François Hollande shoote des zombies dans une BD

Le président de la République confronté à une invasion de zombies en plein Paris, c'est ce qu'illustre le premier tome de la BD Zombies Néchronologies. Un récit post-apocalyptique qui alimente la chronique politique.

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Notre Président en killer de zombies, sans pitié, n'hésitant pas à faire parler la poudre pour éviter de se faire croquer. C'est de la fiction, bien évidemment, illustrée par la BD Zombies Néchronologies, du scénariste Olivier Peru et de l'illustrateur Nicolas Petrimaux, et dont le premier tome, Les Misérables, est paru fin juin.

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Ce prequel de la série Zombies nous plonge au cœur d'un chaos sanglant. À la manière de The Walking Dead, la Terre a été infectée par un virus, les morts-vivants ont gagné la première bataille, mais quelques survivants tentent de résister à l'invasion.

Pour ce premier tome de Zombies Néchronologies, l'action se déroule à Paris. Le virus a transformé la capitale française en bombe à retardement. Le ciel surplombant la tour Eiffel est sombre, les rues sont jonchées de flammes au milieu desquelles des corps sans âme sèment la terreur... jusqu'à faire trembler l'Élysée.

Mais qu'est-ce que François Hollande fout là ?

Il se baigne tranquillement dans un bain de sang. Le Président est en fait sous la protection du personnage principal, son expérimenté garde du corps nommé Charles. À ses côtés depuis une trentaine d'années, il doit cette fois-ci protéger le chef de l’État coûte que coûte, alors que l'armée tente, non sans mal, de contenir la menace aux portes de l'Élysée.

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Face au danger de plus en plus menaçant, François Hollande tombe le masque et retourne la veste de son costume deux pièces. Il se révèle alors égoïste et prêt à tout pour sauver sa peau, jusqu'à descendre un homme de sang-froid pour faire barrage à la meute de zombies.

Le chef de l'exécutif perd donc progressivement toutes ses valeurs et tous ses repères. Arrivera-t-il à s'en sortir ? Ce qui est sûr, c'est qu'il n'a pas échappé aux griffes des créateurs de la bande dessinée.

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Un François Hollande "un peu couille molle"

Rien de mieux que le zombie pour révéler la vraie nature de l'Homme. Et ça, Zombies Néchronologies, Les Misérables l'a compris. La BD en profite pour dresser une virulente critique de certaines institutions, jusqu'à s'attaquer à des chefs d'État français, dont François Hollande.

Les politiciens et, en particulier les présidents, sont présentés comme des assoiffés de pouvoir ne pensant qu'à leurs propres intérêts. Parmi eux, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et l'actuel chef du gouvernement français sont bien égratignés par ce récit, en particulier Hollande qui devient malgré lui l'un des personnages centraux du tome.

Le garde du corps du chef de l'État dresse des portraits peu élogieux des présidents qu'il a côtoyés. Ainsi, Nicolas Sarkozy est décrit comme "un type narcissique, imprévisible et contradictoire. Libéral à 9 heures, ultranationaliste à 10 heures, plus rose que les socialistes à 11 heures", rapporte Le Figaro. Jacques Chirac, lui, n'"aurait jamais dû être Président, c'est un job dans une boîte comme Lustucru qu'il lui fallait." Quant à François Mitterrand, c'est "un arriviste et un manipulateur d'une intelligence hors du commun. Des manières de grand seigneur mais une âme nauséabonde."

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Et François Hollande ? "Un bourgeois moraliste portant les oripeaux du peuple, gentil, un peu couille molle, avec le début d'un bègue dès qu'il est devant une caméra". C'est cadeau, et ausssi gratuit que ça : la république et la démocratie sont, d'après la BD, "des vieilles dames que les puissants prennent plaisir à baiser".

Cette critique bien acerbe de nos élites apporte un aspect politique omniprésent qui devient l'un des principaux intérêts de ce tome.

L'auteur peut-il être mis en cause ?

Non, selon Le Figaro. Le site web du journal en profite pour citer Mad ou encore Charlie Hebdo, preuves que BD et politique sont liées depuis un bon moment. Le journal évoque également, avec l'expertise du directeur de la rédaction du site Actua BD, le fait qu'"il y a une tolérance pour la bande dessinée qui n'existe pas pour le reste de la production littéraire."

Le spécialiste appuyant ses propos par la biographie de Marine Le Pen signée Caroline Fourest, adaptée ensuite en bande dessinée. Son auteure avait été attaquée en diffamation pour son livre mais la BD, elle, n'avait pas été pointée du doigt. 

On attend de voir si Zombies Néchronologies provoquera des réactions. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que François Hollande a les oreilles qui sifflent. Deux oreilles sur lesquelles il peut dormir tranquillement, en attendant une future invasion de zombies.

Par Rachid Majdoub, publié le 18/07/2014