Cinq films passionnants à voir pendant le F.A.M.E Festival à la Gaîté Lyrique

Du 10 au 13 mars, le F.A.M.E. Festival revient à la Gaîté Lyrique, à Paris. Un évènement qui explore sans filtre les musiques et les sous-cultures du monde entier.

Image tirée du film Inside the Mind of Favela Funk, de Fleur Beemster et Elise Roodenburg

Inside the Mind of Favela Funk, de Fleur Beemster et Elise Roodenburg. (© Favela Funk Documentary)

Depuis trois ans, la Gaîté Lyrique accueille le F.A.M.E. Festival et met à l'honneur au cœur de Paris, pendant soixante-douze heures, des réalisations cinématographiques surprenantes, choisies aux quatre coins de notre planète. Au programme ? Conférences, concerts, lives nocturnes (comme celui du Dancing Heroes organisé par le collectif de Sonotown et de Point carré, qui prendra place le 11 mars à partir de  23h30) et surtout projections de films rarement diffusés en France.

Pour cette troisième édition, qui se déroulera du 10 au 13 mars prochain, les commissaires Olivier Forest et Benoît Hické ont concocté une sélection de longs métrages éclectique, qui explore de fond en comble les richesses de notre monde en matière de sons, d'images, de sous-cultures... De la scène metal des années 1980 au Favela Funk de Rio de Janeiro en passant par les drag queens de la nuit new-yorkaise, voici les cinq films qui nous ont fascinés.

Inside the Mind of Favela Funk, de Fleur Beemster et Elise Roodenburg (2015)

Les favelas de Rio de Janeiro sont connues pour leur violence. Mais les coups de feu ne sont pas les seuls bruits qui y résonnent : depuis de nombreuses années, ces quartiers vibrent également au son du Favela Funk, un genre musical très populaire, dont les paroles sont aussi crues que misogynes.

Désireuses de mieux saisir ce phénomène, et la façon dont les femmes y trouvent leur place, les réalisatrices hollandaises Fleur Beemster et Elise Roodenburg se sont rendus au cœur des favelas, à la rencontre des musiciens, danseurs et fans de cette musique, mais avant tout des Brésiliennes. À travers leur regard, elles s'interrogent sur la place qu'il reste à l'amour dans un monde où les gangs, les armes et la drogue font la loi.

Le documentaire Inside the Mind of Favela Funk sera diffusé le samedi 12 mars à 15 h 30. Il s'agira de sa première française.

Beats of the Antonov, de Hajooj Kuka (2014)

Depuis son indépendance en 1956, le Soudan est divisé en deux, avec un Nord musulman et un Sud chrétien et animiste. Chaque jour, ses populations sont bombardés par les Antonov, des avions ukrainiens qui rythment leur vie.

Avec Beats of the Antonov, le réalisateur Hajooj Kuka nous immerge dans le quotidien des habitants des régions du Nil Bleu et des montagnes Noubas, qui malgré les bombardements, n'ont jamais cessé de chanter, de danser ou de jouer du rababa, cet instrument à cordes traditionnel. Une façon pour eux de perpétuer leur héritage culturel, de faire acte de résistance, de maintenir une cohésion sociale, et finalement, de rester en vie.

Le film Beats of Antanov de Hajooj Kuka sera projeté le samedi 12 mars à 14 h 30. Il s'agira de sa première parisienne.

The Queen, de Frank Simon (1968)

Avec The Queen, le réalisateur américain Frank Simon nous entraîne dans les coulisses du Miss All American Camp Beauty Pageant, un concours de beauté exclusivement dédié aux drag queens qui s'est déroulé à New York en 1967, et dont Mary Ellen Mark et Andy Warhol faisaient (entre autres) office de jurés.

Un document aussi rare que fascinant, qui retrace les débuts d'une sous-culture magnifique, et nous offre un aperçu du New York des années 1960, époque à laquelle le travestissement pouvait aisément mener à la case prison.

Le documentaire The Queen de Frank Simon sera projeté le samedi 12 mars à 20 h 30. C'est la première fois que le film sera présenté en version originale sous-titrée en français.

Field Niggas, de Khalik Allah (2014)

Pour ce film, le jeune photographe new-yorkais Khalik Allah s'est rendu au cœur de Harlem, à l’angle de la 128e rue et de Lexington Avenue, pour capturer les laissés pour compte de la société américaine moderne : des sans-abris, des dealers, des toxicomanes ou encore des prostituées pour qui le pavé et la nuit sont devenus l'environnement naturel.

À l'aide de sa caméra, Khalik Allah dresse le portrait d'une communauté laissée dans l'ombre, qu'il met ici en lumière en exposant sa part d'humanité. Un film intense et pertinent.

The Decline of Modern Civilization Part. II: The Metal Years, de Penelope Spheeris (1988)

Pour clôturer son F.A.M.E. Festival, la Gaîté Lyrique offre une projection inédite du deuxième volet de la trilogie de Penelope Spheeris : The Decline of Modern Civilization. Un projet culte, qui documente la scène musicale underground de Los Angeles entre la fin des années 1970 et le début des nineties.

Tandis que le premier volet s'intéresse au punk-rock et que le troisième dépeint les punks des rues, ce deuxième chapitre capture la scène metal qui émerge à L.A. entre 1987 et 1988. Entre backstage, concerts déjantés et groupies survoltées, The Decline of Modern Civilization Part. II: The Metal Years offre un aperçu du "heavy metal way of life" dans toute sa splendeur.

Le film The Decline of Modern Civilization Part. II: The Metal Years sera diffusé le dimanche 13 mars à 19 h 30.

Plus d'infos sur le site de la Gaîté Lyrique.

Par Naomi Clément, publié le 07/03/2016

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