Interview avec Petite Noir, la découverte pop sud-africaine

Lors des Transmusicales de Rennes, notre blogueuse Clémentine est allée sur place histoire de prendre le pouls de la nouvelle scène musicale. Pop, rock ou electro, on a passé en revue les artistes les plus prometteurs. Parmi eux, Petite Noir, un jeune artiste sud-africain dont le mentor n'est autre que Foals.  

Lorsque le nom de Petite Noir est apparu sur Pitchfork avec la chanson Till We Ghosts, je suis instantanément tombée amoureuse de cette pop mystérieuse, à la fois dark et extrêmement réjouissante. Yannick, venant tout droit d’Afrique du Sud et du haut de ses 21 ans, a enchaîné avec une tournée en première partie de Foals, sans transition.

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Son concert aux Transmusicales a été à la hauteur du buzz qu’il produit en ce moment. Et c’est un peu tard, le soir de son concert, que je l’ai rencontré.

Konbini | Alors, c’était comment le concert de ce soir ? C’était ta première fois en France ?

Yannick : Oui, c’est la première fois que je joue ici, mais je suis déjà venu quand j’étais petit.

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K | Ce soir, tu étais attendu comme la « nouvelle sensation ». Est-ce-que le public a bien réagi à ton concert ?

Franchement, je crois que c’était mon meilleur show !

K | Tu es né à Bruxelles. Est ce que c’est pour cette raison que tu parles français ?

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Non pas vraiment. Mon père est congolais et ma mère angolaise. Depuis toujours, ils me parlent français et anglais en même temps. Du coup, je suis devenu bilingue. Mais je commence à perdre un peu mon français !

K | Tu viens de Cape Town, en Afrique du Sud; tu fais la première partie de Foal; tu as eu une review dans Pitchfork : comment tu en es arrivé là ?

Je ne sais pas...

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K | Est-ce que tu as juste commencé par faire ta musique ?

J’ai commencé à faire de la musique quand j’avais 15 ou 16 ans. J’étais dans d’autres groupes ce qui m'a permis d'apprendre à « comment faire » et où aller quand tu as envie de faire de la musique. Même si le dernier groupe dans lequel j’étais marchait pas mal à Cape Town, je me suis dit que j’avais des trucs à produire tout seul. Des choses à donner, à travers un projet solo.

K | Tu composes tout seul ?

Oui. Et le premier concert de ma vie, c’était il y a trois mois.

K | Tu as déjà joué en Afrique du Sud avec Petite Noir ?

Non. En fait j’avais envie de m’en détacher, pour mieux revenir. Beaucoup d’artistes commencent par réussir dans d’autres lieux avant d’être connus dans leur ville d’origine.

K | Et tu as passé beaucoup de temps à Londres, pour jouer et rencontrer des gens ?

Ce qu'il s’est passé, c’est que j’ai signé sur un label à Londres il y a six mois. Et après, le projet a juste grandi. Toute l’attention qu’on m’accordait venait d’Angleterre. C’est marrant parce que je n’ai pas passé tant de temps que ça là bas : ça a juste bien fonctionné. Après j’ai signé sur le label de mon manager – avant de signer avec Domino – et les choses ont évolué. Puis j’ai fini par faire un concert à Londres.

K | Tu as donc signé chez Domino ?

Oui, pour trois albums.

K | Ça te projette loin dans le temps !

Le truc, c’est que je suis vraiment content avec eux. Je me sens bien avec ce label. Alors, quand j’ai vu « trois albums » sur le contrat, je me suis même pas demandé si un jour j’allais avoir envie de changer.

K | Tu en es où de l'écriture de ton premier album ?

Je pense que je vais commencer à écrire à Manchester, à partir de janvier 2013. J'ai déjà déménagé en Angleterre, juste avant que la tournée avec Foals ne commence.

K | C’était comment cette tournée avec Foals ?

C’était fantastique ! Tellement excitant. J’écoute Foals depuis le lycée donc c’était un peu irréelle comme situation.

K |Et comment as-tu rencontré le groupe ?

La mère du chanteur des Foals, Yannis Philippakis, est sud-africaine. Il y a un an et demi, il est venu et je l’ai rencontré. On a discuté alors qu'il n'avait jamais écouté ma musique, seulement un écho grâce à Pitchfork. Il m'a alors demandé si j'étais d'accord pour faire une tournée avec le groupe. J’ai dit oui. Le truc bien avec cette série de concerts, c’est que c’était que des petites villes en Angleterre. Des villes où je ne serais jamais allé.

K | Est ce qu’il y a une scène musicale en Afrique du sud ?

A Cape Town oui : c’est la ville sud-africaine la plus créative, la plus arty. A l'inverse, Johannesburg, c’est une ville qui est plus tournée vers l’économie, le commerce.

K | Est-ce que tu t'en sens proche ? 

Je savais que ma musique allait « arriver » en Afrique du sud, surtout en signant avec Domino. Mais même si j'ai vécu très longtemps là-bas, je me sens plus reconnu en Europe.

K | Tu écoutes beaucoup de musique ? Ou est ce que tu as besoin de t’éloigner de toute forme d’art pour créer ?

J’essaye d’écouter beaucoup de musiques de manière générale. Surtout des trucs très différents de ce que je fais. Comme du rap, du R’n’B, ou des truc très downtempo. Et ensuite ça doit se ressentir plus ou moins dans la musique que je fais.

K | Les gens en France ont dû te poser mille fois cette question, de pourquoi...

...pourquoi Petite Noir ? En fait, je ne sais pas ! Ça m’est juste venu à l’esprit naturellement. Je ne me suis pas fait un lavage de cerveau pour absolument me trouver un nom. Pour certaines raisons, ce nom s’est imposé.

Texte écrit par Clémentine Blue.

Par Konbini Staff, publié le 22/01/2013

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