’est la fin de Game One, ce qui est faux. N’importe qui peut faire le boulot mieux que lui.

Dans un domaine hanté par la suspicion à tous les niveaux, Julien Tellouck n’est pas non plus épargné par la (les) rumeurs en tous genres (mais encore une fois, rien de comparable avec l’autre Julien). Il confirme: "Le public est méfiant avec moi aussi tu sais. Il n’y a pas longtemps, on m’a prêté une tablette avec un projecteur intégré. J’ai adoré. J’ai rendu le produit, mais j’ai tweeté quelques trucs. Sauf que je n’étais pas payé pour ça, pas du tout".

Autre histoire, autre lieu :

Il y a eu un concours pour avoir un modèle collector de la Playstation. Elle n’était en vente que chez Colette. Avec mon pote, on a dû dormir devant le magasin pour être parmi les 500 premiers qui achètent ce modèle, à 500 euros tout de même. Problème : trop de monde veut en être. Ils annoncent qu’ils vont finalement faire un tirage au sort.

Mon pote a inscrit tout l’étage de son boulot, et moi tous mes petits cousins. J’ai reçu un coup de fil disant que j’avais gagné, puis un courrier. J’ai posté la photo de la lettre sur Instagram, qui disait "suite à notre appel téléphonique, vous avez gagné…". Les gens ont cru que j’avais appelé pour l’avoir. Alors que j’ai été tiré au sort comme tout le monde.

Ce que nous confirment ses collègues ainsi que le responsable du concours.

Love Is In The Air

Le jeu vidéo est affaire de passion, et le jeu vidéo, en tout cas sa presse, crève la dalle. De rachats en fermetures, difficile de s’imposer dans un secteur extrêmement concurrentiel, dans ce petit milieu aux places trop chères. Les choses ne sont plus ce qu’elles étaient, et aucun doute, elles ne seront bientôt plus ce qu’elles sont :

Je pense que ce qui s’est passé avec Gamekult n’aurait pas pu arriver il y a sept ans, confirme Julien Chièze. Quand on a débarqué sur le marché, Gamekult a fait une news pour saluer notre arrivée. Et quand on les invitait dans nos podcasts, ils venaient. Le milieu a changé, les joueurs aussi.

Carole Quintaine :

Nous parlons d'un média très immature du côté du public qui est de plus en plus exigeant et même capricieux et avec la possibilité de s'exprimer sur le net sous anonymat. C'est difficile d'échapper aux critiques, et elles sont parfois très violentes ! J'ai été insultée et des collègues ont été menacés pour des notes... C'est affligeant.

Bruno Pennes, lui, plaide pour davantage de réflexion : "Dans une foule, tu entends celui qui gueule le plus fort, et il n’est pas toujours le plus intelligent. Écrire un papier, ça porte beaucoup moins qu’un tweet bien senti".

Du recul donc, mais aussi de la transparence selon le rédacteur en chef de JV :

DiablOx9 ou Studio Bagel Gaming, ça ne me dérange absolument pas qu’ils fassent une vidéo pour les éditeurs, car ils ne sont pas journalistes, et ils l’annoncent. Pas de souci. DiablOx9, il le dit, "EA m’a emmené voir ci et ça", et il a raison : il est jeune, il s’éclate. Mais parfois, ils ne disent pas qu’ils sont achetés dans la vidéo, et là ça pose problème, c’est de la pub déguisée, et c’est illégal.

Le cas de Cyprien Gaming est vraiment scandaleux : un gamin de douze ans n’a pas les clés pour décoder ses vidéos, ni le recul nécessaire. Quand un YouTubeur prend des milliers d’euros, il ne dit pas du mal du jeu. L’ironie, c’est que l’utilisateur va installer Adblock pour regarder derrière cinq minutes de publicité. Mais il ne le sait pas.

D’autres prennent leur mal en patience, sachant pertinemment que les choses vont s’équilibrer. Pas le choix. Ailleurs, sur OMGB par exemple, on continue de se marrer, Julien Chièze le premier. D’ailleurs, on ne se prive pas de lui dire que malgré la distance nécessaire, on a eu l’occasion de se sentir mal pour lui en cliquant sur certains posts :

Honnêtement, il ne faut pas. J’ai plein de haters, mais j’ai aussi plein de lovers. Cet épisode Gamekult, j’ai reçu des milliers de messages de sympathie, en privé comme sur Facebook. Je ne veux pas faire l’unanimité, je m’amuse de tout ça. Je trouve que c’est un milieu qui manque de convictions. Je suis un peu grande gueule, brut de décoffrage. Je dis ce que je pense. Je file droit, dans mon sillon. OMGB, je n’y vais plus depuis des mois. Mais ça me revient aux oreilles.

Il s’en moque, vraiment ? "Ce qui me touche plus, c’est quand ça vient de gens du milieu qui me connaissent, savent ce que je fais, qui je suis, sont des enfants de choeur quand ils me croisent et des petites putes hypocrites derrière leur ordinateur". Ok ok. L’apaisement semble encore bien loin.

Et sur OMGB, un gamer se faisant appelé "garland" ne semble pas s’ennuyer : "On peut au moins reconnaître à Gameblog le mérite d'exister. Entre Heavy Rain, la jauge de la NGP, la NGP en carton, la fille qui aime les bits, MisterP qui fout des nanas à poil sur son blog, Katsuni, la Wii HIFI, l'Ipad de JulienC miraculeusement offerte, le logo de l'agence de JulienC, la communauté gouroutisée... j'en passe la liste est trop longue... on se paie de belles tranches de rire".

Si seulement tout cela n’était que de l’humour.

"Je me rappelle d'une époque"

Joe Hume propose une solution :

Il y a beaucoup d’hypocrisie dans tout ça. Il faudrait jouer carte sur table, mais on est dans des histoires qui traînent depuis tellement longtemps. Revenir en arrière serait un aveu d’échec. Il serait temps de se parler, autour d’une table, et que chacun accorde ses violons

Une fois n’est pas coutume, on laissera le mot de la fin à Julien Chièze :

Le jeu vidéo mériterait évidemment mieux. Gameblog n’attaque jamais les autres, jamais. Je disais encore il y a peu que je trouvais que Gamekult se radicalisait. Je n’avais pas complètement tort apparemment. Si je m’offusque, je suis une victime, si j’attaque, je suis un enculé. Bref, je me concentre sur mon travail, nos courbes montent. Et on les talonne. Gamekult, je leur donne rendez-vous dans deux ans. Quant à Tellouck, c’est un manipulateur.

Avant d’ajouter, avec la nostalgie du passionné - ce qu’on ne peut lui enlever :

Je me rappelle d’une époque où les gens s’enthousiasmaient. Tu attendais ton magazine chaque mois, tu guettais la moindre photo. Si j’attendais Super Mario 64, dans Joypad il y avait cinq photos, et trois autres dans Console Plus, et j’achetais les deux pour tout avoir. Maintenant, les gens sont gavés. On voit tout, tout le temps. C’est dommage.

Non, tout n’était pas mieux avant. Mais avant, nous étions copains.

Par Nico Prat, publié le 18/04/2015

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