Live Report : Hanni El Khatib à la Boule Noire le 26 février

Rien de plus plaisant qu'un concert qui sent le souffre, transfiguré par un artiste habité. L'invitation était signée par le label Because, la salle, bien remplie de convives qui se connaissent et se reconnaissent mais également de quelques chanceux.

Hanni El Khatib

© Camille Balenieri pour Le Charivari

23 heures : El Khatib et sa bande, tels des diables sortis d'un film de Rodriguez, foulent enfin la scène de la conviviale Boule Noire. Le public se prépare à une avalanche de sons et d'effets larsen sâles à souhait.

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Première surprise, le californien est ce soir accompagné de son nouveau groupe, composé de son fidèle guitariste et de deux nouveaux membres, respectivement à la basse et à la batterie. Quand le premier nous ramène à l'âge noir des Ramones, brut mais soigné, un son sourd et bien gras, le second, sobre, aussi bien vestimentairement que dans sa manière de caresser la caisse claire, nous rappelle les Black Keys et forcément, tout fait sens quand on sait que l'album, Head in the dirt, présenté ce soir, est une production de Dan Auerback (dont ce mec doit être un pote).

La tendance est donnée. Toujours aussi rock, sans doute moins noir, ce dernier prend d'entrée place dans le set du groupe. Un morceau, deux morceaux et c'est un malheureux problème technique de prise électrique qui vient interrompre un live partit en trombe au rythme d'une grosse caisse omniprésente. On patiente quelques instants, les musiciens restent calmes. Le tout nous donne l'impression de voir un groupe d'amis du bahut jouer dans son garage. Le jus revient et le show redémarre si bien que l'on en oublie presque l'incident.

© Camille Balenieri pour le Charivari

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Les nouveaux morceaux s'enchainent, on se prend rapidement au jeu et laisse maladroitement pencher son corps, porté par les vibrations que délivrent les deux amplis Fender vintage d'Hanni et son guitariste. Le nouveau single Family nous entraine bientôt dans sa course folle au clavier. Assurément, il n'a aucun mal à convaincre l'audience.

Milieu du set, après une énième déferlante de disto, situation cocasse que l'écoute d'un morceau totalement mielleux (nom à retrouver). Les fans de la première heure se regardent et se demandent ce que vient faire une telle balade pop dans ce set. El Khatib semble même ne pas y croire. Mais pas d'erreur, pas de reprise, il s'agit bien d'une composition de la moitié du groupe d'Akron. Après le tumulte des titres précédents, cette balade romantique parait malheureusement presque ridicule. Pourtant, ce diable d'Hanni, qui semble ce soir sortir d'un Tarantino (ou alors peut-être est-ce une allure constante), la porte, l'emmène, et nous entraine dans ce sillon boueux tracé derrière lui. Alors même si on se marre, on apprécie tout en restant par la suite, content du retour des gros sons.

Déferlantes de claques, de reprises de volées victorieuses et d'hypercuts, le temps défile à vive allure, teinté de visions des ombres du célèbre duo Américain sans que rien n'éclipse le charisme du démon Kathib. Dead Wrong, jouée comme à son habitude telle une balade pop, presque acoustique, laisse l'écho des voix des spectateurs couvrir la musique le temps des refrains. Un joli moment avant de retourner aux nouveautés. Des nouveautés qui semblent combler le pubic (que l'on savait certes déjà acqui à la cause). Dans la salle, bien que tous restent sages, une électricité flottante a embrasé l'air.

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Après une dizaine de chansons, une heure de live, le groupe quitte enfin la scène sans un mot s'adonnant au jeu du rappel sans doute sans grande conviction mais plus "par principe". Une petite porte à peine dissimulée derrière un long rideau, qui les avait laissés disparaitre quelques minutes plus tôt, se réouvre rapidement sur les silhouettes des musiciens décidés à en découdre avec deux titres de l'album Will the Guns comme Out, le frustrant et pourtant Ô jouissif Loved One et l'éternel Fuck it You Win pour clore les festivités. Evidemment, nous nous quitterons avec "le meilleur pour la fin" car malgré des efforts et de la musique de qualité, ce second opus reste en dessous du premier. Pourtant, on peut le dire, le capitaine tient toujours la barre et malgré tout Hanni, fuck it, you win.

© Camille Balenieri pour le Charivari

Merci au Charivari pour les photos.

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Antoine Legrand.

Par Konbini Staff, publié le 01/03/2013

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