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Chroniques australiennes : la folie Arcade Fire à Sydney

Publié le

par Olive Cougot

Après Melbourne, Konbini était à Sydney pour son deuxième Big Day Out, le jour de la fête nationale locale. Retour sur une journée exceptionnelle passée dans le bouillant Showground Stadium

Quatrième hôte du Big Day Out 2014, Sydney accueillait ce dimanche les festivaliers dans son mythique stade de cricket, situé juste à côté de l’Olympic Park.

Déjà considérée comme la meilleure date du BDO, la ville des Waratahs n'a pas failli à sa réputation et risque de conserver son leadership pour longtemps. La raison ? Une ambiance située au-delà du commun des mortels. Récit.

Deuxième étape : Sydney

Nous arrivons samedi matin à l’aéroport de Kingsford Smith avec un retard de deux heures, dû à un problème technique sur le Boeing 767. Un peu perturbés par cet épisode, on décide d’aller faire une rapide escapade à Circular Quay, histoire de faire quelques selfies devant l’opéra le plus célèbre du monde.

Parenthèse touristique refermée, on se rend à Kings Cross, le quartier” junky” situé à l’est de la city. Là-bas, on rejoint notre hôte, habituée du Big Day Out, qui nous avoue ne pas avoir pris de ticket cette année, à cause de “la chaleur abominable lors de la dernière édition”. Mais comme à Melbourne, c’est sous un ciel couvert que nous avons finalement parcouru tous les recoins du festival.

Découverte du Showground Stadium

Débarqués à la station Olympic Park via Redfern, on découvre l’immensité du site où les deux stades de la ville se tiennent à 100 mètres de distance l’un de l’autre. A l’entrée du Showground (là où le cricket se joue), on doit patienter pour récupérer nos accréditations. Une attente longue de trente minutes qui nous permet d’observer les premières vagues de festivaliers, venus -beaucoup – plus tôt qu’à Melbourne l’avant-veille.

Pressés de fouler les travées du stade, certains essaient d’égaler Usain Bolt à l’ouverture des grilles mais relâchent vite leurs efforts en voyant l’imposant dispositif de sécurité mis en place. Ici, les mesures sont drastiques et les agents n’offrent aucun passe-droit, pas même aux médias qui doivent franchir les trois portiques. Ambiance.

Sortis du “sas”, c’est bouche bée, et depuis les tribunes, qu’on aperçoit l’immensité du terrain et les deux main-stages, prêtes à recevoir les principales affiches du festival. A commencer par les sympathiques Bluejuice, venus au Big Day Out comme à la plage, tous vêtus de maillots de bain roses et de capes. Un set qui a au moins le mérite d’être attractif, comme celui des Naked And Famous, portés par leur tube “Young Blood”, joué à la fin.

Happy B-Day Niklas !

Bien lancé par les Néo-Zélandais sur la scène voisine, le public vient célébrer le psyché-rock de Tame Impala, fait de bizarreries sonores et de jams ahurissants. Brillants à Melbourne, les australiens le sont davantage à Sydney, dans une configuration qui leur va mieux. Un stade, déjà bien rempli à cette heure de l’après-midi. A son avantage sur l’intro “Mind Mischief”, le groupe monte en puissance (“Desire Be Desire Go”, “Why Won’t They Talk To Me?”) avant de livrer un récital (“Half Full Glass Of Wine”, ”Elephant”).

Après cette leçon, les vétérans de Mudhoney sonnent un peu fades, se contentant de faire tourner leurs amplis à plein régime. Déjà peu nombreux dans le hangar JBL Essential, le public quitte les lieux au compte-goutte. Un set pas vraiment convaincant donc, contrairement à celui des Hives, heureux de fêter l’anniversaire du guitariste Nicholaus Arson. Poussé par une partie du stade, l’homme à la moustache prend des poses improbables et ose quelques acrobaties avec sa Fender (“Hate To Say I Told You So”).

Beaucoup plus statiques, les Beady Eye ne changent rien à leurs habitudes sur la Blue Stage. Aperçus quelques minutes plus tôt en zone mixte, les Anglais arrivent à hausser le ton (“I’m Just Saying”, “Bring The Light”) après un début poussif (“Soul Love”), dû à la méforme relative de Liam Gallagher. Moins fringuant que l’avant-veille, le chanteur retrouve de l’entrain dès “Rock & Roll Star” (une reprise d’Oasis), singe le public et se fend de quelques onomatopées dont lui seul a le secret.

La folie Arcade Fire

Partis traîner dans les allées du festival après “Gimme Shelter”, on découvre une marée humaine au niveau de la Red Stage, où jouent les Lumineers. Coiffé d’un chapeau melon, Wesley Keith Schultz (chant/guitare) ré-accorde timidement sa guitare avant de lancer “Submarines”, joué en ouverture. Malheureusement pour eux et malgré un bon début de concert (“Ain’t Nobody’s Problem”, “Hey Oh”), les américains voient la pelouse se vider au fur et à mesure. La raison ? Arcade Fire.

Pour ne pas faire oublier la défection de Blur à un mois du BDO, c’est devant un public hilare que les sbires masqués du collectif entament les premières notes de “Song 2″. Et s’il “ne faut pas se moquer” d’Albarn et consorts, Win Butler passe de l’ironie au concret en lançant une version crescendo de “Normal Person”. Idéaux pour communier, les titres “Rebellion (Lies)” ou “Wake Up” annoncent les prémices de l’improbable flash mob, débuté sur “The Suburbs” et achevé sur “Reflektor”.

Après ce grand moment, direction la Boiler Room, où l’ambiance devient électrique avec la venue de Flume. En dessous de trois écrans géants, le jeune sydneyite assure derrière ses platines (“Holdin’ On”, “Insane”), et rend interactif un spectacle marqué par les premiers comas éthyliques. Un souci qu’Eddie Vedder a déjà dû connaître au cours de sa longue carrière avec Pearl Jam, venu conclure la soirée de la Blue Stage.

Souvent une bouteille – de vin- à la main, le natif d’Evanston (Illinois) n’a rien perdu de son jeu de scène malgré les années. Orateur confirmé, américain revendiqué, Vedder tient le stade d’une main de maître autour d’une machine sacrément huilée. Forts de leurs tubes (“Do The Evolution”, “Black”, “Sirens”), les Pearl Jam se permettent deux reprises de  Mother Love Bone et une de Neil Young (“Rockin’ In The Free World”) en conclusion. Impeccable.

De la fosse aux tribunes, tout le monde chante, danse, et affiche des sourires qui en disent long à l’heure où cette journée s’achève. En voyant la pelouse et les allées se vider, une certitude nous vient. Rien ne pouvait être plus parfait qu’aujourd’hui, tout simplement. C’est avec cette sensation que nous quittons le Big Day Out, des souvenirs pleins la tête.

Yeah, Sydney really rocks !

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