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Warm Up : l’univers hétéroclite et poétique d’Eddy de Pretto

Dans WARM UP, on réalise un focus sur un artiste dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les mois à venir. Aujourd’hui, place à Eddy de Pretto, l’ovni de la nouvelle scène française.

Le 17 septembre dernier se déroulait la deuxième session de l’édition 2016 des inRocKs lab, tremplin musical pour jeunes talents initié par le magazine. Après les prestations des prometteurs Kaviar Special ou Laure Briard venus en groupe, monte seul sur scène un jeune homme à l’allure hybride, col roulé élégant et Nike TN, plus caillera. Ceux qui ne l’ont jamais entendu ne savent alors pas à quoi s’attendre. Dès les premières notes, le jeune homme surprend et parvient à s’emparer de l’attention d’une salle dissipée.

Celui qui capte le public par son aura magnétique, c’est Eddy de Pretto, jeune chanteur-compositeur de Créteil. Inclassable, sa musique se fait autant l’héritière de la variété française par son aspect théâtral et incarné que de la chanson française dans l’attention portée aux compositions. Elle trouve aussi ses racines dans le rap par le travail des mots, leurs découpages et leur maniement. La musique d’Eddy de Pretto possède donc de nombreuses facettes tout comme le personnage qu’il incarne. Artiste complet, tout chez lui est millimétré et léché, qu’il s’agisse de ses prestations, ses chansons ou ses vidéos.

Pour preuve, il délivre aujourd’hui le clip de "Fête de trop", un morceau lyrique qu’on pourrait penser classique mais qui se révèle plein de subtilités et de mystères, tout comme son visuel, à la fois minimaliste et super graphique. Dans un plan fixe troublant, on voit d’abord Eddy se contemplant dans un miroir. Son reflet se délite, s’éclate et se multiplie par la suite, questionnant l’identité. À l’occasion de cette sortie, on a posé quelques questions à Eddy pour en savoir plus sur lui et son appréhension de la musique.

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Qui es-tu ?

Je suis Eddy de Pretto, auteur, compositeur, interprète.

D’où viens-tu?

J’ai grandi en banlieue parisienne, à Créteil.

Quand est-ce que tu as commencé la musique ?

J’ai commencé le chant à l’âge de 11 ans dans ma MJC.

Est-ce que tu as eu différents projets avant ?

Non, c’est mon premier et unique projet. Et il est tellement personnel que je n’envisage rien d’autre pour le moment.

Quelles sont tes influences musicales ?

Il y a trois grandes familles dans mes influences : la chanson française, mon héritage maternel avec Nougaro et Brassens ; le rap français de Diam’s et Booba en particulier et le nouveau R’n’B et mon obsession pour Frank Ocean.

As-tu d’autres influences esthétiques ? La mode, la vidéo et la danse semblent être importantes.

J’ai toujours aimé la performance et je ne l’imagine pas dans la demi-mesure. Je fonctionne en pack. Je n’écris jamais une chanson sans penser à la vidéo qui ira avec, ou sans savoir quel geste je pourrai faire sur scène en l’interprétant.

Comment est-ce que tu composes tes morceaux ? Décris-nous ce processus.

Ce sont d’abord des thèmes qui arrivent en premier dans ma tête, je les questionne, je les retourne dans tous les sens et j’essaie d’avoir un axe d’écriture. De quel point de vue, les personnifier, ou encore les laisser mystérieux… J’écris, et une mélodie en sort assez naturellement. Puis je me mets au piano pour composer la structure.

J’ai l’impression que la banlieue t’inspire beaucoup. Si c’est le cas, peux-tu nous expliquer cet attrait ?

La banlieue m’inspire car j’y ai passé toute ma vie. C’est juste naturel. Je parle simplement de choses que je connais dans mes chansons, du coup toutes mes émotions sont liées à un lieu et à une odeur précise. Puis j’aime montrer que la banlieue n’est pas qu’une seule chose qu’on nous a appris à craindre ces dernières années. Elle est tellement éclectique que je veux mettre celle que je connais en avant. J’en suis vraiment fier.

Pour t’avoir vu une fois en live, tu dégages vraiment quelque chose de très fort. Est-ce que la scène est une part importante de ta musique ? Comment prépares-tu cette expérience ?

La scène est ma première motivation. L’idée de monter sur un plateau, se mettre à nu et surtout pouvoir s’exprimer et être écouté m’a toujours excité. Je ne sais pas pourquoi mais j’y ai toujours été à l’aise, depuis petit. Du coup, oui je la prépare toujours à fond.

Si tu avais un conseil aux auditeurs pour écouter ta musique, quelles seraient les meilleures conditions ?

Franchement, ça m’est égal, je veux juste qu’ils l’écoutent au maximum !
 

Comment définirais-tu ton projet ?

Je ne veux surtout pas le définir. Ce n’est que le début !
 
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Eddy de Pretto se produira prochainement sur la scène du festival Fnac Live le 8 juillet prochain.

Par Sophie Laroche, publié le 28/06/2017