J Dilla par l'entremise de ses disques

Un documentaire revient sur l'influence du producteur de Détroit J Dilla en se concentrant sur sa discothèque. 

J Dilla

Qu'il semble difficile de dire quelque chose de neuf sur une personnalité aussi adulée et regrettée que James Dewitt Yancey aka. J Dilla. Tant de documentaires, de témoignages, de marques d'affection et de respect pour celui qui est considéré comme l'un des plus grands producteurs que le hip hop ait jamais porté. Un de ceux dont le départ prématuré (en 2006 à l'âge de 32 ans) a ouvert une plaie saillante que le mouvement ne parviendra peut être jamais à panser.

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J Dilla par ses Disques

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Si tout semble avoir été dit sur la portée de ces productions ô combien avant gardistes et révolutionnaires, un nuage de fumée entoure toujours l'homme. Peu de choses ont filtré à propos de sa manière de travailler, de créer et en ce qui concerne son intimité plus généralement. Une volonté certainement de l'entourage du compositeur de Détroit dont la timidité et la modestie étaient bien connues de ceux qui ont croisé sa route.

Et là se pose la question de la solution à ce dilemme. Comment parvenir à tirer de nouvelles ficelles narratives sur un sujet qui semble pour partie épuisé et intouchable pour l'autre ? Les réalisateurs de la série américaine Crate Diggers [consacrée à la recherche de vinyle, ndlr] diffusée sur Fuse semblent avoir trouvé la solution. Ils posent leur valise à Détroit pour cet épisode, vont rencontrer sa mère, ses proches et apportent une nouvelle pièce au puzzle J Dilla.

Capture d'écran du Crate Diggers J Dilla

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Au croisement de l'intime et de l'artistique : il y a ses disques. Totems de sa créativité sans faille, incarnation de ses influences, mais aussi matériel premier de son travail; c'est en portant une attention toute particulière à sa discothèque que ce film d'une demi heure environ parvient à inscrire le compositeur dans un contexte pour mieux le comprendre.

Des anecdotes d'abord : le premier disque qu'il a reçu, sa visite quotidienne chez un disquaire de Détroit, les déclarations de son petit frère, les heures passées dans son studio à travailler, son rangement compulsif de ses "galettes" selon un principe de classement obscur. Les manies aussi : sa manière bien à lui de chercher des vinyles, les pastilles qu'il collait sur les disques qu'il comptait sampler. Les rencontres enfin : Dj Spinna, J Rocc, Talib Kweli, MadLib, ?uestLove, Common pour des séances de travail acharnés dans son studio.

Et puis les disques. Il y a quelques mois l'annonce de la vente d'une partie de sa collection (partie qui avait été égarée pendant des années puis retrouvée dans une benne à ordure à Détroit) avait fait l'actualité. Pour ce documentaire, on plonge réellement dans les cartons du producteur pour constater l'éclectisme de ses goûts et sa minutie à toute épreuve.

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Et surtout réaliser à travers les dires de ses proches qu'il était un créateur hors-norme.

J Dilla - Crate Diggers

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Source : FACT

Par Tomas Statius, publié le 22/03/2013

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