Rencontre avec Only Real, fournisseur de pop acidulée

Relax, joyeux, blagueur, nonchalant, cool, aimant ses potes, la bière et les nanas, Niall Galvin aka Only Real est un pur britannique. Nous l'avons rencontré avant son concert londonien, concert où il nous a balancé son flow inimitable et ses feel good pop surf songs, nous replongeant dans les années 90. Only Real, c'est une vieille vidéo VHS de tes soirées adolescentes à la sauce anglaise. 

À 22 ans, ce londonien enchaîne les tubes entre rap et surf pop

Konbini ⎢Tu viens de signer un contrat avec Virgin Records, tu peux nous en dire plus ?

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Only Real ⎢ Ils ont Only Real maintenant, mais je garde le contrôle créatif. De toute façon on sait dans quelle direction amener Only Real. Je sais qu'il y a une certaine pression malsaine avec les majors pour certaines personnes. Dans mon cas, j'aurais pu aller avec un label indépendant mais j'ai préféré Virgin parce qu'on partageait la même vision des choses et qu'on se comprenait. Ils sont là pour m'aider à faire de la bonne musique. Ça va m'aider à ce que mes rêves deviennent réalité.

K Un de tes rêves est-il de devenir« huge » ?

Fuck yeah! (rires) Ce n'est évidemment pas la chose la plus importante, mais pour les musiciens, la reconnaissance fait du bien. Les points de vue externes sur ta musique sont les plus importants. N'importe qui peut rester chez soi et se dire que ce qu'il crée est super bon. Mais c'est encore mieux de se l'entendre dire par autrui, pas que par ta mère; même si l'avis de ma mère compte énormément bien sûr.

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Comment décrirais-tu ta musique si c'était une personne ?

Je dirais que je suis lié à Jesse James parce qu'il vient du même coin que moi en Irlande. C'était un cow-boy qui tuait sans aucune morale. Je pense que c'est le parallèle le plus proche avec Only Real.

Comment crées-tu tes chansons ?

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Généralement je suis totalement nu chez moi. Je me réveille, j'allume l'ordinateur, je branche ma guitare et je commence par écrire une phrase où à jouer un son. Parfois pour finir les paroles, j'ai besoin d'aller dans un café pour sortir un peu de mon antre. J'écris sur des choses très simples et réelles : ça doit rester authentique, c'est ma ligne de conduite. J'écris sur ce que je connais, sur la vie, mon expérience, les choses que j'ai vues, ressenties, sur ma vie, celle de mes potes.

Quelles sont tes influences ?

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Beaucoup de musique avec guitares des années 1980, The Cure, Yo La Tengo, The Clash, Deerhunter. J'aime aussi des groupes des années 60 un peu ringard style The Beach Boys. J'adore des groupes de hip-hop des années 90. Et aussi ce qu'on entend en ce moment dans ce pub, mes potes de Childhood.

Dirais-tu que Londres est une source d'inspiration musicale ?

Absolument ! Avoir grandi ici a été incroyable. Je ne pense pas qu'on puisse vraiment réaliser à quel point c'est génial d'habiter à Londres, à moins d'avoir vu une autre perspective, d'avoir vécu ailleurs. Quand j'étais à l'université à York, j'ai soudainement commencé à comprendre que Londres était une ville superbe.

Avoir été élevé ici a vraiment façonné Only Real. Je n'en serais pas là sans avoir vécu à Londres. C'est ma plus grande influence, surtout l'ouest de Londres où je vis parce que c'est magnifique. J'y passe de bons moments avec mes amis dans les pubs.

Est-ce qu'une personne t'a influencé dans ton processus musical ?

Pas vraiment. Je pense que la musique était innée pour moi. Je savais qu'il fallait que j'en fasse parce que c'est la seule chose sur laquelle j'arrive à rester concentré. Mes parents m'encouragent dans cette voix, ils voient bien à quel point travailler la musique est plus facile et saine pour moi que toute autre chose.

J'ai commencé quand j'avais 14 ans avec une guitare classique, que je tenais de travers comme une guitare espagnole en mode rock'n'roll. J'y ai passé des heures et des heures à jouer sur cette guitare. Depuis, elle est cassée mais je la garde quand même.

Est-ce que tu as, à un moment, sacrifié ta vie scolaire pour la musique ?

Non je n'ai pas eu besoin d'abandonner l'école. J'ai un diplôme de théâtre. J'ai été ce genre d'élève qui s'en est toujours bien sorti. Quand j'étais à l'université à York, je séchais pas mal de cours parce que je retournais à Londres pour la musique. Mais au final, j'ai réussi à obtenir mon diplôme, que je ne mérite pas totalement comparé à mes potes qui travaillaient d'arrache-pied.

Tu vas jouer à Austin au festival SXSW, comment ça s'est fait ?

Je ne sais pas trop. J'ai reçu un tweet un jour d'un mec me disant félicitations par rapport à ce festival. Je savais qu'on essayait que j'y joue. On s'était enregistré sur le site mais après je n'avais pas eu plus de nouvelles. Puis ce tweet a surgi et ensuite j'ai envoyé un sms à mon manager pour être sûr de sa véracité. En vrai, c'est complètement dingue que je puisse jouer là-bas.

Meilleur et pire moment de ta carrière ?

Mon meilleur moment serait probablement ce concert à l'ouest de Londres en août. Il faisait tellement chaud et on suait tellement qu'on avait du mal à jouer de nos instruments. C'était vraiment l'éclate ! Et le pire c'était dans ce petit avion qui tanguait au retour du concert à Nantes en mars dernier. J'étais tellement bourré.

PS : Si vous le rencontrez, n'oubliez jamais de lui offrir un sachet de fraises tagada.

Par Solenn Cordroc'h, publié le 14/01/2014

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