Pourquoi Jay Z et Beyoncé ont raté leur Stade de France

Vous avez loupé le concert de Jay Z et Beyoncé au Stade de France ? Pas de panique, on vous fait le débriefing, et ce n'est pas fameux.

Je ne suis pas un grand fan de Jay and Beyoncé Carter. Mais comme me le disait une amie, "il y a des concerts que l'on n’a pas le droit de rater et on ne peut pas rater un concert de la Queen Bee". Je me suis donc fendu des 67 euros réglementaires pour aller voir l’ultime date de leur tournée commune On the Run et l'unique date européenne. J'ai attendu avec impatience le 12 septembre.

Sandwich et place en poche, j'ai patiemment espéré ma claque musicale sur la pelouse du Stade de France. J'attends encore.

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Alors oui, les costumes étaient très beaux, la vidéo créative et la réalisation des clips projetés impressionnante, pour un concert qui sera diffusé sur HBO puis Canal +. Oui, le public était au rendez-vous et le son saisissant, ce qui est suffisamment rare au Stade de France pour le notifier. Oui, Jay Z est le patron du rap, même s'il n'était ici qu'un invité, un passeur de plats. Malheureusement, la liste des bonnes surprises s'arrête là.

Une longue première heure et demie

Il aura fallu plus d’une heure et demie pour que le couple me réveille un peu. Et cette heure et demie a été longue, surtout quand on va à un concert seul et que l'on a personne avec qui râler.

Après s'être fait à l'idée que le concert entier allait être joué sur une bande son, que la reine allait faire 40% du concert en play-back (cf. voir la vidéo Instagram ci-dessous) et qu'il faudrait revenir pour entendre des musiciens jouer (il n'y avait aucune formation sur scène), j'ai perdu l'espoir qu'une chanson soit jouée en entier.

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Une heure et demie entrecoupée de changements de tenues, de gros plans sur la royale croupe de Mrs Carter, le tout sur une scénographie inexistante portée à bout de bras par quelques chorégraphies et deux ou trois ventilateurs. Une heure et demie ponctuée par les pauses silencieuses du couple royal au regard arrogant réclamant les acclamations de la foule comme salaire. Une heure et demie durant laquelle le public complice attendait désespérément le concert du siècle, ou tout du moins de l'année.

Inutile de revenir sur le pamphlet féministe évoquant l'égalité des hommes et des femmes et rappelant aux femmes que le but de leur vie n'est pas le mariage. Rien de dérangeant jusqu’ici, si ce n’est que ce message a été diffusé juste avant d’inviter la Simone Veil de la pop culture, à savoir Nicki Minaj mondialement connue pour son manifeste "Super Bass" (comprendre "superb ass") ou sa plus récente performance dans son clip "Anaconda" - dont je conseille le visionnage pour toutes les petites filles de notre doux pays.

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Rien de contradictoire, donc, après avoir passé une heure et demie à se déhancher à moitié nue et à chanter ensuite "Partition" dont les paroles du refrain sont :

Take all of me, I just wanna be the girl you like.

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Alors oui, les passages "Niggas in Paris", "Love on Top", "Izzo" et "Single Ladies" en fin de concert m'ont confirmé à quel point ce couple a marqué la pop music de ces quinze dernières années. Mais, tout le monde n’est pas Ike et Tina Turner. Tout le monde ne peut pas s’autoproclamer "couple du siècle", même à grand renfort de coups marketing, vendant un couple idéal auquel il est difficile de croire.

Aussi talentueuse soit-elle, Beyoncé nous a convaincu d'une seule et unique chose : on ne décide pas d’être une diva. Et si on essaye de l’être, on ne passe pas la soirée à booty shaker en nuisette devant 60.000 personnes. J’attends encore mon super show. J’attends encore ma performance du siècle.

Article écrit par Swann Lassiva, publié le 14 septembre à 20h20

Par Konbini Staff, publié le 14/09/2014

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