Ce que l'on apprend dans l'interview inédite de Kurt Cobain

Vingt ans après sa disparition, Kurt Cobain n'en finit pas de fasciner. Aujourd'hui, c'est une interview de l'idole de la musique grunge qui refait surface.

Kurt Cobain, 1994, photographié par le Français Youri Lenquette (Crédits image : Youri Lenquette)

Kurt Cobain, 1994, photographié par le Français Youri Lenquette (Crédits image : Youri Lenquette)

Kurt Cobain a indéniablement marqué sa génération. Quand la maison de l'ancien leader de Nirvana est en vente, c'est un vent de folie qui souffle sur la communauté des fans. Même topo lorsque des photos de l'enquête autour de sa mort refont surface ou qu'une lettre à propos de Courtney Love est retrouvée. Aujourd'hui, c'est une interview de la rock star qui a été exhumée en Belgique.

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C'est sous l’impulsion de Nick Soulsby que l'entretien, qui date du 23 novembre 1991, a été déniché. L'enregistrement avait été diffusé à l'époque sur les ondes de radio Studio Brussel. Ce spécialiste de la culture grunge a pris contact cette année avec la VRT (organisation de la radiodiffusion flamande) afin de retrouver cet enregistrement rare de Kurt Cobain.

Nick Soulsby aurait annoncé à la radio :

Je travaille en ce moment sur un ouvrage à propos du groupe Nirvana et j'ai appris grâce à la communauté de fans active sur Internet qu'une interview avait eu lieu en Belgique en 1991. Seulement, personne ne l'a jamais retrouvée.

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Près de 25 ans après les faits, le personnel en charge des archives a réussi à le récupérer.

La violence contre l'ennui

Nous sommes donc le 23 novembre 1991 à Gand. Deux mois plus tôt, Nirvana sort son deuxième album studio, Nevermind qui connaît un succès progressif, soutenu par la sortie du single "Smells Like Teen Spirit".

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Dans l'entretien accordé à la radio Studio Brussel qui est conduit par le Belge Niels Delvaux et qui dure plus de cinq minutes, Kurt Cobain aborde une réalité du groupe : la violence. L'artiste évoque ce qu'il qualifie d'"énergie négative". Soit les excès en tous genres du groupe, entre alcool, drogues et autres dégâts matériels causés par la formation.

Au rockeur d'admettre :

Vous savez, une tournée de trois mois, c'est vraiment très ennuyant. On loge toujours dans les mêmes hôtels, les mêmes coulisses [...]. On passe huit heures par jour à rouler en bus. Alors pour lutter contre l'ennui et la routine, les musiciens boivent trop, se droguent et cassent tout après.

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Et d'ajouter cette précision :

Je ne sais pas si c'est un cliché, mais c'est vrai que tous les groupes de rock ont tendance à engendrer de la casse. Ceci dit, la presse aime exagérer ce genre de choses. Ce n'est pas aussi extrême que ça. C'est marrant de le faire, ça fait partie du truc (rire).

Mais un jour peut-être, on appréciera autant la beauté que la violence. On n'apprécie pas spécialement la violence mais c'est de l'émotion, une partie de l'émotion, de l'énergie négative. Ca serait bien qu'un jour on sépare les deux.

L'amitié au sein du groupe

Dans cet entretien de cinq minutes il est aussi question des rapports entre les membres du groupe. L'artiste confie :

Si on n'était pas vraiment amis, on ne formerait pas ce groupe. Kris Novoselic [le bassiste de la formation, ndlr] et moi, on travaille ensemble depuis quatre ou cinq ans mais avec différents batteurs.

Dave Grohl, le batteur actuel joue avec nous depuis un an. Les autres avant étaient vraiment mauvais ! Maintenant on forme un groupe. Vous savez, c'est vraiment difficile de trouver un bon batteur, un qui respecte le rythme.

-> À lire : Entretien : la dernière séance photo de Kurt Cobain, vingt ans plus tard

Par Mathieu Piccarreta, publié le 11/08/2014

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