Interview : Darius et sa romance de velours

Terence aka Darius, ce Bordelais de 24 ans signé chez Roche Musique, nous a fait le plaisir de nous accorder sa toute première interview à l'occasion de la sortie de Romance - son deuxième EP après Velour - qui allie avec classe et grandeur des sons électroniques entraînants et un romantisme planant.

DARIUS

"Je n'essaie pas d'être quelqu'un d'autre sur scène, ni d'inventer un personnage : justement la cover illustre quelqu'un qui me ressemble. Au fond Darius restera toujours Terence accompagné par la musique"

Konbini | Pourquoi Darius comme nom de scène ?

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Darius | Il n'y a pas vraiment d'anecdote sur le choix de mon surnom, ça a plus été un choix instinctif que réfléchi. Au niveau de la sonorité, c'est ce qui me parlait le plus.

Combien de Terence est-ce que tu mets dans Darius ?

Je n'essaie pas d'être quelqu'un d'autre sur scène, ni d'inventer un personnage : justement la cover illustre quelqu'un qui me ressemble. Au fond Darius restera toujours Terence accompagné par la musique.

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Quel a été le déclic qui a déclenché ton envie de faire de la musique ?

Il y a quatre ans quand je faisais des études de graphisme en alternance à Lyon. Cela a a été une période très importante pour moi car elle a été à la fois très noire et très révélatrice que ce soit dans ma vie personnelle comme dans ma vie étudiante.

Les choses n'allaient pas comme je l'espérais et c'est rentrant chez mes parents pour me refaire une santé que je me suis tourné sérieusement vers la musique, en montant mon propre projet sur Myspace. C'est à ce moment-là que j'ai eu le déclic car je n'avais plus que ça en tête, vivre de ma passion.

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Comment as-tu émergé ?

C'est en faisant mes premiers pas sur Myspace et très vite Soundcloud que j'ai pu enfin partager ce que je n'avais jamais osé faire écouter à qui que ce soit, mes premières compositions sur ordinateur et d'autres créations très samplées de morceaux funk, disco ou soul pour ne citer qu'eux.

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Très vite j'ai pu découvrir d'autres artistes dans l'univers que je recherchais à l'époque et Shiny Disco Club a été le début de mes aventures. Cela a a été l'origine d'une succession de rencontres qui ont changé ma vie : Dorian Miche (Cherokee) puis Jean Janin (Cézaire) ou Thomas Thierry (Kartell). Vincent (Hot Steppa/FKJ), je l'ai rencontré lors d'une date qui est d'ailleurs devenue symbolique car nous avons tous évolué main dans la main par la suite, d'où ma réjouissance de sortir Romance avec Roche Musique.

K |  Quelles sont tes influences principales ?

Pas évident pour moi de répondre à cette question, mais pour citer les principaux il y aura toujours les incontournables Daft Punk car en terme d'émotion et de beats entraînants, c'est là où j'ai principalement tout appris. Sinon, College et Air dans mes premières ambiances, les tracks disco de Mr. Oizo et de Siriusmo, le chill de Modjo, la nostalgie ou la mélancolie de Sebastien Tellier, le côté céleste de Lone, la chaleur et la profondeur de Moods, etc.

Dans cette palette assez large il y a tout un tas de déclinaisons, j'aime bien essayer de combiner les genres musicaux qui divergent d'années en années pour en faire une seule et même émotion.

Comment arrives-tu à trouver cet équilibre parfait entre musique électronique jugée assez brutale, chaotique, et ce côté très chill, tout en douceur ?

J'ai toujours été plus attiré par les beats percutants qui maintiennent l'attention, en parallèle de la mélodie principale. C'est comme une seconde surprise où dès la première écoute tout est en parfaite symbiose avec le reste, mais il y a aussi ce côté imprévisible et captivant qui me plait et qui met en valeur ce que je veux transmettre.

Le côté chill et doux d'un morceau m'a toujours rendu plus serein. En général, c'est quelque chose que je vis moi-même et que je veux transmettre aux gens. Quelque part on a tous besoin de lâcher prise, de se laisser transporter par une mélodie qui parfois devient une façon énergisante de voir notre vie.

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Le vrai visage de Terence aka Darius

Quel est ton processus de création ?

Principalement la nuit, dans mon home studio tamisé avec tout ce qu'il faut pour se détendre. Les choses se mettent en place naturellement, tout se fait au feeling. Soit je peux errer des heures durant sur mes claviers sans but précis, soit j'ai un air précis et sait exactement ce que je veux. La composition peut parfois durer une nuit comme une semaine selon les humeurs.

Le processus final sera l'écoute. C'est une étape très importante qui me permet d'être objectif sur mon travail. Ce n'est pas par égocentrisme mais parce que je pense qu'il est important d'éprouver, ressentir d'abord soi-même quelque chose avec son travail si on veut procurer quelque chose aux personnes qui nous écoutent. Pour ma part j'aime planer et rentrer dans une autre dimension, jusqu'à ce que ça en devienne limite spirituel.

| Avec et où qui devrais-t-on écouter ta musique pour une expérience optimale ?

Chez moi avec mon hospitalité.

Comment envisages-tu tes concerts ?

J'aimerais bien jouer mes propres synthés, monter une histoire à la fois abstraite et fantasmagorique par des exclus, extended, édit et remix de mes propres morceaux et également porter une grande importance à l'esthétisme des visuels.

Le tout pour un résultat captivant et hypnotisant avec par exemple des projections qui illustrent vraiment mon univers. Je n'ai pas encore défini complètement techniquement mon live mais ma démarche sera toujours celle de transporter au mieux le public dans un état de plénitude.

Le futur de Darius ?

Je vais sortir une série de vinyls avec un format qui me tient à coeur qui intégrera Velour d'un côté, et Romance de l'autre. D'ailleurs je ne vais pas tarder à attaquer la pochette. Et sinon, si le bagage me le permet, j'aimerais à terme produire des artistes.

Par Solenn Cordroc'h, publié le 24/02/2014

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