Dans une lettre ouverte, Grimes se défend de faire l'apologie des "drogues dures"

Piégée par une vieille interview, la chanteuse canadienne Grimes se défend de faire l'apologie des amphétamines, qu'elle déclarait consommer dans un ancien entretien datant d'il y a quatre ans.

Grimes.

La chanteuse canadienne Grimes.

Presse internet, presse traditionnelle, radio, web-télés... Avec la quantité considérable de promotion qu'un artiste des années 2010 doit endurer, il peut lui arriver qu'une interview échappe à son contrôle. C'est exactement ce qui est arrivé à la chanteuse canadienne Grimes.

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Bien avant, Claire Elise Boucher, mieux connue de son patronyme scénique Grimes, a accordé un entretien au magazine CMJ, publié le 19 mars 2010. Intitulé "In An Altered Zone" ("En zone altérée") et sous-titré "Grimes is a trip" ("Grimes est un trip"), cet article construit une image d'artiste torturée vivant dans une cave où nulle lumière ne filtre, mais "avec tout le confort dont cette créature a besoin : un matelas sur le sol". Bon.

Dès les premières lignes, elle décrit l'environnement sombre où elle a écrit son premier album.

J'aime ma cave parce qu'elle est obscure. C'est la nuit perpétuelle. Il n'y a pas de fenêtre. Je n'aime pas la lumière du jour, [une pause] c'est improductif. [...] J'ai obscurci chacune des fenêtres, consommé des tonnes d'amphétamines et je suis restée éveillée trois semaines sans manger. Je ne peux absolument pas composer de musique pendant la journée.

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Probablement sans le vouloir, Grimes a ici fait une belle publicité pour les amphétamines, substance également connue sous le nom de speed, qui accélère le rythme cardiaque, agit comme produit dopant, provoque des ravages chez les femmes enceintes (ou plus précisément chez leur fœtus) et peut s'accompagner d'une forte dépendance. Ce n'est pas Spud qui vous dira le contraire.

Victime d'Internet

Sauf que l'état d'esprit de cette fille spirituelle "d'Aphex Twin et ABBA" (selon Tastemakers Magazine) a changé en cours de route. Malheureusement, Internet est sans pitié. Et la page Wikipédia de la chanteuse a été corrigée à plusieurs reprises pour faire disparaître cette citation, que des contributeurs insistaient sans relâche pour faire apparaître dans sa biographie.

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Dans un article sur son Tumblr paru le 17 août, Grimes a posté une sorte de démenti afin de se détacher de toute apologie à la drogue, mais aussi de critiquer les personnes qui souhaitent à tout prix relier son œuvre à la prise d'amphétamines. Il est à lire par ici en version originale. Nous vous le reproduisons ici en français :

Perdre des proches à cause des drogues et de l'alcool est le pire, parce que ces substances détruisent tous les bons souvenirs que vous avez d'eux avant même de devoir gérer le vide qu'ils laissent derrière eux. Aussi, qui que ce soit qui rajoutera les quelques mots que j'ai dits à propos des drogues plus tôt dans ma carrière sur ma page Wikipédia est un trou du cul.

Je ne veux pas que cela fasse partie de mon background, et si ça doit être le cas, je veux que les gens sachent que je déteste les drogues dures. Tout ce qu'elles m'ont jamais procuré, c'est de l'improductivité et la mort de mes amis.

Éditer sans cesse un site Internet que les gens prennent au sérieux et me faire passer pour quelqu'un qui pense que les amphétamines sont cool est incroyablement irresponsable. Certains pourraient lire ça et penser que c'est un truc cool à reproduire.

J'espère que vous savez que vous rendez au monde l'inverse d'un service. Je viens tout juste d'assister à la transformation en Gollum de quelqu'un qui m'est très cher, mon cœur est brisé.

À lire : Lettre ouverte d’une fêtarde berlinoise à ses amis cocaïnomanes

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Par Théo Chapuis, publié le 18/08/2014