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Un éditeur transforme des classiques littéraires en mangas

Publié le

par François Oulac

La maison d'édition canadienne Udon a un projet pour faire connaître les classiques de la littérature aux plus jeunes : les transformer en mangas. 

Pas toujours facile d'expliquer à un ado qu'il va kiffer les mille pages du pavé qu'on appelle Les Misérables. Afin de faire comprendre aux jeunes l'attrait des classiques de la littérature, un éditeur canadien a eu une idée simple : substituer la prose aux bulles, nous apprend ce lundi France Info via Publishers Weekly.

Ainsi, la maison Udon Entertainment lance la collection Manga Classics, qui sera composée d'adaptations de romans occidentaux emblématiques façon manga. Présentée aux États-Unis cet été avec l'aide de la maison d'animation asiatique Morpheus Studios, la collection comprend déjà Les Misérables de Victor Hugo ainsi qu'Orgueil et Préjugés de Jane Austen. D'autres auteurs comme Charles Dickens devraient suivre au cours de l'année 2015, indique Publishers Weekly.

Couverture de l'adaptation des Misérables en manga, aux éditions Udon Entertainment. (Crédit image : Udon Entertainment)

"Tom Sawyer, c'est l'Amériqueuh"

Montrer l'intérêt de romans majeurs aux plus jeunes, le projet est louable. Mais c'est surtout, pour un éditeur, un moyen de commercialiser des œuvres au succès mondial à destination d'un public difficile à viser autrement.

Néanmoins la directrice marketing d'Udon Entertainment, citée par France Info, ne laisse planer aucun doute quant à l'intérêt éducatif de cette nouvelle collection :

Évidemment il y a des visées commerciales mais comme l’explique la directrice marketing de Udon Entertainment, ces objets doivent plaire aux amateurs de mangas tout en respectant l'esprit des œuvres littéraires. Elle insiste sur le fait que nos jeunes aujourd'hui sont alphabétisés visuellement et qu’ils n’ont pas l’habitude de se retrouver face à ce qu’elle nomme un "mur de texte" ("a wall of text"), un texte très compact.

En tout cas, cette initiative n'est pas nouvelle. Elle rappelle furieusement la fièvre d'adaptations d'œuvres occidentales qui a touché l'animation japonaise dans les années 80-90. Citons, en vrac, Ulysse 31, Sherlock Holmes (réalisée par Miyazaki), Les Malheurs de Sophie, Tom Sawyer, ou encore Nicky Larson. Non pardon, pas Nicky Larson. Ça, c'était juste une série géniale.

Désormais, on attend la version de Voyage au bout de la nuit façon Dragon Ball Z.