J'ai écouté Syro d'Aphex Twin et j'ai pris des notes

En une heure et douze chansons, Aphex Twin propose avec Syro une sorte de manifeste sur l'époque et l'avenir de la musique électronique. Il en émane une certaine mélancolie, la nécessité de s'adapter mais également le refus de tout changer. Voici les notes exhaustives prises lors de l'écoute presse.

aphex twin

Comme le prouve son Instagram, Monsieur Monsieur était à l'écoute presse de "Syro" - Photo trouvée sur son compte Instagram

Je n'aime pas les écoutes presse. Et aussi loin que je m'en souvienne (pas très longtemps étant donné ma longévité dans le métier), je n'ai jamais aimé ça. Je n'aime pas l'idée qui y préside – se faire un avis sur un disque, aussi compliqué soit-il, en une écoute – l'ambiance qui y règne et l'impérieuse nécessité que ressentent certains confrères à transformer cette première intuition en guide pour les futurs auditeurs.

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Pourtant pour Aphex Twin, j'ai dépassé mon opposition de principe. Je ne l'ai pas vraiment voulu. On m'a proposé une place et c'est ainsi que le lundi 8 septembre à 17h30, je me mettais en route pour l'IRCAM (pour Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique) où avait lieu l'écoute.

Dans le sacro-saint de la musique concrète - l'institution est le bébé du compositeur, chef d'orchestre et pédagogue Pierre Boulez, la crème de la presse culturelle se retrouvait pour découvrir les rythmes fous et les boucles entêtantes de Syro, sixième album de l'un des pères de l'IDM.

Et si on écoutait le disque ?

18 heures. Franche camaraderie dans la salle : les pognes se serrent, on discute du dernier disque, du nouveau poste, de sa prochaine excursion, de qui est là et de qui n'y est pas. Puis les lumières s'éteignent, et la musique démarre. Certains ferment les yeux, d'autres affichent un visage inexpressif de rigueur. Je me concentre et m'agrippe à mon stylo. Je me mets à la tâche, griffonne deux-trois "pensées pour moi-même" en essayant, tant bien que mal, de ne pas regarder sur le voisin. Et vu le premier morceau, ça part plutôt bien.

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Après une heure d'écoute, un seul constat : Richard D. James m'a promené. Versatile, j'ai hésité constamment entre la célébration de son talent et la tentation de conclure d'un "pas ouf, pas nouveau" cinglant. Dès lors, plutôt que de cacher que ce disque m'a perdu,  j'ai trouvé cela de bon ton de céder à l'essai d'une critique post-écoute en jouant la transparence.

Voilà les notes que j'ai prises au cours de la session. Ni plus, ni moins. Elles sont ce qu'elles sont : peut-être "pas ouf" mais au moins honnêtes - avec quelques petites explications de textes dans les légendes.

J'aime pas les écoutes presses - Applaudissement dès la première chanson.

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1 / 5

Précisions : JAHCB = Jackson and His Computer Band / PW = Pedro Winter. Ils étaient tous les deux présence dans la salle 1 / 5 (+ Prosopopée musicale)

Problème ! -> la transgression est devenue le standard.

2 / 5

"TAL" : -> "Terminal" 2 / 5

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Aphex Twin fait osciller la tête de journalistes rock les plus grincheux qui déclaraient pétris de certitudes après 30 secondes : "C'est bien lisse quand même"

3 / 5

"AT" -> Aphex Twin - "D'N'B : Drum & Bass" 3 / 5

Des synthés pleurent. Je me mets à parler en image (sic). Je ne sais pas si c'est bon ou mauvais signe.

4 / 5

4 / 5

Dernière impression d'un mec dans l'audience : "T'as pas une impression de déjà vu ?"

5 / 5

5 / 5

Par Tomas Statius, publié le 10/09/2014

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