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Vidéo : l'époque où Donald Trump introduisait Slim Shady pour la présidentielle américaine

Retour en 2004. Quand Eminem, à son sommet, était complètement possédé par Slim Shady au point d'organiser une convention pour se présenter à la présidentielle avec... Donald Trump comme soutien de marque. Le même à qui il s'en est récemment pris dans un morceau bien engagé, symbole d'une vieille relation en dents de scie entre le rappeurs et le désormais président des États-Unis. 

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13 novembre 2004. Eminem organise la Shady National Convention et se déclare candidat à la présidentielle de la même année. Pour l'introduire : Donald Trump, contacté par les soins de Slim Shady pour lui apporter son soutien derrière le pupitre.

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En réalité, il s'agit d'un bon coup marketing d'Eminem organisé par MTV. L'idée : lancer, à travers un concert du rappeur et de ses invités, entrecoupé d'une mise en scène politique, sa radio Shade 45, et faire la promotion de son cinquième album, Encore, sorti le 16 novembre 2004 (en sont extraits "Just Lose It", "Like Toy Soldiers" ou "Mockingbird"). Aux côtés d'Eminem lors du show, Dr. Dre et 50 Cent, membres de son cabinet présidentiel. Ludacris joue quant à lui le rôle de manager de campagne de Slim Shady, et P. Diddy celui du maire non-officiel de New York.

Au cours de l'événement, Donald Trump est présenté comme "l'homme le plus susceptible de défendre la candidature d'Eminem". Une fois sur scène, il ne manque pas de justifier sa présence : "J'ai toujours raison. Je suis Donald Trump, j'ai toujours raison !" Et d'ajouter :

"Il a le cerveau, il a du cran, et il a le vote de Donald Trump. Mesdames et messieurs, notre grand candidat : Slim Shady !"

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C'est à voir à partir de 6 minutes :

Cette scène a des airs de 2016. C'est peut-être ce speech en faveur d'Eminem qui a provoqué le déclic dans la tête du milliardaire américain, il y a alors bien plus longtemps qu'on ne peut le penser.

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Il est intéressant de voir le chemin parcouru et par Trump, qui a vraiment fini par se prendre au jeu politique en devenant le 45e président des États-Unis ; et par Eminem, qui tout récemment signait son retour en musique avec un morceau de 9 minutes bien énervé envers le républicain, en pleine dernière ligne droite de la campagne présidentielle.

Quand Trump était l'idole des rappeurs

Donald Trump, qui a grandi dans le quartier du Queens à New York, fut la coqueluche de certains rappeurs. Leur modèle de réussite. Puis cette relation s'est envenimée, les artistes changeant leur discours au fil des années. Si aujourd'hui ils mènent une fronde lyricale contre le magnat américain, hier, bon nombre l'adulaient et s'affichaient à ses côtés.

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On a pu le voir avec la fausse convention d'Eminem. Mais ça, c'était avant. Avant que Trump ne se politise. Avant que les rappeurs ne cessent de l'admirer pour sa réussite en tant que businessman. Lorsqu'il était un golden boy à l'apparence cool, à l'esprit léger et rieur.

Lorsqu'il faisait des apparitions dans des séries, comme Une nounou d'enfer ou Le Prince de Bel-Air. Lorsque 50 Cent s'affichait fièrement à ses côtés, les yeux éblouis par la réussite de son aîné. Lorsque Mac Miller lui dédiait un son, scandant "take over the World when I’m on my Donald Trump Shit" ("dominer le monde en faisant mon Donald Trump").

Puis leur pire ennemi

Après, tout a basculé. À l'approche de l'élection présidentielle américaine, Trump a changé de visage, et les rappeurs ont pris un autre virage : Mac Miller le premier, après s'être pris le bec avec Donald sur Twitter, qui lui réclamait de l'argent pour l'avoir cité dans son morceau. L'enfant de Pittsburgh ne lui pardonnera pas, jusqu'à tout récemment en mandatant ses fans de ne pas "élire cet enfoiré".

Des anciens comme Shady ou Jay Z, qui le citaient jadis, à la nouvelle garde menée par YG ou Chance The Rapper : ils sont aujourd'hui anti-Trump. Quoiqu'il en soit, le désormais maître du monde a été cité, jusqu'à maintenant, plus de 6 000 fois dans des sons de hip-hop selon le site Genius – contre quelque 4 500 pour Obama.

Tous les MC's ne l'ont cependant pas porté dans leur cœur. Si Trump était le vieux oncle à la vie de rêve du rap showbiz, il a depuis bien longtemps été l'ennemi du rap engagé. En cause, toujours sa fortune. Tupac, en 1992, le dénonçait (déjà) sur fond d'inégalités sociales, sur MTV. Avec un discours qui résonne plus fort que jamais aujourd'hui, près de 25 ans plus tard.

“Il doit aider les jeunes Noirs, les Mexicains, les Coréens, tout.”

Ce qui est sûr, c'est que Trump n'a pas fini d'inspirer le rap, cette fois-ci en tant que mal pour le bien du hip-hop, son inspiration, sa rage.

Par Rachid Majdoub, publié le 10/11/2016

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