En images : trois jours au Pitchfork Festival

33 groupes, trois jours de concerts pour plus de 30 heures de live. Ce week-end, Konbini était à la Grande halle de la Villette  pour couvrir le Pitchfork Festival de Paris. En guise de hors-d'oeuvre, et avant le live report, une sélection des images qu'on a prises. 

Pitchfork Festival

L'entrée du Pitchfork (Crédit Image : Louis Lepron)

À chaque fois c'est le même rituel. À gauche la scène "verte", à droite la scène "rose". Les "crash barrières" délimitent le lien entre le public et le groupe. Au milieu, la cour des photographes et des vidéastes. Cette année, elle est plus nombreuse et plus variée.

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On reconnait les anciens, ceux qu'on croise habituellement en festival. On acceuille, une fois n'est pas coutume, des Anglo-saxons et on trouve toutes sortes d'objectifs utilisés. Des gros, des petits, parfois même accompagnés de miroirs et de filtres rougeâtres.

Pitchfork Festival : jour 1

Pour débuter, rien de telle qu'une bonne formation qui a le sourire. Il est 19 heures passé et Mac DeMarco entre sur scène. Il fait des grimaces, bouge, se fait envoyer des clopes depuis le public et a toute l'attention des photographes tant il réussit à les appâter par ses trouvailles originales. Un bon client qui prend bien la lumière.

Mac DeMarco (Crédit Image : Louis Lepron)

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Mac DeMarco (Crédit Image : Louis Lepron)

Mac DeMarco (Crédit Image : Louis Lepron)

La suite s'appelle Savages. Le groupe, déjà croisé au dernier Rock en Seine, dynamise l'audience. Certains trouveront à redire en voyant dans Savages un groupe "austère" ou "un brin intellectualiste". Loin de là. La formation - surtout son leader -, se veut accessible aux photographes comme au public. Pas de ça entre nous.

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Car Jehnny Beth, cheveux courts de sortie (on pense à Natalie Portman dans V pour Vendetta, c'est dire...) attire la lumière. Jusqu'à même trouver sa place dans le public et chanter alors que l'équipe de sécurité en a les bras ballants. Un instant, elle réussit même à faire taire les smaprthones et appareils photo du public. Pas de ça entre nous, encore.

Résultat, la chanteuse photogénique sera l'artiste du Pitchfork que je prendrai le plus en photo au cours du Pitchfork. Les lumières le permettent, tout autant que ses mimiques qui font de son visage le miroir de sa musique rock. Une rage qu'on aime capturer.

Jehnny Beth des Savages (Crédit Image : Louis Lepron) 

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Jehnny Beth des Savages (Crédit Image : Louis Lepron)

Jehnny Beth des Savages (Crédit Image : Louis Lepron)

(Crédit Image : Louis Lepron)

Darkside enchaîne. Au départ, le temps se fait long pour les photographes. On se regarde, alors que la faible luminosité présente sur la scène empêche de prendre des images. Puis, peu à peu, le duo fait monter sa musique tout en augmentant doucement l'éclairage qui l'entoure.

Autour d'elle, la formation de Nicolas Jaar et de Dave Harrington se voit entourer de rétro-projecteurs qui, progressivement, pointent des strass de lumière dans leur direction. C'est beau, mais foutrement difficile à rendre compte en images. Un peu comme leur musique ?

Dave Harrigton et Nicolas Jaar (Crédit Image : Louis Lepron)

Dave Harrigton (Crédit Image : Louis Lepron)

Pitchfork Festival : Jour 2

16h40 : on se précipite. Un petit groupe français vient de prendre place, Petit Fantôme. Un ans après le passage de François & The Atlas Mountain au Pitchfork, voilà que son claviériste Pierre Loustaunau a monté un projet pour une mixtape, Stave, dévoilée le 1er mai dernier.

Ce sera le groupe le plus facile à capturer tant les lumières sont belles. Elles permettent de jouer avec les contrastes et de voir dans le chanteur une sorte de réincarnation shoegaze de Jésus, moustache et tresses de sortie.

petit fantôme (Crédit Image : Louis Lepron)

petit fantôme (Crédit Image : Louis Lepron)

Dans le public (Crédit Image : Louis Lepron)

Petit Fantôme (Crédit Image : Louis Lepron)

A 16 heures 15, l'attraction metal du festival approche. Deafheaven. Une consigne est donnée aux photographes : pas le droit de prendre des images de la formation excepté au cours de la troisième chanson. Elle débute mais on est sur pause pendant un temps : le groupe joue en contre-jour.

Peu à peu, le leader, pantalon noir, chemise noire, gants de cuir noirs, dévoile sa hargne. Une attitude rigide aux antipodes du look du reste du groupe et certains mouvements du bras que certains interpréteraient comme un peu tendancieux..La luminosité, faiblarde, donne un résultat à l'image de Deafheaven : peu accessible. Le leader sort de l'ombre pour ne dévoiler que sa façade "gueulante".

Le chanteur de Deafheaven (Crédit Image : Louis Lepron)

Le chanteur de Deafheaven (Crédit Image : Louis Lepron)

Pour remplacer Ariel Pink, le Pitchfork a fait appel aux Wall of Death pour finalement décaler Jagwar Ma à 21 heures. Le trio débarque sur scène sans tambour ni trompette. La puissance musicale fera le reste avec des lumières qui donnent une réelle dynamique au set.

Non, il ne s'agit pas de Kurt Cobain rappelé à l'ordre mais de Gabriel. Pas l'ange, plutôt le guitariste et chanteur de la formation.

Le chanteur des Wall of Death (Crédit Image : Louis Lepron)

Fraîcheur oblige, on demande les Warpaint. Sorte de grandes soeurs rock et britanniques d'Au Revoir Simone, la formation est plaisante à voir et à écouter. Les couleurs scintillent, la bassiste s'amuse à onduler sur la rythmique tandis que les deux chanteuses font face au public, main dans la main. Coup de coeur.

Warpaint (Crédit Image : Louis Lepron)

Warpaint (Crédit Image : Louis Lepron)

On termine la journée avec Danny Brown. Le rappeur fou de Détroit fait vite le tour de la scène tant il a la bougeotte. Tellement qu'il est difficile de prendre une image nette de lui. Le mieux est alors d'illustrer son set par un flou pas vraiment artistique mais qui en dit long sur son hyper-activité hip-hop.

Danny Brown (Crédit Image : Louis Lepron)

Pitchfork Festival : Jour 3

Les courbatures se font sentir, mais on s'en fout : Pitchfork souffle sur nos plaies avec une programmation plus douce, parfois molle, mais pas sans son lot de surprises. C'est le (premier) cas avec la prestance solide des Français de Pegase. Au même titre que Isaac Delusion en 2012, la formation qui entoure le Nantais laisse un bon souvenir alors que sa programmation, disposée en heure creuse, était risquée.

Pegase (Crédit Image : Louis Lepron)

Pegase (Crédit Image : Louis Lepron)

Pegase (Crédit Image : Louis Lepron)

S'ensuit un extra-terrestre. Jeans noirs, t-shirt blanc, crâne chauve : on croirait voir débarquer un Steve Jobs de la musique sous acide. Accompagné de son claviériste, le chanteur des Majical Cloudz déclame sa tristesse, ses histoires de drogue et ses amis perdus.

Pour ce faire, deux lumières ont été disposées dans le dos des membres. Elles se croisent. C'est à la fois étrange, déprimant et sobre, mais ça marque.

Majical Cloudz (Crédit Image : Louis Lepron)

La surprise de la journée - sinon du festival ? -, Omar Souleyman. Lunettes noires, foulard enroulé sur la tête, mains qui n'en finissent pas de frapper la cadence... le Syrien met une claque de vigueur au Pitchfork. Avec des lumières qui rappelent le désert et une musique qui pourrait être servie à un mariage, on n'est pas loin de penser qu'on est tombé dans une faille spatiotemporelle.

Et ce n'est pas la simplicité du show, comme l'accoutrement du chanteur, qui vont nous faire changer d'avis.

Omar Souleyman (Crédit Image : Louis Lepron)

Omar Souleyman (Crédit Image : Louis Lepron)

De loin, Yo La Tengo et Panda Bear prennent le relais. Le premier avec du rock et des arbres, le deuxième avec un set placé sous le signe du minimalisme visuel mais d'un fourre-tout musical parfois difficile d'accès. Le lien avec Animal Collective, un an plus tôt au Pitchfork, est fait.

Yo La Tengo (Crédit Image : Louis Lepron)

Panda Bear (Crédit Image : Louis Lepron)

La soirée et le festival vont se clôturer autour du set des Hot Chip. La formation est très attendue : dès les premières notes, ça bouge, ça danse et les tubes des Britanniques sont repris par la foule. Alors que le choix des tracks se veut joyeux et parfois même jouissif (une cover de George Michael a même été entendue), les apparences scéniques sont éclatées.

On passe du vert au jaune en passant par le bleu. Mais qu'importe, l'heure est à la fête, et ça s'entend plus que ça ne se voit.

Hot Chip (Crédit Image : Louis Lepron)

Hot Chip (Crédit Image : Louis Lepron)

Hot Chip (Crédit Image : Louis Lepron)

Par Louis Lepron, publié le 03/11/2013

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