Par Sophie Laroche

Trois ans après Apparences, son dernier projet officiel, Dinos nous parle du premier extrait très planant de son futur album, Imany.

Dinos. (© Fifou)

Cela faisait deux ans qu’on attendait. Le prometteur rappeur de La Courneuve Dinos, aka Dinos Punchlinovic, revient avec "Flashé", premier extrait très aérien de son futur album, Imany.

Après le succès de L’Alchimiste et d’Apparences, ses deux premiers EP prometteurs, et fier d’une réputation de kickeur acquise à l’époque des Rap Contenders, Dinos faisait partie, au début des années 2010, de cette jeune génération de rappeurs vers laquelle tous les regards étaient braqués. Pour autant, alors qu’il a annoncé son premier album en 2015, le projet tarde à voir le jour.

Entre soucis de maison de disques et volonté de livrer un album qui lui ressemble, Dinos, à contre-courant de son époque, prend le temps. Il n’en oublie pas pour autant son public et publie, en 2016, une compilation de morceaux inédits, intitulée "Toujours Pas Imany Mais Presque", pour lui permettre de patienter encore un peu.

Alors qu’il vient de dévoiler le morceau "Flashé", le jeune homme, qui a toujours essayé de se renouveler, a choisi de s’écarter du rap qu’il avait l’habitude de livrer. Et s’il a un nouvelle fois fait appel au beatmaker Richie Beats, avec lequel il a travaillé sur son projet Apparences, les deux hommes ne se sont pas reposés sur leurs acquis communs.

Ainsi, le rappeur qu’on a connu kickeur ralenti l’allure. Plus mélodieux, presque chantonnant, il offre sur une prod' des plus planantes un morceau calibré pour squatter les esprits. À l’occasion de cette sortie, on a posé quelques questions à Dinos.

Konbini | Hello, Dinos, tu viens de sortir "Flashé", premier extrait de ton prochain projet, Imany. Comment te sens-tu ?

Dinos | Je suis excité. Je suis aussi pressé de voir ce que les gens vont en penser, car ce n’est pas le style de morceau qui sort tous les jours dans le rap français.

Ce morceau figurera sur ton premier album, que tu annonçais déjà en 2015. Que s’est-il passé pendant deux ans ?

Il m’a fallu deux ans pour mûrir et pour faire un album dont je sois entièrement fier. C’était le temps qu’il m’a fallu pour me trouver musicalement et humainement. J’ai aussi eu deux-trois galères de maison de disques. J’ai changé de label et ça m’a retardé un petit peu.

Je n’ai plus grand-chose à voir avec la personne que j’étais avant. Ma vision des choses est complètement différente. Je suis plus posé, plus réfléchi et plus calme. Je n’ai plus peur de grand-chose. Si les choses doivent arriver, je me dis que c’est la vie qui veut ça.

Pour annoncer ce projet, tu as sorti une vidéo très personnelle nommée "Je suis le quartier pas la rue". Qu’est-ce que ça veut dire ?

On a grandi en banlieue, dans un quartier, mais ce n’est pas un choix. Tu grandis là-bas car tes parents sont là, et qu’ils vivent dans des HLM parce qu’ils n’ont pas forcément les moyens d’aller dans des zones plus huppées. La rue c’est différent : tu choisis délibérément de l’intégrer. Tu n’as pas vraiment le choix d’être au quartier, mais tu as le choix de faire partie de la rue – et j’ai choisi de m’en éloigner.

Ça me rappelle une phase dans ton son "Un trop" : "J’suis pas une caille-ra, à la rigueur j’suis un mec de tess".

Oh merde, tu te rappelles de ça ! C’est vieuuuux, mais c’est exactement ça.

Tu parles de ton nouveau morceau "Flashé" comme d’un titre "particulier, et spécial". Tu peux nous raconter ce qui t’a inspiré pour ce son ?

Je venais de me faire flasher et c’est comme ça que j’ai eu l’inspiration du son. J’avais déjà la prod' de Richie Beats, sur laquelle j’avais commencé à écrire, mais je n’avais pas de refrain. Un soir, je me suis fait flasher, j’avais le seum et j’arrêtais pas de répéter "flashé flashé flashé". C’est aussi simple que ça.

Je voulais écrire un morceau facile à retenir, à apprendre par cœur. Le flow se répète et je reprends aussi "Une Souris verte", pour que le public puisse retenir le son facilement. Je voulais écrire une chanson facile à retenir, pour que l’on comprenne l’émotion.

Que veut dire "Imany", le nom de ton album ?

"Imany", c’est la foi en swahili. Lorsque j’ai commencé cet album, je me disais que j’avais besoin d’une seule et unique chose : la foi. J’avais besoin de croire, mais je ne parle pas forcément de l’aspect religieux. Il s’agit plus de la foi en elle-même. La foi en soi, en moi, en la musique, en tout. C’est le premier mot qui m’est venu en tête. De là est née une expression qu’on utilise souvent avec mes amis : "être Imany". C’est être une bonne personne, faire le bien autour de soi.
 
Le bien et le mal, ça revient souvent dans tes sons. T’avais d’ailleurs un morceau qui s’appelait "Quelqu’un de bien" dans ton précédent projet.
 
Eh bien, tu sais quoi ? Il y a un morceau nommé "Quelqu’un de mieux" dans le nouvel album. C’est la suite de "Quelqu’un de bien".
 
Il ressemblera à quoi ce futur album ?
 
À ce que je suis devenu aujourd’hui, à mes multiples facettes.